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L?Église renonce à l?élitisme
L?Éducation catholique revient sur sa décision de convertir ses quatre collèges d?élite en établissements de Form VI. Les collèges de Lorette de Port-Louis et Quatre-Bornes, les collèges St- Esprit et St-Joseph admettront à nouveau des étudiants en Form I dès janvier 2005. Ils redeviennent ainsi des écoles de Form I à VI avec des élèves ?d?aptitudes mixtes? selon la nouvelle formule. Depuis deux ans, ces établissements n?admettaient plus directement des étudiants, même si trois de ces collèges abritaient un collège ?parallèle? dans ses environs.
Toutefois, les admissions, tant celles faites par l?Etat que par les autorités catholiques, se feront selon la régionalisation. Pas question toutefois de parler d?élitisme qui est devenu définitivement chose du passé. Dans une première réaction, le ministre de l?Education Steven Obeegadoo déclare : ?Je vais prendre le temps d?analyser et je ferai ensuite un rapport au gouvernement.?
Le casse-tête des autorités catholiques ? le mode d?attribution des 750 places réservées en Form I ? demeure cependant entier. Plusieurs aspects sont tout de même déjà acquis. Tous les collèges accueilleront, pour la rentrée 2005, des étudiants ayant un aggregate dans la fourchette de 15 à 20 unités. Ces places seront allouées en proportion égale aux élèves répartis en trois groupes :15-16, 17-18 et 19-20 unités. Les critères hardship cases et enfants du personnel (ayant entre 15 et 20 unités) ne changent pas.
Autre certitude : le Bureau de l?éducation catholique (BEC) ne centralisera plus l?exercice d?admission. Ce rôle est délégué à chaque collège, comme c?est le cas dans n?importe quel collège privé. L?admission d?élèves avec des résultats inférieurs à 15 unités sera mise en pratique de manière graduelle, donc étalée sur plusieurs années.
Reste maintenant à trouver l?essentiel : la bonne formule pour l?attribution de la cinquantaine de places réservées en Form I dans chaque établissement alors qu?il y a en moyenne 300 postulants par collège. ?Nous voulons un mécanisme juste, transparent et équitable. Nous avons suggéré le tirage au sort mais il a rencontré beaucoup d?opposition?, a expliqué Hervé de St-Pern, directeur du BEC, hier après-midi à la conférence de presse au siège du BEC, à Rose-Hill.
Néanmoins une déclaration du ministre Obeegadoo laisse percevoir un regret au sujet du refus du critère social proposé par le gouvernement l?an dernier : ?Par rapport aux admissions, la position du gouvernement c?est le souhait que l?Eglise trouve une solution socialement juste qui va dans l?intérêt de la justice sociale en appliquant à la base un mécanisme qui garantit la transparence.?
A la suite des réactions négatives aux tirages au sort, les recteurs des collèges catholiques ont été chargés d?une mission : étendre la réflexion à leur établissement. D?ici la fin du mois, ils devront soumettre aux autorités catholiques leurs propositions pour l?attribution des places réservées.
?Nous étudierons toutes les propositions et allons retenir celle qui est la plus acceptable?, indique Hervé de St-Pern. Cela ne veut pas dire pour autant que le système de tirage au sort a été mis au placard. Si ce mois de réflexion n?aboutit à rien de concret, les tirages au sort pourraient refaire surface, faute de mieux.
?Plus de morcellements intellectuels?
Une option, qui fait son bonhomme de chemin depuis quelques jours et qui sera certainement présente lors des discussions, a trait aux panels mixtes dans chaque collège pour examiner les candidatures des postulants. Reste à savoir si elle est suffisamment transparente et légalement acceptable.
A travers la nouvelle orientation de créer des classes mixtes dans leurs collèges, les autorités catholiques tournent résolument le dos à l?élitisme : ?Dans le passé, nous faisions du compartimentage. C?était quelque part de la ségrégation intellectuelle. Notre société ne peut plus vivre avec des morcellements intellectuels. Nous avons l?occasion de nous remettre sur la bonne route et nous la saisissons?, soutient le directeur du BEC. L?élitisme dans le passé a été presque une contrainte forcée par les circonstances.
Si le choix s?est porté sur les aptitudes mixtes dans les classes, c?est que les autorités catholiques estiment que cela aidera à combattre l?esprit de compétition. En d?autres mots, tout enfant a le droit à une éducation de qualité. ?Ce n?est pas parce qu?un enfant a des résultats moins brillants qu?il est moins intelligent?, argumente Hervé de St-Pern.
La construction de locaux pour abriter quatre nouveaux établissements dans des régions défavorisées (Lorette de Bambous-Virieux, St-Mary?s à Bambous, Fatima à Triolet et St-Esprit de Case-Noyale) est toujours d?actualité. Pour cela, l?Education catholique est aujourd?hui à la recherche d?un financement. Un financement auquel l?Etat était disposé à aider à condition qu?elle convertisse quatre de ses star schools en collèges de Form VI.
Avec le changement de cap, les autorités catholiques sont pleinement conscientes qu?elles ne peuvent prétendre à l?aide de l?Etat. Le projet de collège privé payant dans les hautes Plaines-Wilhems est également à l?étude. ?Nous ne savons cependant pas encore quand nous commencerons avec ça?, affirme Hervé de St-Pern.
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