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L’UE veut une réaction ferme sur le nucléaire iranien

12 août 2005, 00:00

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Téhéran a annoncé la semaine dernière la reprise de ses activités de conversion de l’uranium – étape dans la transformation de ce minerai en combustible nucléaire – suspendues en vertu de l’accord conclu en novembre 2004 à Paris avec la “troïka” européenne (France, Grande-Bretagne, Allemagne). L’Union européenne et les Etats-Unis redoutent que l’Iran ne fabrique du combustible nucléaire à des fins militaires.

De leur côté, les autorités iraniennes ont levé, sous la supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), tous les scellés posés par l’Agence sur l’usine de conversion d’uranium d’Ispahan. “La levée des scellés est terminée. L’usine est désormais complètement opérationnelle”, a dit à Reuters Mohammad Saeedi, directeur adjoint de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique.

Téhéran nie vouloir se doter de l’arme atomique et affirme que le Traité de non-prolifération nucléaire ne l’empêche pas de poursuivre des objectifs civils.

<B>L’abandon de ses activités</B>

L’AIEA a accepté la levée des scellés après qu’elle eut posé des caméras de surveillance pour vérifier que l’uranium n’est pas détourné vers des programmes militaires. Berlin a de son côté déploré que Téhéran ait rejeté les contreparties offertes par l’UE en échange de l’abandon de ses activités suspectes “après un examen bref et superficiel” et a demandé à Téhéran de réexaminer ces propositions.

Les gouverneurs de l’AIEA ont rapidement remis à mercredi la réunion convoquée pour mardi, le but étant de laisser à la troïka du temps pour négocier avec les autres membres du Conseil la formulation d’une résolution qui exhorterait l’Iran à suspendre de nouveau ses programmes. Un diplomate européen a déclaré que les Etats-Unis, la Chine, la Russie et la plupart des pays occidentaux siégeant à l’AIEA étaient favorables à une résolution musclée. Mais des pays du Sud comme le Brésil et l’Inde s’y opposeraient.

“Les pays non alignés ne veulent pas d’une résolution. Nous allons les rencontrer aujourd’hui et leur faire comprendre qu’ils sont une minorité”, a dit ce diplomate à Reuters. “Je crois qu’ils cèderont. Nous sommes déterminés quant à la nécessité d’une résolution”. Un tiers des membres du Conseil, qui ne devait pas se réunir avant hier, sont non alignés.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinedjad a défendu mardi le droit de l’Iran à reprendre la conversion d’uranium. Mais il n’a pas rejeté en bloc les négociations, en affirmant au secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Kofi Annan, qu’il avait des nouvelles propositions, mais qu’il ne les ferait qu’une fois son gouvernement formé. Le président américain, George Bush, a jugé “positifs” les propos de son homologue iranien, tout en disant ne pas douter que l’ambition ultime de Téhéran était de se doter de l’arme nucléaire.

LA DÉLÉGATION IRANIENNE

<B>Sirus Naseri : “saisir l’Onu serait une grave erreur de calcul”</B>

■ Les Etats-Unis et l’Union européenne commettraient une “grave erreur de calcul” s’ils saisissaient le Conseil de sécurité des Nations unies de la question nucléaire iranienne, a prévenu mercredi soir un haut représentant de Téhéran. Sirus Naseri, qui dirige la délégation iranienne à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a ajouté sur la BBC qu’aucune base juridique ne permettait de transmettre le dossier a Conseil de sécurité en vue d’éventuelles sanctions. “Je pense que ce serait une grave erreur de calcul de la part des Etats-Unis et, particulièrement, de l’Europe de s’engager sur la voie de la confrontation, ce serait une grosse, grosse erreur”, a-t-il dit. Le Conseil des gouverneurs de l’AIEA doit se réunir de nouveau jeudi après-midi à Vienne pour examiner un projet de résolution soumis par l’Union européenne et condamnant l’Iran pour la reprise de ses activités nucléaires. Le projet de la “troïka” ne réclamerait cependant pas pour le moment la saisine du Conseil de sécurité de l’Onu, seul habilité à prononcer d’éventuelles sanctions. Sirus Naseri a affirmé à la BCC que les autorités iraniennes n’avaient pas brisé les scellés du site de conversion de l’uranium d’Ispahan par “mesure d’intimidation”, mais en raison des conclusions “décevantes et désespérantes” des pourparlers engagés avec la “troïka” européenne. L’Iran, a-t-il poursuivi, a un “droit juridique” à produire de l’énergie nucléaire. “Ce n’est pas une question de sécurité, c’est une question commerciale.” Le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), dont la république islamique est signataire, l’autorise à convertir et enrichir de l’uranium à des fins pacifiques.

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