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Jennifer Henrisson et Fabrice Bauluck : La vie continue à défaut de bourse
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Jennifer Henrisson et Fabrice Bauluck : La vie continue à défaut de bourse
La situation dépasse la logique. La triathlète Jennifer Henrisson et le tireur Fabrice Bauluck ont été récemment désignés meilleurs espoirs lors du National Sports Award organisé par le Mauritius Sports Council. À juste titre d?ailleurs car Henrisson détient le titre de double championne d?Afrique Junior et Bauluck, celui de double champion du monde Junior. Mais jusqu?à présent, ils n?ont jamais intégré la liste des bénéficiaires des bourses de la High Level Sports Unit (HLSU). La faute à pas de chance.
Le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) avait évoqué en début d?année la possibilité d?inclure de nouvelles disciplines, dont le triathlon et le kick-boxing. Mais la nouvelle équipe dirigeante de la HLSU a fait savoir que ce ne sera pas le cas, du moins pas jusqu?à la prochaine année financière, soit en juillet 2007.
Là encore, aucune garantie que leur discipline intègre le lot, car les fédérations devront respecter certains critères imposés par la HLSU. Les consultations entre le board de cette instance et les fédérations sont en cours et un rapport sera soumis à la lumière de ces consultations.
En espérant ce fameux jour, la vie continue pour nos deux talents. Jennifer Henrisson a remporté la médaille de bronze aux Championnats d?Afrique qui ont eu lieu le 31 mars dernier à Maurice. « Depuis que j?ai eu mon titre pour la deuxième fois (NdlR : en 2006), le ministre Sylvio Tang nous avait dit qu?il allait faire le nécessaire pour mettre le triathlon sur la liste des bénéficiaires », se souvient Jennifer Henrisson. « Quelque part quand je vois les autres avec leurs bourses, je me dis qu?il y a une certaine injustice », avoue-t-elle en précisant qu?elle aurait souhaité, un jour, figurer sur la liste : « Peut-être que j?irai à l?étranger pour poursuivre mes études. J?ai comme objectif les Championnats d?Afrique et à long terme, les Jeux olympiques. Une aide du ministère m?aiderait beaucoup. »
<B>« Les dépenses, un fardeau »</b
La pratique du triathlon n?est pas donnée. Trois disciplines en un, soit natation, vélo et course à pied, c?est trois fois plus de dépenses. « Entre les dépenses pour le vélo, les visites chez le médecin, les équipements etc. ça peut coûter environ Rs 6 000 par mois. Pour les Championnats du monde l?année dernière, il fallait un wet suit et ça vaut à peu près Rs 17 000 », déclare Mervyn Henrisson, père de Jennifer. « Avant juillet 2006, c?était nous-mêmes, les parents, qui avions assuré toutes les dépenses. On voyait que ça devenait un fardeau. Mais heureusement Jennifer a le soutien du sponsor Ireland Blyth pour un an. C?est venu au bon moment », renchérit-il.
Pour Fabrice Bauluck, point de sponsor. C?est la famille qui « fait d?énormes sacrifices » pour subvenir aux besoins du tireur. Qui plus est, la famille a dû se sacrifier doublement à un certain moment dans la mesure où Cursley, le frère aîné de Fabrice, s?adonne également au kick-boxing. Le double champion du monde junior dans la catégorie des moins de -54 kg ne comprend également pas pourquoi il ne figure pas sur la liste des bénéficiaires. « Pour moi c?est une injustice quand je vois les autres avoir des bourses et moi pas. Je ne comprends pas quels sont les critères », laisse-t-il entendre.
Le soulagement financier pour la famille Bauluck repose sur les récompenses en espèces que Fabrice récolte grâce à son titre mondial. « Mais souvent on me demande à la maison, qu?est-ce qui se passe au niveau des allocations du ministère. J?avais entendu dire au début de l?année que ceux pratiquant le kick-boxing pourraient avoir de l?argent mais j?attends encore », fait ressortir le Mahébourgeois. S?il bénéficie de facilités pour les soins médicaux avec la fédération de kick, il avoue qu?en ce qui concerne les suppléments nutritionnels, c?est pas la joie. « Les entraînements sont très durs. On dépense beaucoup d?énergie. Nous n?avons des fortifiants qu?un ou deux mois avant une compétition majeure », regrette-t-il.
Deux compétitions majeures figurent dans son calendrier cette année. En juillet, il y aura les Jeux d?Afrique et en septembre, il sera en lice pour les Championnats du monde en Serbie. Cette fois, il évoluera chez les seniors mais toujours en -54 kg.
Ces participations lui permettront de réaliser son rêve : celui de passer professionnel, même s?il lui faut prendre une autre nationalité. « Je ne pense pas que c?est possible de vivre du kick à Maurice. Si un pays me propose de prendre une autre nationalité peut-être que j?accepterai même s?il y aura une longue période de réflexion. Je regretterai parce que Maurice c?est mon pays, mes racines », avoue-t-il.
Espérons qu?on n?en arrivera pas là et que le pays reconnaîtra ses deux meilleurs espoirs à leur juste valeur.
INFO
<B>La High Level Sports Unit en quelques mots</B>
Depuis son introduction en 1999, la HLSU comprend quatre catégories, à savoir niveau 1 (mondial), niveau 2 (intercontinental), niveau 3 (continental) et niveau 4 (régional). Les barèmes pour les allocations sont les suivants : Rs 20 000 pour la catégorie mondiale, Rs 6 000 pour l?intercontinental, Rs 3 000 pour le continental et entre Rs 1 000 et Rs 2 000 pour le niveau régional.
Le gouvernement mauricien dépense entre Rs 3 et 4 millions annuellement en termes d?assistance à une centaine d?athlètes dans neuf disciplines, soit l?athlétisme, le badminton, la boxe, le cyclisme, le judo, la natation, le tennis de table, l?haltérophilie et le tennis.
Pour être éligible, il suffit que les fédérations citées plus haut recommandent leurs athlètes. Les exigences ne sont pas considérables puisque l?athlète doit respecter un minimum de 16 jours de présence à l?entraînement.
Si, éventuellement, les bénéficiaires réalisent de meilleures performances, ils sont promus dans une catégorie supérieure. Un rapport trimestriel sur chaque athlète est exigé des fédérations.
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