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Jimmy Harmon,Responsable du projet d’éducation préprofessionnelle
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Jimmy Harmon,Responsable du projet d’éducation préprofessionnelle
<B>Cela fait quatre ans ce mois-ci que le « prevoc » est opérationnel. Quelle victoire peut-on déjà célébrer ?</B>
Deux acquis majeurs. Tout d’abord, le processus d’intégration est enclenché. Mettre dans le même établissement l’élève du prevoc et celui du mainstream, c’est restituer sa dignité à cet enfant qui a échoué aux examens du CPE. Le deuxième acquis, je l’appellerai le Social Safety Net. Au lieu de se retrouver dans la rue avec rien en poche, l’enfant a un Cer-tificate in Prevocational Education et peut trouver une orientation professionnelle.
<B>Ces élèves qui sortent du « prevoc » peuvent-ils tous prétendre à un métier, une formation ultérieure ?</B>
Sur les 2 433 admis en 2001, 1 070 ont terminé les trois ans de cours et se sont inscrits à l’IVTB en 2004, où 82 % ont réussi le NTC Foundation Course et ils suivent actuellement le NTC Level III.
Cela fait un enfant sauvé sur deux.
Oui, mais le projet concerne aujourd’hui 9 057 élèves répartis dans 142 établissements. Un enfant sur deux, c’est déjà pas mal. Cela dit, nous avons de chemin à faire. Après trois ans, beaucoup d’élèves n’ont pas les bases.
<B>Quelles difficultés rencontrez-vous ?</B>
L’une des grandes difficultés rencontrées par nos éducateurs, c’est qu’ils sont issus du système traditionnel d’éducation. Or, au prevoc, on privilégie une pédagogie en accord avec le vécu de l’élève. À une situation nouvelle, il faut approche nouvelle, et la formation est primordiale. Dans le même ordre d’idées, nombre d’enseignants ne sont pas habitués à un programme activity-based. Nous sommes toujours en discussion pour savoir s’il faut ou non avoir recours à l’utilisation traditionnelle d’un workbook et de manuels. Il y a aussi la qualité de leadership dans les collèges. Là où l’intégration se fait sans heurts, c’est là où le school leadership a joué pleinement son rôle. Mais il faut comprendre que l’intégration est un processus qui demande du temps, et nous n’en sommes qu’au début.
<B>Vous voulez dire qu’il faut traiter l’échec scolaire à l’école primaire ?</B>
Exactement. L’élève du prevoc vient, en quelque sorte, remettre en question nos certitudes. Cette expérience m’a forcé à changer ma conception de la discipline, de la relation pédagogique et éducative.
<B>Avec le « prevoc », en somme, on pallie le plus urgent, sans résoudre le problème d’échec scolaire ?</B>
Le prochain défi sera de traiter, au primaire, la question de literacy et numeracy. Il nous faut pour cela un syndicalisme éclairé, des policy makers s’inspirant d’un Jules Ferry, des Parent Teachers Associations jouant pleinement leur rôle et des chefs d’établissement crédibles.
<B>Propos recueillis
par Erick BRELU-BRELU</B>
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