Publicité
La Banque centrale fait les frais de la nouvelle politique monétaire
Par
Partager cet article
La Banque centrale fait les frais de la nouvelle politique monétaire
Les changements apportés dans la gestion monétaire ont eu des effets négatifs sur les finances de la Banque de Maurice. Une nouvelle définition de la dette publique fait que celle-ci doit dorénavant soutenir un fardeau financier additionnel qui pèse lourd sur ses résultats. Et pour la première fois, la Banque centrale enregistre un déficit (Rs 378,7 millions).
Le rapport annuel de la Banque pour l?année financière se terminant en juin 2004 fait état des développements intervenus dans la gestion de la liquidité et de la dette de l?Etat. Depuis août, les bons du Trésor et les autres titres du gouvernement sont émis uniquement pour le besoin de financer les dépenses de l?Etat. Les autres instruments dont les Bank of Mauritius (BOM) Bills sont destinés aux opérations monétaires exclusivement.
La Banque centrale se doit de financer des dettes qui étaient aupa-ravant remboursées par l?Etat. Ses dépenses sous formes d?intérêts payés sur les passifs financiers, ont plus que doublé en une année (Rs 1,1 milliard en 2003-04 contre Rs 526,1 millions en 2002-03).
La Banque de Maurice doit déclencher les man?uvres monétaires lorsqu?il y a un excès de liqui-dités sur le marché. Et la situation de surplus de la monnaie qui a prévalu ces derniers temps a rendu la tâche de l?institution encore plus difficile. Absorber l?excès de liquidités dans le système implique un coût qui revient dorénavant à la Banque centrale.
Politique budgétaire transparente
Le rapport laisse entrevoir que le gouvernement a beaucoup emprunté auprès des banques commerciales pour financer ses déficits. Les crédits accordés par les banques à l?ensemble de l?économie ont augmenté par 20,5 % contre seulement 7,6 % durant la période précédente.
Selon les économistes de la Banque centrale, cette hausse reflète largement les financements accordés par le système bancaire au gouvernement. Les crédits nets accordés par les banques au gouvernement ont connu une croissance de 64,6 % contre 13,2 % en 2002-03.
Le déficit budgétaire pour 2003-04 s?élève à Rs 9,2 milliards, soit 5,6 % du produit intérieur brut (PIB). Le déficit a été entièrement financé par les ressources locales dont l?emprunt auprès des banques commerciales. A fin juin 2004, la dette publique avait atteint Rs 93,4 milliard, soit 56,7 % du PIB.
Le gouvernement a aussi utilisé une autre technique afin de pouvoir contenir la croissance de la dette. Il a puisé de ses dépôts à la Banque centrale. Les réserves de l?Etat à la Banque centrale sont passées de Rs 12 milliards à Rs 2,4 milliards entre juin 2003 à juin 2004.
Les nouvelles dispositions touchant à la politique de la dette et de la gestion des liquidités sont diversement commentées dans les milieux politiques. L?opposition travailliste a, cette semaine, vivement critiqué leur utilisation par le gouvernement. Elle y voit une tentative politicienne pour présenter un tableau positif en termes de performance économique.
Le gouvernement explique pour sa part qu?il ne fait qu?appliquer de nouvelles normes internationales en vigueur pour plus de transparence et de discipline dans la conduite de la politique budgétaire et monétaire.
Publicité
Publicité
Les plus récents