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Jerzy Narraidoo, le rêve américain

7 janvier 2007, 00:00

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«Les gens qui veulent fortement une chose sont presque toujours bien servis par le hasard », écrit Honoré de Balzac dans La Vendetta. Il ne croyait pas si bien dire. Pour réussir dans la vie, la chance n?est rien sans la volonté. Jerzy Narraidoo l?a appris à force de dur labeur. Cet étudiant en Computer Art Animation est sur le point de terminer son Associate Degree en Amérique ; l?équivalent d?un diplôme de premier cycle universitaire de deux ou trois ans. Il fréquente actuellement le collège de Miami-Dade.

Miami, une ville qui fait rêver par son côté exotique que dépeignent les séries américaines comme Nip Tuck ou encore le film Bad Boys avec Will Smith. Un décor idyllique avec plages, fêtes et boîtes de nuit. Pourtant, malgré toutes ses tentations, Jerzy, lui, s?est laissé plutôt conquérir par le côté businessman des Américains pour qui le travail et la réussite sociale sont des choses sacrées dans la vie.

Âgé de vingt et un ans, notre compatriote fait partie des meilleurs jeunes étudiants en Amérique et son nom figure dans la National Dean?s List pour l?année 2006-2007. En effet, la National Dean?s List est un livre qui honore les étudiants les plus performants tant au niveau académique qu?au niveau du développement personnel. « Chaque année, environ cinq mille étudiants sont nominés à travers les States, mais seulement deux mille étudiants sont choisis », explique-t-il. Pour y figurer, Jerzy a non seulement dû avoir de très bons résultats durant ses études, mais il a aussi dû s?engager activement dans les activités extra-scolaires.

Bosseur, il fait partie des meilleurs élèves de son collège et a terminé son Associate Degree en Crash Course, cumulant tous ses modules sur deux ans au lieu de trois, en se privant de vacances durant une année. Bonne plume, il a aussi obtenu une bourse d?études de mille dollars, la Broadcast Foundation Scolarship, en remportant un concours d?essai organisé par son collège sur plus de sept mille étudiants et il a été nominé parmi les étudiants d?art pour avoir dessiné l?un des meilleurs designs en graphisme.

<B>« Toujours faire le maximum pour s?améliorer »</B>

Membre de Phi Theta Kappa, société estudiantine qui pousse les étudiants à donner le meilleur d?eux-mêmes à travers le bénévolat, il a aidé les plus démunis dans leurs difficultés quotidiennes en remplissant leurs feuilles d?impôts, en visitant des hospices, etc. Ce sont les principales raisons qui ont motivé son collège à le nominer pour figurer dans la National Dean?s List.

Pourtant, la route n?a jamais été sans encombre pour lui. Fils de Rowin et de Lise Narraidoo, l?un dramaturge et l?autre directrice d?une compagnie d?animation, la Sugarland Entertain-ment, ce jeune homme a toujours été attiré par l?art. Dès l?âge de quatre ans, il participe aux animations, puis devient comédien de théâtre classique pour l?Atelier Pierre Poivre, metteur en scène pour les spectacles organisés par sa mère et jongle, par ailleurs, avec ses études.

Ses études terminées, il se tourne vers l?École hôtelière avant d?opter pour des études universitaires en Computer Art Animation aux États-Unis où réside son frère. L?ex-étudiant en comptabilité et économie qui n?est as ni de la souris ni du crayon va complètement changer de domaine. « Je n?avais jamais étudié ni l?art ni l?informatique auparavant, mais j?ai senti que j?avais le potentiel. C?est quelque chose que j?ai trouvé sur le tard, mais je m?y suis accroché pour réussir », avance-t-il.

Avant de partir, il fait un stage d?un an et demi à Evolution, une compagnie spécialisée dans le Graphic Design. C?est en Amérique qu?il se découvre bon élève avec une capacité à vouloir savoir toujours plus et dépasser ses limites.

« Il faut bosser évidemment parce qu?il y aura quelqu?un qui sera forcément meilleur que vous, mais je me suis mis dans la tête que c?est ma deuxième chance », affirme-t-il.

Chaque occasion est bonne pour apprendre des choses nouvelles, innover et atteindre un meilleur niveau. « Il faut toujours faire le maximum pour s?améliorer. En Amérique, les opportunités ne manquent pas, mais c?est à vous de les saisir. On peut arriver bien loin si on se donne les moyens », déclare-t-il.

Élève moyen du collège La Confiance, il est aujourd?hui l?un des meilleurs éléments de sa promotion, ayant déjà décroché la mention Honors pour son Associate Degree. Il fait la fierté de sa maman. « Je n?aurais jamais pensé qu?il pourrait se détacher comme une étoile filante. C?est quelqu?un qui fait sa percée petit à petit au niveau académique et j?en suis très fière. Il est sorti grandi de ces expériences en acquérant le sens des responsabilités », déclare celle-ci. Après chaque examen, elle regarde avec attention les résultats sur Internet pour y voir le nom de son petit.

<B>De nouveaux défis à relever</B>

Jerzy contemple l?idée d?accomplir son rêve américain. Parmi ses projets les plus proches : aller dans une des meilleures universités pour finir ses études universitaires. Devenu passionné des animations 3D, il espère se perfectionner dans la conception de dessins de jeux vidéo et de films d?animation comme Nemo. « J?ai choisi de rester en Amérique pour y travailler, car à Maurice qui pourrait acheter ces films qui coûtent des milliards de roupies ? », se demande-t-il. Il rêve déjà de faire ses preuves à Hollywood. « J?aimerais aller voir les grosses boîtes telles Dreamworks ou Pixar pour y travailler. En Amérique, si l?on est chanceux, l?on peut arriver loin ! »

Jerzy espère que figurer dans la National Dean?s List servira de passeport pour atteindre les grandes firmes et de tremplin pour sa carrière. « Ce livre est l?équivalent d?une bonne lettre de recommandation car la National Dean?s List est reconnue à travers le monde et rehausse le niveau du C.V. des étudiants honorés. »

Quoi qu?il en soit, c?est à force de travail acharné et de détermination que l?on réussit et cela, Jerzy l?a très bien compris ! Sa patience et ses efforts paieront un jour. Comme le dit le poète romain, Virgile : « Un travail opiniâtre vient à bout de tout. »

Pour le moment, Jerzy a de nouveaux défis à relever, il finit son degré en avril et devra vivre seul lorsqu?il changera de région et d?université.

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