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Jazz étincelle sous les étoiles
La Fondation Spectacles et Culture présente, ce soir, ainsi que le 13 novembre, la deuxième édition de Jazz sous les Etoiles, café concert. «C?est un rendez-vous annuel où l?on retrouve le Ten Piece mais aussi des artistes invités. C?est aussi l?objectif de la Fondation que d?encourager et découvrir les talents,» explique Françoise Lamusse, secrétaire de la FSC.
Les artistes du Ten Piece, on ne les présente plus. Christophe Bertin (batterie), Joevanie Bienvenu (trompette), Noel Jean (piano), Jena Noel Ladouce (saxo-tenor), Ludovic Matombe (saxo-tenor), Kersley Pitambar (contrebasse) Ricardo Télémaque (synthétiseur), José Thérèse (saxo-baryton), Philippe Thomas (trompette) et bien sûr Ernest Wiehe (saxo alto).L?une des invités de cette édition est la chanteuse Marie Luce Faron. Bien que timide et peu bavarde, ses yeux ne sauraient cacher la joie qu?elle éprouve de chanter du Jazz, accompagnée par un vrai band. «C?est un de mes rêves,» dit-elle.
«Jouer est difficile»</B>
«J?ai commencé dans le circuit hôtelier, à l?âge de 18 ans. Je ne faisais pas du tout de jazz. Mais à force d?écouter, Al Jarreau, Georges Benson, Billy Holliday j?ai fini par faire que du jazz dans les hôtels.
De plus, mon timbre de voix correspond au style piano-bar,» raconte Marie Luce. Par l?intermédiaire de plusieurs musiciens, Ernest Wiehe vient l?écouter un soir et, le jour même, la contacte pour le café-concert. Marie Luce sera aussi accompagnée par Clifford Boncoeur, avec qui elle travaille régulièrement. Guitariste autodidacte, Clifford a été influencé par les Mauriciens Eric Triton, Philippe Thomas et Steve Deville.
«Même pour jouer, c?est difficile. On ne déplace pas un orchestre de 10 musiciens aussi facilement. J?ai pu me déplacer à La Réunion pour jouer avec un pianiste originaire de Madagascar, Jeanot Rabeson. Il faudrait une plus grande coopération régionale. Mais même à Maurice on ne bouge pas beaucoup. Le Conservatoire ou la Fondation Arts et Culture, devrait s?occuper de toute la logistique, ce qui laisserait aux musiciens la liberté de s?occuper davantage de leur musique. Il y a eu aussi Dan Claffey, qui nous a vraiment aidés, et le Centre Culturel Charles Baudelaire,» explique Ernest Wiehe.
Le Ernest Wiehe Ten Piece Jazz Ensemble se produira au Café du Vieux Conseil à Port-Louis, aujourd?hui et le samedi 13 novembre. L?entrée est à Rs 250.
QUESTIONS A Ernest Wiehe
«C?est la première fois qu?un chanteur me motive pour écrire»
Le Ten Piece Jazz Ensemble revient sous les étoiles, que nous préparez-vous ?
Ce sera plus ou moins la même formule. Si ce n?est que nous serons accompagnés d?une chanteuse, Marie Luce Faron.
Rappelez-nous l?histoire de cet ensemble.
Le Ten Piece Jazz Ensemble joue depuis quatre ans. En 2000, Philippe Thomas venait de rentrer à Maurice et je lui avais proposé de faire un groupe de cuivres. Dans les dix jours qui ont suivi, j?ai rencontré pas mal de musiciens que je ne connaissais pas, tel que Jean Noel Ladouce, José Thérèse, Ludovic Matombé. On a fait des essais avec des arrangements déjà écrits et ça a marché. Depuis, l?orchestre tourne.
Allez-vous sortir un nouveau Cd ?
C?est un désir, autant qu?une désillusion. C?est le côté le plus ingrat. J?ai beaucoup investi dans le premier disque mais c?est plus une carte de visite qu?un produit. Il y a une mauvaise distribution. C?était plus un objectif pour rester vivant, sinon, l?orchestre était fini. Il fallait un prétexte pour continuer les répétitions et pour aller vers quelque chose d?un plus haut niveau.
Vous serez accompagnés de la chanteuse Marie Luce Faron, comment l?avez-vous découverte ?
Des musiciens, dont Philippe Thomas, avaient entendu Marie Luce et m?ont parlé d?elle. J?ai donc été l?écouter. Elle est très musicale, elle réunit beaucoup de choses, la voix, le phrasé, le répertoire. Je lui ai parlé du projet de chanter avec l?Ensemble. Entre-temps, la Fondation a refait surface et j?ai trouvé là l?occasion de la présenter au public mauricien, de la mettre en valeur.
Tout cela s?est fait très vite, en à peine deux mois. Je suis allé la voir pour la tonalité et faire une liste de morceaux. Ensuite je me suis mis à table et j?ai écrit et adapté les morceaux. Nous avons fait quatre répétitions. Elle est très confortable dans la musique. Elle sait prendre des libertés par rapport à la mélodie. Et elle a le timbre de voix d?une chanteuse de jazz combiné avec son phrasé naturel.
Qu?est-ce qu?une voix apporte à un ensemble instrumental ?
Il faut que l?écriture soit en fonction de la chanteuse. La partie instrumentale est complémentaire. Et c?est une joie de pouvoir faire de beaux standards. Notre répertoire s?enrichi. C?est la première fois qu?un chanteur me motive pour écrire.
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