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Jean Renat Anamah à la chasse à l?innocence
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Jean Renat Anamah à la chasse à l?innocence
Trois filles dans le vent. Et Jean Renat Anamah au milieu. Un trio de sensibilités féminines exprimées à travers le prisme chorégraphique du danseur sensible à la perte d?innocence. Une enfance trop vite vécue. Comme une période transitoire vers l?eldorado illusoire de l?âge adulte. Etat sans cesse vanté par « les grands, » comme étant celui où l?on comprend tout.
Mais est-ce vraiment le cas ? C?est en tout cas le point d?interrogation que Jean Renat Anamah et sa cinquantaine de danseurs ont laissé en suspens sur la scène du théâtre Serge Constantin, samedi. C?était lors de la création de Trois Filles dans le vent, suivi de deux extraits de Monts et Amonts, création qui a vu le jour en novembre à La Réunion. L?intégrale de ce spectacle devrait être monté à Maurice, « d?ici fin janvier début février, » déclare Jean Renat Anamah.
« Encore une fois, les parrains sollicités n?ont pas répondu à l?appel, » s?insurge le danseur. « Je pense que mon nom est associé au différent. L?on sait que mon travail sort des stéréotypes, c?est à mon avis ce qui explique les réticences. C?est ce qui explique pourquoi je me heurte au silence, à des gens qui ne prennent même pas la peine de répondre ne serait-ce que pour dire non. »
Qu?à cela ne tienne, l?étincelle jaillit tout de même du frottement des corps sur les planches du studio de danse. A côtoyer quotidiennement la graine de danseur qui vient canaliser son énergie dans ses cours à Belle Rose, Jean Renat Anamah a eu envie de pousser comme un cri. Celui d?un ras-le-bol. Celui d?un triste constat.
Selon lui, « les parents comblent trop vite les enfants. » A coup d?absence et de laxisme, ils façonnent des faux adultes. Au studio de Jean Renat Anamah, les cours s?enchaînent, les attitudes restent les mêmes. « Les enfants dansent naturellement, ils ont moins d?inhibition. C?est un matériau formidable pour les pédagogues. » Mais les enfants ne jouent plus. Ils sont longuement exposés à la télévision, aux jeux vidéos. « Ils reçoivent des images arrêtées et n?ont pas de vécu. » Comme des bourgeons qui tardent à s?ouvrir à la lumière du jour, ils se « referment sur eux-mêmes. »
Tragique conclusion pour qui fait commerce du mouvement. Alors, le danseur et chorégraphe s?est mis en tête d?orienter son écriture poétique vers la quête de l?innocence. A sa suite, il entraîne trois filles dans le vent de la magie des premiers âges. Construit sur le modèle d?un cycle où des moments déjà rencontrés lors spectacles précédents viennent à nouveau faire résonner nos fibres, Trois filles dans le vent explore allègrement les contes qui peuplent notre inconscient. Parmi les personnages ressuscités : le légendaire Tizan, interprété par Stéphane Jabala.
Talent remarqué, l?adolescent de 14 ans mettra bientôt le cap sur l?Académie Internationale de danse de Paris, pour un stage de six mois. Son personnage de Tizan avait déjà été travaillé par Jean Renat Anamah lors de L?arbre de la vie et Lacaz lontan, crées en 2001 et 2002. Un sort enviable qui attend désormais Monts et Amonts, le « bijou », « l?aboutissement » d?Anamah.
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