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James Viramalay : Le retour aux sources

5 mai 2007, 20:00

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James Viramalay : Le retour aux sources

Après 33 ans passés en Espagne, James Viramalay revient sur son île natale pour s?y installer. Mais n?allez pas croire qu?il compte couler des jours tranquilles de retraité ! Non, James n?est pas de cette trempe-là. Il y a des hommes qui ne peuvent se résoudre à l?inactivité, non pas par ambition, mais car c?est leur nature même. Si comme beaucoup ce nom vous est inconnu, sachez qu?il ne le restera pas pour longtemps.

James exporte des meubles fabriqués en Espagne depuis 15 ans. Ses clients sont parfois célèbres, souvent riches et veulent ce qu?il y a de mieux pour leur maison. Parmi ses clients on retrouve le frère de Ben Laden ou encore le roi Farad d?Arabie Saoudite. Le marché russe est l?une de ses dernières conquêtes de l?Est, car les nouveaux riches de l?ex-URSS n?hésitent pas à montrer qu?ils ont les moyens de se payer le meilleur. Et c?est bien cela que vend James Viramalay : du luxe pour meubler vos maisons. Il s?attaque aujourd?hui au marché mauricien.

Un globe-trotter haut de gamme

Né à à Plaine-Verte, en 1939, James Viramalay garde le souvenir d?une enfance heureuse près du cinéma Baroda. À 21 ans il rencontre Méryl, « une femme courageuse, une merveilleuse épouse, une bonne mère », selon James. Lorsqu?il travaillait à l?Imprimerie de Maurice Poisson, à Vacoas, il était loin de se douter de la vie qui l?attendait. C?est en 1974, qu?une rencontre bouscule le train-train quotidien des Viramalay.

Un Espagnol, en vacances à Maurice, une amitié et voilà James qui se laisse embarquer par le rêve occidental. L?Espagne n?est alors qu?un tremplin pour la France ou l?Angleterre, mais c?était sans compter l?accueil et la bienveillance du peuple ibérique. James trouve un emploi seulement un mois après son arrivée, malgré la barrière de la langue et le pays alors sous la dictature de Franco. La tolérance des Espagnols et l?aide que lui a apportée un employé de la Chambre de commerce de Madrid, le conduisent à un poste d?Import Clerk de produits sanitaires et hospitaliers.

Ses enfants intègrent une école espagnole, alors que cette langue leur est totalement inconnue. Les débuts sont évidemment durs et pour encourager ses enfants à pratiquer aussi cet anglais qui lui est si utile dans son travail, il leur donne des cours en invitant quelques camarades de classe. En voyant l?engouement créé par ses leçons d?anglais, il décide de gagner quelques sous après les heures de bureau. Ces heures supplémentaires de travail qui l?ont souvent gardé éveillé jusqu?à une heure du matin, lui ont aussi permis de perfectionner son espagnol et d?offrir une vie décente à sa famille.

Après trois ans de dur labeur, le voilà maintenant sur le marché international comme vendeur de produits de laboratoires. Il entre en contact avec des clients arabes et c?est ainsi qu?il commence à exporter des matériaux de construction pour les hôpitaux. Le boom de la construction en Arabie Saoudite donne des ailes à James, qui se lance alors dans la vente d?ameublements et de produits du bâtiment avec un collègue spécialisé. Il commence à voyager de plus en plus, jusqu?à passer parfois 250 jours par an dans les pays arabes.

Mais ce globe-trotter haut de gamme n?est pas resté dans les milieux huppés des grandes villes. Il en a profité pour visiter et découvrir les cultures et l?homme de la rue. Ainsi au Japon, il se revoit en train d?expliquer à un client comment faire pour dormir dans un lit. « J?avais un atelier de travail à l?Eurochambre du Japon. Dans certains villages reculés, ils n?avaient jamais vu un lit de leur vie. J?aime découvrir ces différences culturelles et là-bas, même les petits villages sont différents? »

Cependant, ces dépaysements ne sont pas toujours cocasses. « J?ai eu vraiment peur une fois. Pas très loin de Djedda, je me suis retrouvé dans une petite ville où j?allais rencontrer un client. En route, j?ai heurté un garçon de 12 ans qui conduisait une voiture. Heureusement, ce client était un colonel de l?armée et lorsque je suis arrivé au poste de police, je l?ai appelé pour lui dire où j?étais. Un expert de la police est venu constater les faits et à cette époque-là, la règle était que l?étranger avait toujours tort. Et dans ces prisons, on sait quand on rentre mais on ne sait jamais si on va ressortir. Par chance, le colonel est venu me chercher et a arrangé les choses. Je n?ai eu qu?à payer pour les dégâts, même si je n?étais pas en faute. »

James a frôlé de près quelques mésaventures et des années plus tard, il en rit. « Je ne disais jamais à ma femme quand j?allais revenir exactement. Comme ça, au moins, elle n?était pas trop inquiète. Si je lui donnais une date précise et que j?avais du retard, elle pouvait téléphoner partout, surtout lorsque je me trouvais dans des pays où la sécurité était précaire », raconte James Viramalay.

Pour ce dernier, retourner dans son pays est devenu impératif lorsqu?il a perdu sa femme il y a six mois. Cette maison vide, remplie des souvenirs de sa bien-aimée et de son absence, rend le chagrin et le manque encore plus présents. Sa fille et ses deux fils sont aujourd?hui des adultes et volent de leurs propres ailes. James est même déjà grand-père ! Alors, il était temps de rentrer.

Matériaux précieux et minutie du travail

Et comme James Viramalay revenaient régulièrement en vacances à Maurice, il se tenait informé tous les jours, grâce à la presse écrite ou à la radio, de ce qui se passait dans l?île. Les grands projets immobiliers à Trianon ou à Beau-Champ sont l?occasion pour lui de faire connaître au public mauricien les créations des designers espagnols.

En visitant son appartement, on constate que le genre de meubles qu?il a exportés pendant tant d?années, est très varié. Du salon contemporain en cuir noir au bureau très British, il est évident que la qualité est remarquable et assez rare à Maurice. Confortables, matériaux précieux, minutie du détail : ces meubles-là ne risquent pas de s?effondrer à cause d?un malencontreux coup de pied.

Confiant, James Viramalay est enfin de retour chez lui et ramène au pays non seulement du mobilier, mais surtout une vie pleine de rencontres et d?aventures.

Kaline RAULT

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