Publicité
?Je ne peux pas reconnaître mes agresseurs?
Par
Partager cet article
?Je ne peux pas reconnaître mes agresseurs?
Les enquêteurs du Central Criminal Investigation Department (CCID) ont entendu hier matin Marie Linley Savriacooty. Les hommes du surintendant de police Clifford Parsad ont voulu clarifier certains points de la déposition de la victime. Celle-ci a déclaré aux policiers ne pouvoir identifier ses agresseurs qui étaient encagoulés. Si Marie Linley Savriacooty a décrit la taille de ses agresseurs, elle a toutefois déclaré : ?Je ne peux reconnaître mes agresseurs.? Elle aurait été kidnappée à Rose-Hill et agressée sexuellement dans un champ de cannes près de Camp-de-Masque mardi dernier.
Les enquêteurs laissent entendre qu?on ne peut bousculer les choses, car Marie Linley Savriacooty est considérée comme victime dans cette affaire. Durant la journée de lundi, ces enquêteurs ont pris connaissance de la déposition du témoin Anil Goreeba.
Ils s?intéressent également à l?emploi du temps des proches des Savriacooty, dont les deux fils de Marie Linley, Richard et Warren Vallet, durant la journée du mardi 27 juin. Les limiers de la CID de Rose-Hill ont interrogé des commerçants des arcades Sunassee, Rose-Hill et des marchands ambulants. Personne n?a été témoin d?aucune scène d?enlèvement ou de violence à cet endroit, événement qui n?aurait pas pu passer inaperçu.
Un maximum d?informations
Jusqu?ici, les chauffeurs de taxi interrogés ont dit ne pas avoir véhiculé la victime jusqu?à Camp-de-Masque. Les enquêteurs continuent à recueillir des informations avant de confronter et de contre-interroger la victime.
Les limiers de la CCID, déclare un officier, ne veulent pas s?aventurer dans des hypothèses sans avoir au préalable obtenu le maximum d?informations. Si Marie Linley Savriacooty n?a pas voyagé en taxi ou en autobus, comment s?est-elle rendue à cet endroit, s?interrogent-ils. Après 16 heures, surtout à une heure de pointe, il est presque quasiment impossible de rallier Rose-Hill à Camp-de-Masque en une heure. Aurait-elle été transportée sur une motocyclette ? Cette thèse est plus plausible.
La police ne peut exiger que Marie Linley Savriacooty, étant victime, subisse des examens psychiatriques. Une requête peut être faite si elle est d?accord.
Stéphano Savriacooty, steward d?Air Mauritius, a repris son travail hier et a quitté le pays le soir.
Cette affaire a fait l?objet d?une question parlementaire du député Ajay Gunness, adressée au Premier ministre, Navin Ramgoolam. Après avoir fait le récit de cette affaire, le Premier ministre a déclaré avoir donné des instructions précises au commissaire de police pour que cette affaire soit traitée avec rigueur et professionnalisme.
Dev Manna : ?J?ai toujours clamé mon innocence?
Sous les applaudissements de ses proches, Seewoosagur Manna, alias Dev, a quitté le tribunal de Flacq après sa libération sous caution hier. Encore ému, il a déclaré : ?La vérité et la justice triompheront toujours. Je crois dans le système.? Incarcéré depuis cinq jours, il ne cachait pas sa joie après avoir retrouvé la liberté, aux côtés de son épouse Vanessa. ?J?ai toujours clamé mon innocence. C?est la première fois que j?étais aussi loin de ma famille.?
L?attente est longue au tribunal. Des proches de Dev Manna sont sur place depuis 9 heures. Vers 11 h 50, le suspect, accompagné du sergent Premduth Ramtohul et du policier Navin Kowlessur de la CID de Flacq, entre dans la salle d?audience.
Il est midi passé. Dev Manna, qui répond de deux accusations provisoires, séquestration et attentat à la pudeur, est appelé dans le box des accusés. Son homme de loi, Me Ritesh Sumputh, présente sa motion de remise en liberté sous caution devant le magistrat Vinesh Ragobur. Le sergent Yogendranath Mohun, Police Prosecutor, informe la cour que la police n?y a aucune objection. Le suspect, ajoute-t-il, a un casier judiciaire vierge. Le magistrat Ragobur fixe une caution de Rs 1 000 pour chaque accusation.
