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La bagasse restera une source d?énergie
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La bagasse restera une source d?énergie
Sharon SOOKNAH
«La politique énergétique subissait des critiques non-méritées. Il faut crever l?abcès et laisser tout le monde savoir ce qu?il y a dedans», a affirmé Abu Kasenally, ministre des Services publics lors de la présentation hier du document Towards a coherent strategy for the development of the energy sector in Mauritius en compagnie d?Arvin Boolell, ministre de l?Agro-industrie.
Ce document, rendu public à la suite d?une décision du Conseil des ministres, contient les grandes lignes de la politique énergétique du pays pour la période 2007-2025. Il a été soumis à l?Union européenne en vue du décaissement attendu dans le cadre de la réforme sucrière.
La bagasse jouera un rôle clé dans l?application de la stratégie énergétique. La politique choisie la maintient comme source d?énergie pour la production d?électricité. «La bagasse sera utilisée de manière plus efficace, dans des centrales électriques centralisées. Chaque gramme de bagasse qui sera produit sera utilisé», a soutenu Abu Kasenally.
Le charbon sera une des autres sources qui seront exploitées pour la production d?énergie. Toutefois, il ne devrait pas être un substitut de la bagasse, mais représentera une source additionnelle d?énergie. En effet, la bagasse seule ne suffira pas. L?orientation vers le charbon représente également un moyen pour nous éloigner de la production d?énergie à base de fioul.
Taux moindre de dioxine de carbone
«La technologie dans la production d?énergie à base de charbon a évolué. Le taux de dioxine de carbone généré par unité d?électricité produite est moindre. Le charbon n?est pas aussi sale qu?on veut le laisser entendre», a ajouté Abu Kasenally qui se voulait rassurant par rapport aux craintes exprimées pour son impact sur l?écologie. Le Central Electricity Board continuera, quant à lui, d?être un acteur principal sur la scène énergétique. Quelques changements par rapport à son mode de fonctionnement sont cependant prévus.
Afin de positionner la politique énergétique locale sur celle de la Commission européenne, les grandes lignes de la politique énergétique traitent aussi de l?énergie renouvelable. Des stratégies pour le développement de l?énergie hydraulique, éolienne et solaire sont aussi incluses dans le plan 2007-2025.
Actuellement, 22 % de la production locale d?énergie provient de sources renouvelables, dont 20 % de la bagasse et 2 % d?une production hydraulique. Les plans établis prévoient qu?à l?échéance de 2025, 40 % de la production d?énergie sera sur une base renouvelable .
«L?objectif de ce document, c?est l?énergie renouvelable. Mais le fond c?est le coût, ainsi qu?une politique qui laisse d?autres acteurs entrer dans le système», a précisé Arvin Boolell. Les priorités dans le développement d?une politique énergétique nationale sont, dit-il, les coûts, les intérêts des consommateurs, et l?orientation vers l?énergie renouvelable.
Le ministre de l?Agro-industrie renvoie maintenant la balle dans le camp des divers partenaires concernés par la production énergétique. En faisant référence aux planteurs et à Alcodis, compagnie qui produit de l?éthanol, Arvin Boolell a tenu à souligner que la coopération était plus que jamais de mise. «Zot diskision pe continie. Li dan zot lintere konverz zot lide ek travay enn stratezi komunn».
Si Maurice réussit à satisfaire un certain nombre de critères et d?indicateurs, l?Union européenne décaissera un montant total de 301 millions d?euros dans le cadre de la réforme de l?industrie sucrière. Pour la période 2006?2007, un décaissement de 6 543 millions d?euros dédié, spécifiquement à l?industrie sucrière, est attendu.
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