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Jump Around Youth Concert

12 mars 2004, 20:00

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Pulsion. Pulsation. Vibration. Le souffle captivant de la guitare électrique assèche les antisèches et fait naître les émotions. Nous suivons les câbles conducteurs, piétinons sur les plates-bandes d?une génération époustouflante.

Des groupes défilent sur les planches. Djembé, guitares, batterie luttent pour se faire entendre. Deux minutes pour répéter. Devant la scène, le public est présent, trépidant d?impatience de vivre ce concert intensément. Derrière, l?envers du décor, les organisateurs fourmillent de partout, papiers en main, voix qui s?élèvent par-dessus les sons. Les mains moites, les rires nerveux, en un mot, c?est le brouhaha des 25 finalistes.

Des amitiés qui naissent

Les sourcils froncés, la tête basse et le regard peu assuré. Le groupe de Bertrand, du Collège Saint-Esprit, semble perdu dans les vapeurs du trac de l?avant-scène. Ils devront interpréter Creep et Where did you sleep last night. Le « un ti peu tensed » de Bertrand se perd dans ses murmures. C?est à ce moment que le groupe discute des dernières questions irrésolues.

Des sourires crispés sont lancés, et parfois, l?un rit plus fort que les autres pour se donner de la contenance. L?excitation juvénile. Ces battements précipités du c?ur, cette envie folle d?évacuer tout ce stress. La guitare à la main, ils se cherchent du regard, se rassurent. Neeraj, le guitariste du groupe de Bertrand va alors jeter un ?il inquiet sur la scène. La foule de 20 000 jeunes multicolores s?épaissit. La peur est à fleur de peau. Mais pas d?inquiétude, ils feront un malheur comme au stade Germain Commarmond, le 25 février.

L?adrénaline monte, certains hésitent, ne savent plus où se diriger, aveuglés par cette frayeur qui tenaille le ventre. Les blagues fusionnent entre copains, qui s?habillent, se coiffent, se maquillent. S?activer pour mieux oublier. Les Black Fusion, du

Triolet Youth Centre sont éblouissants. Ils relèveront un défi tout à l?heure, balancer quatre chansons en dix minutes : Country Roads, With or without you, L?amour casse paké et Knock?in on heaven?s door. Chapeau western, jeans patte d?eph? et poncho, le guitariste Slash jongle avec les styles. Relax. Des babas cools.

Des cigarettes qui s?échangent, des flirts qui se trament et des amitiés qui naissent. Les disciples de Linkin Park, Marilyn Manson cherchent à attirer le regard de la foule. Le défi ? Séduire 20 000 personnes, graver les mémoires pour remonter sur une scène plus tard.

Jimmy des Methodik Groove se met à la recherche de son groupe. Au menu, rock et reggae, Jimmy est plus qu?honoré de participer au JAYC. « Y?a de la palpitation dans l?air ! », s?écrie-t-il. Il tient absolument à faire connaître les Neofields, du Collège de St Andrews. Olivier Babet, chanteur de Neofields, interprétera In the End de Linkin? Park. Il affiche Boy Psycho sur son T-shirt, toute cette ambiance, ça lui fait un peu peur. Yannick Gerie du Collège La Confiance a une voix délicieuse, il chantera du R.Kelly. Il en bouchera un coin.

Les mini-jupes, les bérets, les visages peints. C?est tout un croisement de pigments d?une jeunesse insouciante. Quand on s?imagine que tout a débuté en 1993, année de naissance du JAYC. L?euphorie du départ n?est pas éteinte. L?animateur Yves Hermann qui avait foulé les planches de la JAYC, il y a longtemps, ne regrette pas une seconde le retour du concert, qui s?est arrêté momentanément en 1999, 2000, 2001, après les émeutes.

Menon Munien qui a toujours soutenu les jeunes, quel grand merci pourrait-on lui lancer, ainsi qu?au comité organisateur qui court, se consulte, rectifie les changements et prépare les participants.

Entrevoir cette petite parcelle du concert, c?est voir toute la solidarité et l?unité mauricienne. Rouge pour la passion de la musique, bleu pour le blues de la jeunesse, jaune pour les jeunes débutants et vert pour la promesse d?un bel avenir.

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