Me Sumputh présente une autre motion pour que les accusations provisoires qui pèsent sur son client soient rayées. Il soutient qu?il n?existe aucune preuve contre lui dans cette affaire. Cette motion sera entendue le jeudi 20 juillet.
Vijay Boodhooa, beau-père de Dev Manna, exprime sa colère que son gendre ait été privé de sa liberté pendant cinq jours. Il considère cette libération comme une victoire et attend maintenant que ces deux inculpations soient retirées. Pendant ces jours, dit Vijay Boodhooa, tous les membres de la famille ont vécu un traumatisme. ?Et maintenant, qui sont ceux qui vont être solidaires avec nous pour cette injustice ??
DESCENTE DES LIEUX
Marie Linley Savriacooty refait le parcours de son ?enlèvement?
12 h 45, hier. Point de rendez-vous : les District Headquarters? de Rose-Hill. Des enquêteurs du CCID et de la CID de Rose-Hill attendent l?équipe au complet pour la reconstitution des faits. Marie Linley Savriacooty et son époux Stéphano sont là.
Aux arcades Sunassee, à Rose-Hill, un déploiement policier est déjà en place. Les enquêteurs emmènent Marie Linley Savriacooty à proximité du magasin Hassamal sur la route Royale. Son époux l?avait déposée à cet endroit en voiture le mardi 27 juin à 15 h 55.
Elle explique aux hommes du surintendant de police Clifford Parsad, de l?inspecteur Clency Meeterjoye du CCID, de l?assistant surintendant de police, Mario Larue de la CID de Rose-Hill et de l?inspecteur Seedheeyan de la CID de Flacq l?endroit où elle se trouvait ce jour-là pour se rendre à un guichet automatique de la Barclays? Bank. Elle se serait rendue par la suite vers le magasin Hassamal. Elle serait passée dans le couloir menant aux arcades Sunassee. Elle dit avoir fait une halte dans un magasin de chaussures. Elle était toujours dans ce couloir lorsqu?elle aurait été accostée de dos par un individu qui lui aurait posé la main sur la bouche avec un morceau de tissu. Elle aurait ressenti une brûlure au nez et ne se souvient de rien.
Cet exercice s?était déroulé en présence du sergentSeeneevassen Pillay, photographe, et du constable Rungbahadoor, dessinateur de la police.
Ensuite, Stéphano Savriacooty a été conduit sur la route Royale pour indiquer aux enquêteurs l?endroit où il avait garé sa voiture. Mais ses explications diffèrent un peu. Son épouse a indiqué cet endroit trois mètres plus loin.
Marie Linley Savriacooty a par la suite été conduite à Camp-de-Masque, en bordure d?un champ de cannes, où l?Anti-Drug & Smuggling Unit de Moka-Flacq l?a retrouvée. La reconstitution n?a pu se faire vu qu?elle ne pouvait se souvenir exactement de l?endroit où elle était. Le chef inspecteur Doorgeshwar Ramgoolam, responsable de l?équipe qui a retrouvé Marie Linley Savriacooty, a indiqué à la police le lieu exact où la victime gisait ce jour-là, vers 17 h 15.
Puis cela a été le tour d?Anil Goreeba. Ce témoin affirme avoir vu Marie Linley Savriacooty marchant le long de la route Royale de Camp-de-Masque ce jour-là. Il était à bord de son véhicule avec son aide-chauffeur et roulait en direction de Flacq. Comme il connaissait Marie Linley Savriacooty, qui fréquente une assemblée de prière comme lui, il dit avoir fait demi-tour un peu plus loin. Cette fois-ci, la victime marchait à gauche de la route. Anil Goreeba a déclaré qu?il n?a pu s?arrêter tout de suite à cause des autres véhicules. Il s?est rendu à une station d?essence pour mettre de l?eau dans son radiateur avant de refaire la route. Mais Marie Linley Savriacooty était introuvable.
Publicité
Publicité
Les plus récents