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Khal Torabauly, poète

24 février 2008, 00:00

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Khal Torabauly, poète

Comment se fait-il que votre hippocampe ait deux visages ?

Parce que la réalité a plusieurs visages, même si souvent certains nous échappent. L?hippocampe a l?air fragile, mais derrière cette fragilité, il y a chez lui une force extraordinaire, un sens de la combativité. De même, derrière l?aspect physique, derrière un handicap, il y a d?autres choses à découvrir.

Votre recueil a pour thème le handicap. Qu?est-ce qui vous a inspiré ?

Tout commence par un père qui m?aborde et me demande d?écrire un livre en mémoire de ses deux filles qui avaient un handicap. J?ai donc écrit un recueil qui s?inspire de faits réels, et j?ai rendu hommage aux parents qui ont la lourde tâche d?accompagner un enfant qui souffre d?un handicap.

Vous êtes poète. On est donc dans le domaine de l?abstrait ?

La poésie, c?est l?art de voyager vers l?essentiel avec des mots. C?est entendre l?essentiel et le transmettre dans un écho. Le poète est une sorte de passerelle entre les disciplines et les gens, puisqu?il est à l?écoute profonde et il ne refuse pas la complexité des choses.

Quels sont les thèmes qui vous tiennent à c?ur ?

La mer, le voyage, la « coolitude », le dialogue avec les imaginaires, les cultures, les civilisations, les langues. J?aime pouvoir désamorcer les incompréhensions, soutenir les luttes fondamentales.

Vous avez beaucoup vécu en France. Maurice ne vous suffisait pas ?

J?ai passé 32 ans en France, j?étais parti pour des études, mais au fond de moi, je n?ai pas quitté mon pays. Il y a toujours quelque chose qui me ramène à mon île, mon écriture, par exemple. Mais je suis aussi un terrien, je ne crois pas dans les cloisonnements, il faut être ouvert aux autres, car on fait partie du monde.

Si vous deviez être un chanteur, vous seriez qui ?

Grand Corps Malade. C?est un chanteur de slam qui a écrit de beaux textes et qui a un handicap.

Qu?est-ce que l?on vous reproche souvent ?

Beaucoup de choses et en même temps pas grand-chose. Je suis en perpétuelle création, toujours en train de mettre les choses en relation et ça peut déstabiliser les gens.

Votre plus grosse bêtise ?

En 1975, à la veille du cyclone Gervaise, où j?ai nagé dans la mer déchaînée de Baie-du-Tombeau.

Si vous étiez Premier ministre, que feriez-vous en premier ?

J?orienterais le pays vers une réflexion sur sa propre identité, respectueuse de toutes les identités qui existent à Maurice. À partir de là, je l?inviterais à faire un travail de construction d?une nation. Beaucoup de maux socioéconomiques pourraient être résolus.

Une bonne nouvelle pour finir ?

Le départ de Bush qui a donné une image de guerrière à l?Amérique. Si Obama était élu à la présidence, ce serait un bon signe envoyé au monde. Je compte publier un roman bientôt et avec d?autres, mettre sur pied une caravane de la francophonie.

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