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José Bové quitte la tête de la Confédération paysanne

7 avril 2004, 20:00

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ICÔNE du combat contre la mondialisation, José Bové quitte aujourd?hui la tête de la Confédération paysanne pour une nouvelle aventure internationale au sein du mouvement paysan Via Campesina.

Le porte-parole du deuxième syndicat agricole français fera officiellement ses adieux à Strasbourg, dans l?hémicycle du Parlement européen où débute mercredi le congrès annuel de la Confédération paysanne.

?Ayant accompli ce pourquoi j?avais été élu, il m?a semblé important que la Confédération paysanne se dote de nouveaux responsables, mais ce n?est pas pour autant que je quitte le navire?, a dit José Bové mardi à Reuters.

Rien ne prédestinait ce fils de chercheurs, âgé de 50 ans, à devenir éleveur de moutons dans le Larzac puis membre fondateur et porte-parole du syndicat agricole depuis quatre ans. C?est en août 1999 qu?il accède à la célébrité en participant à Millau au ?démontage? d?un restaurant McDonald?s pour protester contre des taxes américaines sur le roquefort. Cette affaire très médiatisée en fait une star mondiale et lui vaut le titre de ?pourfendeur de la malbouffe?. Un an plus tard, lors de son procès, près de 100 000 antimondialistes se mobilisent à Millau pour soutenir le trublion gaulois, surnommé ?Astérix?.

Devenu figure de proue des altermondialistes, José Bové est depuis sur tous les fronts : il manifeste contre les organismes génétiquement modifiés, les farines animales, la vache folle, les insecticides. Certaines de ces actions, comme le démontage du restaurant McDonald?s et l?arrachage de plantes transgéniques, lui valent plusieurs mois d?incarcération.

Porte-parole de la fédération Via Campesina

Infatigable, on le voit au Brésil, aux Etats-Unis, en Inde, en passant par la Palestine, la Nouvelle-Calédonie ou Tahiti. Ses détracteurs lui reprochent son appétit médiatique et lui prêtent des ambitions politiques. Ils dénoncent notamment son action en 2002 à Ramallah contre l?occupation d?Israël en Palestine, où il s?était fait expulser par la police israélienne.

Même s?il compte au palmarès des personnalités préférées des Français, José Bové ne fait pas toujours l?unanimité dans le monde paysan, y compris dans les rangs de son syndicat. ?Je ne regrette aucune des actions qui ont été faites. Certaines ont été parfois mal comprises?, dit-il. ?Cela fait partie de l?actualité. Le combat qui a été porté a eu une certaine audience et a permis de mieux faire comprendre les idées de la Confédération paysanne?. Il se félicite surtout d?avoir hissé l?agriculture au rang ?d?enjeu de société?. ?Il y a aujourd?hui une prise en compte par les citoyens des questions agricoles et de l?alimentation?, déclare-t-il. ?L?agriculture n?est plus une question d?agriculteurs et de spécialistes, mais bien un enjeu de société?.

Autre fierté du syndicaliste : avoir sorti la Confédération, proche des socialistes, de l?anonymat, face à la puissante FNSEA. Aux dernières élections des chambres d?agriculture, la Confédération représentait 26,4 % des paysans contre 15 % en 1987.

José Bové ne quitte pas le combat altermondialiste puisqu?il reste membre d?Attac. Il compte bien mettre à profit son expérience médiatique au service de Via Campesina, une fédération internationale qui regroupe 90 organisations paysannes dans cinq continents et dont le siège se trouve au Honduras. En juin, il deviendra l?un de ses porte-parole à l?occasion d?une assemblée générale à Sao Paulo, au Brésil. Il sera chargé du ?chantier sur la souveraineté alimentaire?.

?C?est sur ce chapitre-là que je vais m?investir. Un de nos objectifs est faire reconnaître la souveraineté alimentaire au niveau de l?Onu comme un droit fondamental?, souligne José Bové. ?L?idée c?est de permettre à chaque pays ou groupe de pays de pouvoir protéger son agriculture contre le dumping, la logique des prix mondiaux et l?obligation de se soumettre aux lois de l?Organisation mondiale du commerce?, explique le syndicaliste français, qui maîtrise parfaitement l?anglais. ?Aujourd?hui, aussi bien la politique nationale que la politique européenne ne se font plus ni à Paris ni à Bruxelles mais bien à Genève, au siège de l?OMC. Il faut sortir de cette logique?.

Paule Bonjean

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