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L’Angleterre perd la tête
Tout n’est certes pas perdu mais l’Angleterre, qui se voyait déjà dans l’avion pour l’Allemagne, se retrouve sur la corde raide après son humiliante défaite 1-0 face à l’Irlande du Nord mercredi.
Les Anglais peuvent encore terminer premiers du groupe 6 s’ils gagnent leurs deux derniers matches à Manchester, contre l’Autriche et la Pologne. Cette dernière mène le groupe avec cinq points d’avance mais a joué un match de plus.
En cas de nouveau coup dur, il resterait la possibilité aux Anglais de se qualifier directement en prenant une des deux places de meilleur deuxième, voire de passer par les barrages. Le problème n’en serait pas clos pour autant car la médiocrité de la performance de mercredi fait déjà des vagues et pas seulement dans les pages sportives des journaux anglais.
Le sélectionneur Sven-Goran Eriksson en est la première cible. « Sven doit partir après la catastrophe de Belfast » était un des titres les plus polis qui l’attendaient jeudi au petit-déjeuner.
Le Suédois a pris les devants dès la conférence de presse d’après-match. Il a présenté ses plus plates excuses mais a souligné qu’il ne démissionnerait pas.
« Je suis désolé, déçu, c’est évident et les joueurs le sont aussi. Désolé surtout pour les supporters qui ont dépensé beaucoup d’argent pour venir en Irlande. Mais je ne démissionnerai pas. Je vais rétablir la situation en octobre. Si nous gagnons deux matches, nous serons qualifiés. Notre sort est entre nos mains », a déclaré Eriksson.
Joueurs en faute Le Suédois a certes une part de responsabilité dans la mésaventure d’un football anglais qui n’avait plus connu la défaite à Belfast depuis 1927. Mais les principaux coupables sont les joueurs qui n’avaient ni la forme ni l’envie pour venir à bout d’une équipe d’Irlande du Nord dont la seule ambition était de les empêcher de jouer.
Critiqué avant le match, le capitaine David Beckham a été un des seuls à se montrer à son avantage par son inlassable activité. Ses partenaires du milieu, Frank Lampard et Steven Gerrard, n’avaient guère brillé contre le Pays de Galles samedi et les critiques ne les ont pas poussés à faire plus à Belfast.
Wayne Rooney a cédé une nouvelle fois à ses mauvais penchants belliqueux. Inefficace, il a en outre récolté un carton jaune qui lui vaudra d’être suspendu contre l’Autriche. L’ailier Shaun Wright-Phillips n’est pas parvenu à prendre le relais, pas plus que Michael Owen de retour après une longue inactivité.
Tout cela était d’évidence insuffisant pour faire face à des joueurs d’Irlande du Nord décidés à faire échec avec leurs pauvres moyens à des rivaux d’une classe supposée supérieure.
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