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L?économie se prépare à un regain d?activité

11 octobre 2006, 00:00

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La dynamique de la croissance affiche de meilleures dispositions. Le Bureau central des statistiques (BCS) a publié lundi les National Accounts. Il prévoit une croissance de 4,6 % (5 % en excluant le sucre) pour l?année en cours, alors que le baromètre Pluriconseil-?l?express? indique l?humeur morose actuelle des analystes (voir page 16). Peut-on bâtir sur cette performance annoncée par le BCS pour arriver à un rythme plus élevé de l?activité pour les années à venir ?

2007 devrait voir les premiers résultats des réformes enclenchées. Selon un scénario optimiste, les efforts pour attirer de nouveaux investissements locaux et étrangers et les initiatives de restructuration des industries en difficulté, en l?occurrence le textile-habillement et le sucre, se traduiront par une activité revigorée par rapport aux années précédentes.

Par contre, il plane encore beaucoup de nuages sur l?économie. Les chocs économiques du moment (récession dans le textile, démantèlement du régime sucrier européen et flambée des prix pétroliers) ne sont pas encore derrière nous.

L?économie vise une croissance du produit intérieur brut (PIB) supérieure à 6 % dans les années à venir dans le but de relancer l?emploi et créer un momentum pour soutenir l?activité dans le moyen terme.

?La croissance pour 2006 est tirée principalement par les investissements et les exportations. C?est une situation plus saine qu?une activité tirée par la consommation des ménages comme cela a été le cas lors des années précédentes. Il y a beaucoup de signaux positifs dans les derniers comptes nationaux?, souligne Eric Ng, directeur du cabinet Pluriconseil.

Effervescence des PME

En effet, après une longue période d?essoufflement, l?investissement privé se ressaisit avec une progression de 9,3 %. Le taux d?investissement privé se chiffre à 23,8 % (sommes investies par rapport au PIB) contre 21,3 % en 2005. Avec les efforts de promotion pour attirer de nouveaux capitaux, des initiatives pour déréguler le cadre réglementaire du business et l?appui aux petites et moyennes entreprises (PME), les choses devraient s?améliorer.

Les nouveaux hôtels, les développements de l?Integrated Resorts Scheme, les projets d?expansion des usines de textile-habillement et le seafood hub sont les principaux pôles qui auront mobilisé d?importantes ressources financières.

Le secteur PME montre déjà une certaine effervescence dans le sillage des mesures de soutien et d?accompagnement conçues en faveur de l?entrepreneuriat. La Banque de développement et la nouvelle agence, l?Equity Fund, sont très actives en ce moment à examiner les business plan des start up et des entrepreneurs qui cherchent des fonds de développement. L?année 2007 pourrait ainsi voir dans le concret un regain du sens d?entrepreneuriat des Mauriciens.

Les exportations des biens et des services enregistrent de leur côté une hausse de 13,1 % en 2006, grâce principalement à une reprise du textile-habillement. La zone franche, malménée ces dernières années, retrouve quelque peu la sérénité en affichant une première croissance positive (1,5 %) en cinq ans.

Le textile-habillement, principal composant de la zone franche, devrait mieux se comporter dans les prochaines années avec le re-engineering entamé depuis 2003. Il faudra cependant s?ajuster aux nouvelles conditions du marché.

?La relance se fera dans un contexte où les prix seront sous pression. Les acheteurs européens et américains sont habitués aux prix bas pratiqués par la Chine. Nous devons suivre la tendance. Nous devons toutefois maintenir la qualité des produits, les délais de livraison et le service aux clients?, soutient Ahmed Parkar, vice-président de la Mauritius Export Processing Zone Association.

Le tourisme devra se rattraper

Pour maintenir la cadence, dit-il, il faut une politique de taux des changes qui favorise les exports. ?Nous avons pu développer de nouveaux marchés rémunérateurs dont les Etats-Unis, l?Australie et l?Afrique du Sud. Cela nous permet d?accroitre les exportations tout en diversifiant les risques. Nous devons atteindre une croissance de 10 % dans trois à quatre ans.?

Compte tenu des investissements massifs prévus dans le seafood hub, ce secteur devrait pouvoir s?installer comme un des principaux moteurs de la zone franche après le textile-habillement à partir de 2007.

Le tourisme dont la performance a été largement entamée par le chikungunya, va essayer de se rattraper l?année prochaine en profitant au mieux de la diversification des marchés, de l?ouverture graduelle de l?accès aérien et des efforts de promotion.

L?industrie sucrière dans sa configuration actuelle, ne pourra pas compter sur une reprise. Seule une réorientation de cette activité en une industrie de la canne pourra lui trouver de nouvelles sources de rentabilité.

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