Publicité

Kevin, scalpé en plein centre de Quatre-Bornes

1 juillet 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

C?est un fait divers aussi horrible que peu banal. Un étudiant de 20 ans, Kevin Bugloo, s?est fait enlever un morceau du scalp d?environ une dizaine de centimètres de diamètre d?un coup de sabre, plein centre de Quatre-Bornes, il y a environ une semaine. Le jeune homme doit son salut à ses réflexes et à sa pratique des arts martiaux. L?agression a eu lieu alors que Kevin s?apprêtait, avec son frère aîné et son père, à fermer le commerce familial. Depuis, aucune arrestation n?a été effectuée, malgré des pistes sur l?identité des agresseurs, que la victime connaissait de vue.

« C?est un acte de barbarie, je n?ai pas d?autres mots pour qualifier cela. Ce n?était pas une simple agression, mais une tentative de meurtre délibérée », raconte Rajmoon Bugloo, le père de la victime. Ce commerçant de 45 ans, qui tient une boutique très connue de Quatre-Bornes, revient sur les événements de ce vendredi avec un mélan-ge de frayeur et de révolte, vu la nature de l?acte. « C?était plus qu?un sabre, car la lame était affûtée comme un rasoir », poursuit-il.

<B>Il esquive une première attaque</B>

Ce soir-là, Rajmoon est affairé et s?occupe des clients de la boutique, comme à son habitude. Aux alentours de 22 h 45, il décide de servir un dernier client, alors que ses deux fils baissent les doubles volets de la boutique. L?aîné, Arvind, 23 ans, s?occupe du volet intérieur, pendant que le cadet, Kevin, se retrouve à l?extérieur du bâtiment.

« À ce moment-là, Kevin a remarqué la présence de deux personnes qu?il connaissait de vue. Il s?agit d?anciens videurs d?une maison de jeux réputée de Quatre-Bornes. Il leur a fait un signe de tête », se souvient Rajmoon.

Du coin de l??il, Kevin voit alors une des personnes sortir quelque chose de suspect de son blouson. Ceinture noire de Goju-Ryu karaté, il a le réflexe de parer un premier coup, mais il ne peut que tenter d?esquiver un deu-xième assaut. La lame lui effleure alors le crâne, lui enlevant « un morceau de chair et de cheveux », selon le père de la victime. Face aux cris du frère aîné qui se précipite à l?extérieur, les agresseurs s?enfuient. Ils sont pris en chasse par Rajmoon et Arvind, mais une voiture ? une Toyota communément appelée « Bulldog » ? les attend plus loin. Ils s?y engouffrent, puis disparaissent dans les rues de la ville.

<B>Les premières conclusions</B>

Le visage en sang, Kevin est transporté à l?hôpital Victoria, à Candos, où le personnel le prend immédiatement en charge. « Je me suis alors rendu au poste de police de l?hôpital, et j?ai consigné une première déposition. Je leur ai même communiqué les sobriquets des deux personnes, mais depuis je n?ai aucune nouvelle », s?insurge Rajmoon. « Ce qui me dérange le plus, c?est qu?ils s?en sont pris seulement à mon cadet, et pas mon aîné. Je ne comprends pas pourquoi. Nous sommes des personnes sans histoires et très appréciées par nos clients. »

Malgré le silence du côté de la police, les enquêteurs ne semblent toutefois pas négliger de pistes. Il se chuchote que les deux agresseurs présumés ont été suspendus de leurs fonctions auprès de la maison de jeux, suite à cet incident qui s?est vite ébruité. L?enquêteur chargé de l?affaire a concédé pouvoir formuler des premières conclusions, la semaine prochaine, sur cette piste. Il se pourrait bien, selon les policiers, que cette agression ait pour toile de fond une histoire de c?ur. « On ne peut se prononcer pour l?instant, mais l?enquête suit son cours et nous y verrons plus clair très bientôt », a conclu un officier.

Publicité