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Jean-Marie Le Clézio voyage au ?pays du ciel?
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Jean-Marie Le Clézio voyage au ?pays du ciel?
Destination Ourania. L?utopie poussée au statut de république. Dans ce ?pays du ciel?, quelque part dans le Mexique des années 80, vit une curieuse communauté, celle de Campos.
Là, écrit le quotidien français Libération, les enfants choisissent la maison où ils dorment. Ils ne sont pas dépendants des adultes. Chacun est tour à tour élève et maître. ?Il n?y a pas d?école, si ce n?est celle de la vie. Pas de morale, sauf le culte de la vérité. Et un goût d?amour qui irrigue tout.?
<B>?Une énorme capacité de renouvellement?
Pour pénétrer dans cet antipode de nos sociétés, Jean Marie Le Clézio emprunte les yeux de Daniel Sillitoe, géographe français. C?est là du nouveau roman de Jean Marie Le Clézio, sorti le 2 février chez Gallimard. Intitulé Ourania, la critique est unanime à dire que c?est une incursion dans l?utopie. ?Le rêve d?un monde d?égalité, de nature, de bonté, un monde sans police, sans autres règles que celles édictées par les sentiments, le désir, la solidarité?, comme l?écrit Télérama.
Entraîné par Daniel Sillitoe, le lecteur oscille entre Campos et un deuxième îlot d?utopie : un centre para universitaire pour chercheurs en sciences humaines, toutes disciplines confondues. Leur mission : transmettre leur savoir. Mais au bout du compte, pour eux, celle-ci équivaut à ?de l?or aux cochons? écrit Libération.
De son côté, Le Point, qui consacre une grande interview à ce ?seul Français nobélisable de sa génération,? dans son édition du 26 janvier, parle d?Ourania comme d?un livre qui ?surprend, déconcerte, fascine par son tragique, sa tristesse, son incroyable richesse visuelle et sa rébellion contre les pauvretés d?un peuple.?
Critique de l?écriture évolutive de Le Clézio, Le Point signale qu?Ourania correspond à ?l?énorme capacité de renouvellement? de l?écrivain. Métaphore stylistique d?un ?auteur qui s?impose en visitant les nouveaux bagnes du mondialisme?. Pour Télérama, ce nouvel ouvrage marque les retrouvailles de Le Clézio avec ses thèmes de prédilection, ?la quête d?un bonheur qui s?invente aux marges de nos sociétés industrielles et frivoles ; la pureté de la nature que les paysans enrichis détruisent.?
Daniel Sillitoe lui, croise énormément de gens, dont le jeune Raphaël, jeune garçon ?au visage de pleine lune? qui lui ouvrira les postes de Campos. Lucide en diable, Le Clézio va chercher derrière la façade ces gens aux allures de hippies. Il nous fera découvrir que leur chef, un vieux conseiller franco-canadien a ?fort bien géré les comptes en banque. Une preuve, s?il en est, que les idéalistes ne sont pas les benêts que l?on croit.? À la fin du livre, Daniel rejoindra, vingt-cinq ans plus tard, en 2009, la femme qu?il a connue là-bas au Mexique.
PARCOURS
Evolution littéraire
■ Déjà 66 ans au compteur pour cet écrivain que Libération qualifie de ?loin d?être rassurant.? Né à Nice en 1940, Jean Marie Le Clézio reçoit le prix Renaudot pour son premier roman, Le procès verbal, en 1963, après avoir manqué le Prix Goncourt. Depuis, il a publié plus de trente livres : contes, romans, essais, nouvelles, deux traductions de mythologie indienne, ainsi que d?innombrables préfaces et articles et des contributions à des ouvrages collectifs.En 1980, Le Clézio est le premier à recevoir le Prix Paul Morand, décerné par l?Académie française pour Désert. En 1994, il a été élu le plus grand écrivain vivant de langue française. Lui qui écrit beaucoup sur l?ailleurs affirme paradoxalement, ?Je n?aime pas les voyages, je me suis installé avec ma famille successivement au Mexique, puis aux États-Unis. Je ne sais pas où nous vivrons l?an prochain. Pourtant, ce que j?aime par-dessus tout, c?est écrire en utilisant la langue française.?
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