Publicité
Julian Marley partage son héritage universel
Par
Partager cet article
Julian Marley partage son héritage universel
Nous étions venus pour Marley. Nous sommes tombés sur Julian. Soyons parfaitement honnêtes. Ce qui nous a fait courir ( la petite foule d’environ 200 personnes amassées samedi au premier étage du Harbour Front avec nous), c’est surtout le nom mythique du père. Des décennies qu’il est mort, tout autant depuis qu’il est une légende. Des disques qui n’ont pas pris une ride. Plus riches, plus forts à chaque fois qu’on les ré-écoute.
Alors à côté, un fils à peine différencié de ses quatre frères, cela semble léger. Et pourtant, les jeunes exhibant fièrement leurs ensembles griffés, les moins jeunes aux tenues classiques ont tous fait le pied de grue.
14 heures. C’était ce qui était écrit sur le programme. Bon, on se dit, avec la circulation, sachant qu’il est arrivé le matin même, Julian aura besoin d’un petit temps pour souffler. 14 h 50. Ce petit temps a pris l’ampleur d’un contretemps. 14 h 55. C’est devenu une éternité.
Entre-temps, nous avons vécu plusieurs fausses alertes. Ceux venus demander un autographe aussi. “Pa fer narien mem si mo pa konn li, so papa enn mari dimoun.” C’est l’avis de Sylvette, mère de famille toute potelée dans son t-shirt pour adolescente, qui est venue avec ses deux filles… justement adolescentes. Point de vue partagé par plusieurs personnes interrogées. Elles ne voient pas bien qui est Julian. C’est Marley qui compte.
Alors que des petits enfants qui accompagnent leurs parents se déshydratent à vitesse grand V, que les amoureux qui se tiennent par la main ont les paumes de plus en plus moites, les responsables du magasin Kulcha font évacuer le plancher. Tout le monde dehors.
Clyde Vacher, un des nombreux maîtres de cérémonie ( avec Pramode Padaruth et Tony Farla ) a parlé. Il fait les cent pas, un téléphone sans fil collé dans une main, un portable dans l’autre. Pressé de questions, sa boisson chaude achetée au fast-food le plus proche devient vite tiède. “Il arrive dans 15 minutes.” Un quart d’heure. Mais sur la planète reggae, les minutes sont plus longues que les nôtres.
“Our father, Bob Marley”</B>
Quinze minutes plus tard : “Il arrive dans 10 minutes. Il est en train de manger au Caudan. On a eu beaucoup de retard, tout ça s’est accumulé.” D’autres centaines de pas. Et une idée lancée dans l’air, qui ne retombera pas. “On fait un jeu concours pour faire patienter les gens ?”
Pas de réponse. Une chose est sûre. Quand il aime, le Mauricien sait attendre. Sans trop se plaindre.
Julian Marley arrive enfin sous les vivas. Beaucoup plus jeune que sur les photos. Maigre aussi. Décontracté, il se laisse guider par les mains qui se posent dans son dos. Celles de Tony Farla, animateur sur Radio One, notamment.
Les questions d’usage : Porter le nom Marley n’est-il pas trop lourd ? Pourquoi choisissez-vous de faire de la fusion ? Quelles sont vos premières impressions de Maurice ? Julian répond avec des mots brefs. “Maurice me semble familière. Les gens sont chaleureux, cela me rappelle la Jamaïque. C’est un héritage lourd à porter mais il suffit d’être soi-même.” Note particulière : quand il parle de son père, Julian dit “Our father”, pas “My father”. Voilà un fils extrêmement conscient d’avoir à partager ce père avec quatre frères, sans compter tous les artistes qui s’en sont inspirés.
Pas le temps pour ces considérations à la limite du freudien. Cinq–six minutes à inspecter les t-shirts du magasin. Cinq minutes pour la presse. Bye-bye Julian. Nous échapperons belle à la bousculade qu’à été sa séance de dédicace. Lui pas.
- Prix des billets : Rs 250. En vente chez Kulcha, Harbour Front Port Louis, chez Mikado et dans les supermarchés Winners.
Publicité
Publicité
Les plus récents