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Karmaraj Nosib maître en hôtellerie
Un directeur doit-il avoir la grosse tête, vous balancer des formules toutes faites, ne pas montrer ses faiblesses ? Et puis quoi encore ? Karmaraj Nosib, directeur suppléant de l?École hôtelière, cultive le sourire, prône le dialogue, se laisse aller gaillardement à l?esprit d?équipe. Au titre de directeur, Nosib préfère celui de « responsable », parce que l?école n?est qu?un des centres rattachés à l?IVTB, qui a un directeur général. Il a pour mission de remplacer pendant un an et demi Harmon Chellen, qui a mis le cap sur le Vanuatu, le temps de participer à la création d?une école hôtelière là-bas.
Pourquoi lui ? Sans doute parce que c?est un disciple du mérite. Déjà en 1987, alors que l?hôtellerie semblait être le refuge des recalés de Form V et qu?elle faisait l?objet de toutes sortes de préjugés, Karmaraj s?envole vers Bordeaux pour faire un BTS en tourisme. À son retour, il travaille au Touesrock dans le département réception et relations publiques. Trois ans après, l?École hôtelière lui fait une proposition et il devient formateur.
En 1996, il prend un congé sans soldes pour préparer une maîtrise en gestion hôtelière et touristique à l?université d?Angers. Trois ans après son retour à Maurice, il est nommé Head of Front Office & Housekeeping Department à l?École, puis devient Assistant Mana-ger en mai dernier et il est à présent directeur suppléant.
Il attribue cette nomination à sa culture du travail, acquise dans le secteur privé. « Comme vous le savez, il n?y a pas d?horaires de travail réguliers dans l?hôtellerie. C?est un peu la même chose à l?École. Je n?ai jamais été comme un fonctionnaire. Et puis, je pense que j?ai convaincu le jury par mon professionnalisme. »
La transition s?est faite sans problème, puisque Karmarj est rompu aux rouages de l?École. Entre le courrier à vérifier, les concertations avec les chefs de département, les réunions, la gestion du budget, et les nouveaux défis, il y a de quoi faire.
Quel genre de chef est-il ? Karmaraj ne croit pas aux vieilles structures hiérarchiques. Il récuse les méthodes où le salarié est le petit soldat qui obéit aux ordres sans réagir. Si le dialogue est son dada, déplaire, froisser, contredire, ça fait aussi partie du métier. « Ce qui compte finalement, c?est l?intérêt de l?entreprise avant tout. Celui de l?individu doit parfois en faire les frais. »
Céder des pouvoirs aux salaries
Pour faire accepter cette philosophie et pour palier la démotivation, il pense qu?on devrait céder des pouvoirs aux salariés en leur donnant des actions dans leur entreprise. « Les gens ont tendance à perdre leur esprit d?appartenance à l?entreprise et pourtant, c?est, à mon avis, la valeur ultime pour progresser. Dans certains hôtels, le personnel participe aux bénéfices de l?entreprise. Ainsi tout le monde fait attention, évite le gaspillage, donne le meilleur de soi-même et se partage la part du gâteau. »
Dans cette course à l?innovation, Karmaraj n?a pas le temps d?être un adepte du farniente. « Je regarde les informations, le journal télévisé de France 2, un documentaire par-ci par-là, mais en fait, je n?ai pas le temps. Je lis beaucoup de journaux et de magazines étrangers. Quand j?étais jeune, on me disait que je devrais devenir journaliste car je bouffais les journaux. »
Karmaraj espère néanmoins qu?il pourra se consacrer un peu plus à sa famille. Quant à bouger pour de nouveaux défis, ce n?est pas vraiment dans ses projets. « J?approche de la quarantaine et cela devient difficile d?envisager de bouger. Si j?ai de meilleures offres, je les étudierai, mais j?ai toujours aimé enseigner.
À une époque, il y avait quatorze enseignants dans la famille. »
La formation pour Kar-maraj, c?est presque une histoire d?hérédité !
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