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Issa Asgarally cisèle l?histoire du livre
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Issa Asgarally cisèle l?histoire du livre
Histoire de cerner le livre en quarante pages. Court, simple, précis mais qui laisse songeur. Issa Asgarally a lancé la semaine dernière Une brève histoire du Livre à la Bibliothèque nationale. Un ouvrage qui retrace l?histoire du livre, des débuts de l?écriture en Mésopotamie jusqu?à l?émergence du livre électronique.
Au départ, elle était cunéiforme, l?écriture en Mésopotamie, 3000 ans avant notre ère. L?auteur explique que cette forme d?écriture ?en forme de clous et de coins? s?effectuait sur des tablettes d?argile. D?emblée, Issa Asgarally laisse pressentir que tout ira très vite.
Le livre a connu beaucoup de ces supports. Des feuilles de papyrus en Egypte au 3e millénaire avant Jésus-Christ. S?ensuit le codex, ?assemblage de cahiers cousus ensemble?. Le recto verso s?invitant avec cette nouvelle formule. Le livre prenait vite l?aspect d?un parchemin durant le 2e et 4e siècle. L?auteur retrace ce moment où les gens de l?époque se sont pris de passion pour la ?lecture silencieuse?.
La part belle aux explications nous conduit très loin, dans les contrées de Chine où le papier naquit de différentes plantes. Ou encore, celle de l?Inde, qui privilégiait des supports tels que des morceaux de bambou, voire de métaux pour entreposer des mots.
Il se voulait ?modeste et grand public?, Issa Asgarally nous démontre ici, une aisance déconcertante. Il parvient à dresser tout l?histoire du livre en un bref résumé tout à fait admirable. Il épure simplement la période de Gutenberg, inventeur de l?imprimerie en 1452. Fouillant dans la ville de Mayence, en Allemagne, l?auteur nous plonge dans le monde de la découverte.
Dans tout ce fouillis explicatif, le lecteur se laisse aller à une profonde réflexion. Issa Asgarally prend soudainement position quant à l?e-Book. ?L?ayant utilisé au Salon, je prévois son échec.? Il revient au galop et affirme que le livre électronique, présenté en 2001 au Salon du Livre à Paris, ne fera pas long feu. Il explique : ?S?il se prête plutôt bien à la lecture d?un livre sur l?économie, il était absurde de lire sur écran le roman La Montagne de l?âme du Prix Nobel, Qao Xin Jian. Le support papier est ici mille fois préférable.? Opinion qu?il appuie par des déclarations multiples.
?L?e-book, explique-t-il, est utilisé pour les dictionnaires, mais pas pour des romans. Même Bill Gates avoue qu?au-delà de cinq pages, il préfère tout imprimer et lire de la page. Je ne vois pas la disparition du livre?? Peut-être pas sa disparition, mais il existera selon l?auteur, ?une co-existence de supports?. Que ce soit par voie de manuscrit, de l?imprimé et du texte électronique, le livre se lira par divers procédés mais ne disparaîtra certes pas.
Il fait une brève esquisse de l?avenir du livre et parle des quelques dangers qui menacent son existence du livre. Mais il prévient : ?Il faut distinguer entre les faux dangers et ceux qui sont bien réels?. Le faux danger viendrait de la communication visuelle, notamment à travers la télévision. Autre faux danger : l?ordinateur. Le ton se raffermit. Malgré toutes les fausses croyances, l?écrivain annonce que ?l?ordinateur ramène les gens vers la lecture imprimé?. En résumé : ce n?est qu?une fausse présomption de croire que l?ordinateur distillera l?intérêt pour les livres.
Le problème du stockage
Cependant, les livres possèdent désormais une ?durée de vie?. Il existe tellement de nouveaux livres que les librairies n?ont plus vraiment le temps d?accorder la même importance à toutes les publications. ?La France publie chaque année au moins 24 000 livres, déclare Issa Asgarally. Et l?Amérique, 42 000 ! Il y a des retombées négatives. Les livres sont exposés sur une courte durée en vitrine. Le suivant viendra vite le remplacer.? Le temps d?exposition des livres, diminue de plus en plus.
Le stockage des livres pose aussi problème. Issa Asgarally relate quelques propos de Jean-Marie Leclézio qui lui confiait que le livre ?dévore son espace?. Où les placer tous ces livres qui s?accumulent ? Ils sont certes chers, mais face à un manque de place, ils deviennent une ?menace?. La naissance de cette anticipation de l?avenir du livre date de décembre 1999. Pour un supplément spécial de l?express, Issa Asgarally avait imaginé le livre dans 100 ans. ?C?est une continuation de cet article?, explique-t-il.
Une brève histoire du Livre s?ouvre aux nouvelles formules de lecture. Au départ, la lecture s?effectue lentement, tant le contenu d?explications est dense. Mais passé l?après Gutenberg, le ton devient plus entraînant. Le lecteur se glisse avec volupté entre les lignes et en ressort avec de nouvelles idées à soupeser. Le livret se vend à Rs 50 seulement.
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