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Kofi Annan s?efforce d?endiguer les critiques à son encontre

4 décembre 2004, 00:00

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Plusieurs voix se sont élevées pour apporter leur soutien au Secrétaire général de l?Onu, Kofi Annan, mis en cause dans l?affaire de corruption entourant le programme «Pétrole contre nourriture» créé en 1996 pour limiter l?impact des sanctions internationales contre l?Irak de Saddam Hussein.

La plus significative est venue de Washington, où le porte-parole adjoint du département d?Etat américain, Adam Ereli, a affirmé que Annan jouait un «rôle important et approprié» pour faire la lumière sur cette affaire. Quelques heures plus tôt, le sénateur républicain Norm Coleman, qui préside l?une des enquêtes du Congrès américain sur les détournements commis par le régime de Saddam Hussein, avait réclamé la démission d?Annan dans une tribune publiée par le Wall Street Journal.

Selon Coleman, le secrétaire général fait obstruction à l?enquête, en refusant de transmettre à Washington les documents comptables.

Annan a effectivement refusé de fournir ces pièces, conformément à l?avis de Paul Volcker, l?ancien président de la Réserve fédérale, qui a été chargé en avril, par le Conseil de sécurité, de faire la lumière sur les accusations et qui entend avoir la primeur des documents et auditions. Cinq comités du Sénat et de la Chambre des représentants ont entamé des enquêtes sur «Pétrole contre nourriture». Une bagarre de documents dure depuis plusieurs mois entre New York et Washington.

LA CHUTE DE BAGHDAD

Le groupe africain à l?Onu a également adressé une lettre de soutien au Secrétaire général, dans laquelle il s?inquiète des répercussions de «la couverture médiatique négative dirigée contre les Nations unies et lui personnellement». Les ambassadeurs européens réfléchissent à une initiative similaire. La Russie a aussi fait part de son soutien à l?action du secrétaire général.

Constantes depuis la chute de Bagdad, les attaques des «durs» du Parti républicain contre l?Onu et sa gestion des sanctions irakiennes ont repris de plus belle depuis la réélection du président Bush. Les néoconservateurs ont publié des tribunes appelant le président à employer ce qu?il a appelé son «mandat» en politique internationale tout autant qu?en politique intérieure, et en particulier à l?encontre des Nations unies. Comme à l?époque de Ronald Reagan, les appels ont repris pour réévaluer la contribution des Etats-Unis à l?Organisation (22 % du budget).

Le Washington Times, comme la National Review, dénoncent continuellement la «mafia de Turtle Bay» (du nom du quartier où est située l?Onu). Il y a dix jours, le groupe de Californie qui a été à l?initiative de la révocation, en octobre 2003, du gouverneur de cet Etat, Gray Davis, a lancé une campagne visant à obtenir le départ des Nations unies de New York «Get the UN out of the USA».

Du côté de la Maison Blanche ou du département d?Etat, en revanche, la tonalité n?a rien de comparable, même si certaines initiatives récentes de Annan, comme sa lettre mettant en garde contre les conséquences d?une attaque de Fallouja, ont irrité à Washington. A propos de «Pétrole contre nourriture», le porte-parole adjoint du département d?Etat a cependant rappelé, mercredi, que le gouvernement américain est «très préoccupé par les accusations de malversations» et qu?il estime justifié que le Congrès des Etats-Unis puisse disposer des documents.

CLAUSE DE NON-CONCURRENCE

Chaque jour, le porte-parole, Fred Eckhard, rappelle que le Secrétaire général n?entend pas démissionner et que son mandat, a-t-il répété mercredi, lui donne encore «deux ans et un mois». Interrogé sur les appels à la démission, il a ajouté : «Nous n?avons pas entendu d?appel à la démission de la part des Etats membres.»

La lenteur de l?enquête alimente l?offensive. Huit mois après la nomination de la commission d?enquête, l?Onu n?a pas encore pu dire si Benon Sevan, qui dirigeait le programme, peut être sérieusement soupçonné d?avoir bénéficié des largesses de Saddam Hussein.

Le Secrétaire général est lui-même d?autant plus sur la défensive que son propre fils était employé par la Cotecna, une société suisse qui a remporté le marché de la vérification des produits entrant en Irak.

Jusqu?ici, l?Onu avait indiqué que le contrat de Kojo Annan s?était arrêté avant que la Cotecna ne remporte l?appel d?offres, en décembre 1998, et qu?il ne travaillait de toute façon pas sur le dossier irakien. La semaine dernière, il est apparu que Kojo Annan avait bénéficié d?une clause de non-concurrence de longue durée, après son départ, et qu?il avait touché une indemnité de 2 500 dollars par mois jusqu?en février 2004.

par Corinne LESNES 2004 Le Monde ? Distribué par The New York Times Syndicate

L?ambassadeur des États-Unis à l?Onu démissionne

John Danforth, l?ambassadeur des Etats-Unis aux Nations unies, a démissionné moins de six mois après son entrée en fonction, a-t-on appris jeudi. Certains collègues notent que Danforth, un modéré, s?était plaint de son manque d?indépendance, mais il n?en a pas parlé dans sa lettre de démission au président George W. Bush, auquel il fait part de son désir de consacrer davantage de temps à sa famille. «Il y a 47 ans, j?ai épousé la femme de mes rêves, et à ce stade de ma vie, ce qui est le plus important pour moi est de passer davantage de temps avec elle», écrit-il dans sa lettre à Bush, datée du 22 novembre et rendue publique jeudi. La nouvelle est «une totale surprise», a dit un responsable américain sous le sceau de l?anonymat. Dans un discours prononcé le mois dernier à St Louis, Danforth avait déclaré qu?en tant qu?ancien sénateur, il n?avait pas l?habitude de voir une déclaration politique passée au crible par des bureaucrates du département d?Etat et transformée en «bouillie» avant même d?avoir eu le temps de la publier. «Cela crée des problèmes pratiques», a-t-il dit à des anciens élèves de l?Université de Washington. Il a par ailleurs confié que lorsque Bush lui a demandé de devenir ambassadeur à l?Onu, il n?avait

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