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Italie : «Il Cavaliere» pense tenir sa revanche sur «Il Professore»

28 janvier 2008, 00:00

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Au moment de la chute de Romano Prodi, Silvio Berlusconi, magnat de la presse, propriétaire de club de football et play-boy , a avoué préparer son come-back politique.

Tel le phénix, le financier de 71 ans se voit bien à la présidence du Conseil, pour la troisième fois, afin de «sauver l?Italie» de la coalition de centre gauche sortante, composée selon lui de communistes et d?incompétents. «Il nous faut une élection le plus tôt possible parce que le pays a besoin de nous pour faire des choses importantes», a-t-il assuré après la démission de Prodi. L?alliance de centre-droit qu?il conduit est par ailleurs favorite dans les sondages.

Souvent objet de risée et de quolibets à l?étranger pour son style «bling bling» et ses saillies, «Berlu» reste un homme politique populaire dans la Péninsule, dont il est l?une des personnalités les plus influentes et la plus grosse fortune. «Il est unique, c?est une personne très humaine», assure Antonio Bandello, un étudiant qui attend son idole devant son hôtel particulier romain avec une vingtaine d?autres de groupies.

Fidèle au style d?«homme proche du peuple» qu?il cultive, le magnat des médias a célébré la chute de son rival au Sénat jeudi dernier en dégustant une pizza et une crème glacée. «Il a du charme, il a du style. C?est un style et un humour de VRP, mais cela plaît à certains», analyse James Walston, professeur de science politique à l?université américaine de Rome.

Tout en y goûtant ostensiblement et sans entrave, l?homme affecte de trouver le pouvoir pesant. «Je ne suis pas le Jésus-Christ de la politique», s?est-il un jour exclamé. Mais il ne se déprécie pas pour autant. Il s?est un jour classé second, juste après Napoléon Ier, dans l?ordre des personnages qui ont marqué l?histoire politique de l?Europe. «Mais je suis physiquement plus grand», a-t-il plaisanté.

Lors de son dernier passage au pouvoir, il a provoqué un mini-incident diplomatique en laissant entendre qu?il avait séduit la présidente finlandaise Tarja Halonen afin de gagner son soutien à la candidature de l?Italie pour abriter le siège de l?Agence européenne de sécurité alimentaire. «J?ai dû recourir à toute ma panoplie de play-boy, que j?avais un peu délaissée ces derniers temps.»

Outre ses talents de boute-en-train, ses partisans admirent son image de self-made man. Dans un pays où la réussite repose souvent sur des relations haut placées, Berlusconi a bâti sa fortune de ses propres mains, d?abord dans l?immobilier, puis dans l?audiovisuel. Il possède aujourd?hui Mediaset, le premier empire de presse d?Italie.

Au début de la décennie 1990, il a fondé Forza Italia, un parti de centre droit qui a rapidement comblé le vide laissé par l?implosion de la jadis toute puissante Démocratie chrétienne. Ses détracteurs affirment qu?il a consacré son premier passage à la présidence du Conseil, en 1994, à mettre en place un filet de protection légale contre toute poursuite à son encontre et à consolider ses intérêts financiers.

Lorsqu?il a accédé pour la seconde fois à la tête du gouvernement, en 2001, il est devenu le premier président du Conseil d?après-guerre à achever son mandat dans un pays notoirement handicapé par l?instabilité politique. Au terme de cinq ans de stagnation économique, il a dû céder la place à Prodi après avoir été battu d?un cheveu aux élections de 2006, une défaite qu?il n?a jamais digérée.

Il a formellement dissous la Maison des libertés, la coalition formée par Forza Italia avec les anciens néo-fascistes d?Alliance nationale, les séparatistes de la Ligue du Nord et des centristes de tendance chrétienne démocrate.

Mais il est probable qu?il va faire appel aux mêmes partenaires pour tenter de remporter les prochaines élections et retrouver sur la scène politique la première place qu?il considère comme lui étant due. Le clinquant «Cavaliere» tiendrait là sa dernière revanche sur le terme «Professore» Prodi, un homme plus à l?aise à vélo sur une route de campagne que sur un yacht de luxe croisant en Méditerranée.

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