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Khalil Elahee enseignant à l?université de Maurice

21 octobre 2008, 00:00

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Khalil Elahee  enseignant à l?université de Maurice

● <B>Dans une semaine, Maurice passera à l?heure d?été. Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients d?une telle mesure ? </B>

En décidant d?avancer, à partir du 26 octobre, dans le cadre d?un projet pilote, l?heure légale de soixante minutes, l?objectif visé est la réalisation d?une économie d?énergie. Selon le Central Electricity Board (CEB), une économie de 20 000 tonnes de produits pétroliers, équivalant à Rs 400 millions l?année, soit 4 %, sera réalisée dans la production de l?électricité. Mais j?estime que cette estimation est exagérée. L?économie réalisée sera beaucoup plus modeste, soit de l?ordre de Rs100 millions.

En outre, ce montant dépendra du cours des produits pétroliers sur le marché international. Je me demande si cela vaut vraiment le coup, au vu des incidences sociales, sanitaires et autres, d?une telle mesure. Le vrai débat n?a pas eu lieu.

Le projet de l?heure d?été a été expérimenté dans la plupart des pays parce qu?on estime qu?il permet de mieux utiliser la lumière du soleil dans un contexte où il n?existait pas alors de lampes économiques, par exemple. Dès le début, le projet Maurice île durable (MID) n?incluait pas l?heure d?été comme mesure d?économie de l?énergie électrique. Espérons maintenant qu?on puisse évaluer exactement les économies d?énergie qui seront faites, les coûts associés au transport, à la climatisation et à l?aspect social.

● <B> Le projet MID n?est-il pas en contradiction avec des projets tels que la construction de centrales à charbon ? </B>

Pour un pays qui veut donner au monde entier le bon exemple en matière de protection environnementale, nous ne devons pas passer un message contradictoire. Nous avons fait fausse route concernant notre politique énergétique durant ces dernières années. Nous avons trois possibilités pour résoudre le problème énergétique. Premièrement, maîtriser la demande en électricité qui connaît une croissance de l?ordre de 5 % l?an. Il faut la ramener à 2,5 % ou à 3 %. Deuxièmement, veiller à ce que les projets tels que Tianli, Highlands, les Integrated Resorts Scheme et tous les projets industriels respectent l?environnement et ne soient pas de gros consommateurs en énergie.

Ils doivent, au contraire, fournir de l?énergie plus qu?ils n?en consomment. Enfin, nous devons aller vers la bagasse-charbon. C?est une technologie de pointe dont les modalités financières doivent être définies ensemble par l?Etat et le secteur privé. Il en va de même pour le projet de parc éolien à Bigarra et celui dans le sud du pays. Il faut aussi mentionner le projet Gamma-Coventa qui permettra de produire de l?énergie grâce à l?incinération de déchets, en optimisant leur valeur énergétique, sans danger pour l?environnement. Il faut aussi utiliser les résidus de la canne avec de la bagasse dans de nouvelles centrales de co-génération. De ce projet dépend aussi l?avenir de notre industrie de la canne.

● <B> Pensez-vous que le projet de chauffe-eau solaire permettra d?obtenir de bons résultats ? </B>

De toutes les mesures, c?est celle qui donnera de meilleurs résultats. La subvention de Rs 10 000 est une excellente initiative. L?impact de cette mesure se fera sentir au cours des semaines ou des mois à venir. Je souhaite que le projet de chauffe-eau solaire bénéficie d?autant de publicité que celle des lampes à basse consommation. Il est temps que les bâtiments du gouvernement, les usines, les centres commerciaux, les nouvelles constructions, les écoles, les hôpitaux, les infrastructures publiques, et les magasins, entre autres, suivent également le pas en se dotant de chauffe-eau solaires. Cela nous permettra de diminuer substantiellement notre consommation électrique et de réaliser, dans les mois à venir, des économies d?échelle lorsque cette mesure prendra plus d?ampleur.

<I>Propos recueillis par</I> <B>Nico PANOU</B>

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