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Klinsmann, c'est pas l'Amérique !

23 octobre 2005, 00:00

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La trêve internationale n'aura pas été de tout repos pour Jürgen Klinsmann qui, après une défaite (1-2) à Istanbul face à la Turquie et une victoire étriquée (1-0) face à la Chine, 60e nation mondiale, avait sans doute imaginé pouvoir se ressourcer en Californie, où sa famille réside. Mal lui en a pris car après une telle série de résultats (*), c'est toute l'Allemagne qui a sonné l'alarme, inquiète de voir la National Mannschaft donner si peu de gages de réussite à huit mois de la Coupe du monde (9 juin-9 juillet 2006).

Au lendemain du succès stressant obtenu sur penalty face à la Chine, la sélection allemande était la cible de toutes les critiques, à l'image d'une presse allemande angoissée à l'idée de voir l'équipe nationale incapable d'assumer son statut lors de « son » Mondial.

« Avec une telle performance, dans huit mois, on ne pourra rien faire contre le Brésil, l'Argentine et les Pays-Bas : l'ambition de remporter le titre mondial pourrait même se disloquer dès le premier tour », commentait ainsi le quotidien Bild, plus gros tirage de la presse allemande.

Premier motif d'inquiétude, le jeu de la sélection allemande qui n'en finit plus d'inspirer au mieux une indifférence polie, au pire le désespoir des supporters allemands. Depuis sa prise de fonctions en août 2004, Klinsmann multiplie les essais, tous infructueux avec pas moins de... 19 défenses différentes alignées en 21 matches joués !

Et alors que la crainte de voir Michael Ballack, la star de l'équipe, se blesser d'ici l'ouverture de la compétition le 9 juin prochain, n'a jamais été aussi grande, ces inquiétudes sont relayées jusque dans les clubs de Bundesliga où certains dirigeants ne cachent plus leur agacement devant la gestion des affaires par le champion du monde 1990. Déjà passablement ulcérés par le choix du sélectionneur de faire subir aux internationaux d'éprouvants tests physiques lors des rassemblements de l'équipe nationale, les clubs n'ont pas hésité à stigmatiser le retour de Klinsmann en Californie après la minuscule victoire face à la Chine, interprétée comme une désertion pure et simple dans l'adversité.

Un sentiment exprimé de manière très élégante par un autre ancien international, Uli Hoeness, aujourd'hui manager général du Bayern Munich : « Il devrait être ici et non pas en Californie en train de se pavaner et nous laisser nous charger de la m... »

Des accusations face auxquelles Klinsmann n'a pas tardé à réagir, dans Die Welt. « Il y a des gens qui n'aiment pas comment j'aborde les choses, ni le message que je veux faire passer et qui ne peuvent pas obtenir de moi ce qu'ils aimeraient. »

Sa vie en Californie ? « Faut-il que je traverse l'Allemagne du nord au sud et que je montre mon visage », interroge-t-il avant de noter malicieusement lors d'une interview accordée à la chaîne de télévision ARD: « Il est intéressant de voir que les entraîneurs de Bundesliga disaient il y a peu que la relation avec un sélectionneur n'avait jamais été aussi bonne. »

Conforté par les dirigeants de sa Fédération, qui lui ont même offert une prolongation de son contrat, Klinsmann, à 41 ans, s'il ne compte pas s'en laisser compter, a toutefois accepté de calmer le jeu et de passer plus de temps au pays?

? Note : Depuis le mois d'août, l'Allemagne a enregistré deux défaites contre la Slovaquie (0-2) et la Turquie (1-2), deux victoires à domicile contre l'Afrique du Sud (4-2) et la Chine (1-0), et un nul contre les Pays-Bas (2-2).

TIRAGE AU SORT DU MONDIAL

<B>Brésil-Allemagne : pas avant la finale ? </B>

Le Brésil, champion du monde en titre, devrait être désigné tête de série du groupe F, et jouerait ainsi dans les stades de Berlin, Munich et Dortmund, lors du premier tour de la Coupe du monde 2006. Un bulletin officiel concernant le tirage au sort des groupes qui sera effectué le 9 décembre à Leipzig explique qu'une option possible permettrait à la Seleçao d'évoluer dans les trois plus grands stades de la Coupe du monde en Allemagne. Si l'Allemagne et le Brésil remportent leurs groupes, les deux pays ne s'affronteront pas avant la finale du 9 juillet à Berlin. La Coupe du monde débutera le 9 juin.

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