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Isoraka, le “Montmartre” de Tana
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Isoraka, le “Montmartre” de Tana
À Isoraka, restaurants et bars se remarquent dans chaque rue. Des spécialités créoles aux mexicaines, en passant par les cuisines européennes, et même à des villes comme Périgueux, les plats sont très diversifiés. Même chose pour les boissons. Cela permet aux habitués et aux clients de passage d’avoir un large choix et de fréquenter celui qui peut satisfaire leurs goûts. Outre ces plats variés, chaque gérant s’efforce de rehausser l’originalité de son établissement par un décor très spécial.
L’Indigo, avec sa cuisine tex-mex, c’est-à-dire une fusion de plats américains et mexicains – propose à ses clients des plats très typiques. C’est d’autant plus remarquable que la propriétaire, également chef cuisinier, est une Algérienne.
L’yucatan – assortiment de guacamole et de quesadillas au fromage – accompagné de bâtonnets de mozarella et du poulet, le tout avec de la salade de maïs ; les tortillas à garnir avec de la viande de poulet, de bœuf, ou des crevettes, assaisonné de fromage râpé, de salsa, de guacamole, de la crème fraîche, de poivrons et de la salade ; les gambas tequila, crevettes panées, marinées dans une sauce à base de tequila et de vin blanc... Tous ces plats sont fortement appréciés par les habitués de l’Indigo.
“Les plats mexicains sont généralement à base de haricots, de maïs et sont épicés”, signale Rojo Andriamampiandry, responsable du restaurant.
Cependant, pour ne pas décevoir les autres goûts, il offre également des plats conçus à partir de spécialités de nombreux pays, qu’il regroupe sous l’appellation “Cuisine du monde”.
Chez Sucett’s, lui, se spécialise en cuisine créole. Canard aux olives à la créole, Massalé cabri ou Cari ti-jacque au boucané..., ses plats sont toujours bien relevés. La salle, décorée avec des photos anciennes d’Antananarivo (jardin d’Andohalo, Antsahavola, avenue de l’Indépendance), offre un cadre favorisant l’appétit.
Alliance de la modernité et du cadre traditionnel. Un peu plus loin, se trouve La Boussole qui est davantage connue comme brasserie et “art café”. Cette dernière particularité s’explique par le fait “que, dans notre établissement, situé au cœur de la ville, se tient toujours une vente-exposition de tableaux, œuvres de peintres malgaches ou étrangers”, explique Paul Roger, son chef cuisinier.
Le caïpirina, cocktail de vieux rhum, citron et glace, spécialité du bar, se boit au son des airs de jazz ou de funk, créant ainsi une ambiance très conviviale. Entre-temps, les serveurs se faufilent un peu partout pour proposer les spécialités de la brasserie, telles que le carpaccio, le tournedos de zébu, le foie gras... Les consommateurs peuvent savourer les plats à l’intérieur de la maison de style traditionnel mais rénovée ; ou sur la terrasse où ils peuvent se prélasser à l’ombre de grands parasols. Comme le souligne Paul Roger, “c’est l’alliance de la modernité avec un cadre typiquement malgache”.
“Un dynamisme très spécifique”</B>
À quelques pas de là, se situe Le Sud. Son propriétaire et celui de la Boussole sont associés dans la gérance des deux restaurants. Son appellation s’explique par un décor qui étale la nature du Sud malgache : les rocailles, les plantes endémiques ou non, à longues épines, mais aussi les “aloalo” volontairement inclinés pour reproduire la réalité dans cette région, quand ceux-ci, déposés sur les tombeaux, sont poussés par le vent.
Un dynamisme spécifique</B>
Les tables sont en pierres sculptées, à motif de bucranes, sur lesquelles différentes sortes de grillades (zébu, côte, poulet rôti), spécialités de la maison, sont servies accompagnées de vins français célèbres.“Pour satisfaire nos clients, nous organisons tous les vendredis soirs un concert”, indique Florent Girardin, manager du restaurant.
Derrière Le Sud, on découvre le Kudéta. “C’est un jeu de mots, très efficace comme approche commerciale”, estime Christian Aubry, son gérant propriétaire. Auparavant, il a dirigé La Boussole, qui a été le premier restaurant ouvert dans le quartier.
Kudéta propose des plats européens, mais aux saveurs de l’océan Indien. Quant au bar, il est réputé pour son “ti punch”, cocktail de rhum, citron vert et sucre, et pour son “caïpirowska”, un autre à base de vodka.
“J’ai une affection particulière pour Isoraka, car j’y ai passé ma jeunesse. Quand j’étais étudiant, j’ai été pensionnaire à la Maison de la Réunion”, se rappelle Christian Aubry. “C’est pourquoi j’ai créé dans ce quartier une boutique spécialisée en produits artisanaux locaux, dénommée Kudéta shop”, poursuit-il.
“Notre établissement est équipé d’un système wi-fi, permettant aux clients d’accéder à l’Internet”, souligne-t-il.
Quant aux responsables du restaurant Rossini, créé en 2003, ils pensent qu’Isoraka est un des meilleurs emplacements commerciaux de la capitale. “L’existence de plusieurs restaurants ici crée un dynamisme très spécifique”, précise Franck Legrand.
Avec ses spécialités périgourdines, une région française qui valorise le canard et le foie gras, Rossini attire les nationaux et les résidents étrangers. Ces derniers constituent plus de 70 % de sa clientèle, et sont à majorité indienne. Vu la forte concurrence, chaque restaurant s’efforce de se démarquer au grand bonheur de la clientèle.
<I>L’Hebdo de Madagascar</I>
CAMPAGNE ÉLECTORALE
<B>Présidentielle : rush final à Tana</B>
Les principaux prétendants à la présidentielle projettent un grand raid à Tana le dernier jour de la campagne électorale, vendredi. La capitale sera prise d’assaut. Une victoire à Tana, qui tout en étant symbolique, reste un enjeu majeur.
Les états-majors politiques s’affairent pour clôturer les trois semaines de la campagne électorale. Chaque candidat peaufine sa stratégie pour convaincre les indécis avant le scrutin du 3 décembre.
La plupart des prétendants à la magistrature suprême opte pour la capitale, le plus gros réservoir d’électorat, pour boucler la boucle. Le candidat-président Marc Ravalomanana investira le stade de Mahamasina pour le dernier jour de la campagne, vendredi. Fidèle à son habitude, le staff de campagne de Marc Ravalomanana va mettre le paquet pour le rendez-vous. Concerts et discours vont rythmer la journée pour attirer la foule.
Le chef de l’État et ses partisans, regroupés au sein de la plate-forme Isika jiaby miaraka miasa amin-dRavalomanana (IMMR) comptent faire revivre les souvenirs de 2001. “Les événements à Mahamasina reviennent encore à l’esprit”, a rappelé Moxe Ramandimbilahatra, conseiller du président de la République, lundi, à Ankorondrano.
Le cortège animé des membres du Tim Fanabeazana, branche éducation du parti présidentiel Tiako i Madagasikara (Tim) dans la capitale, mardi, veut déjà donner un aperçu de l’état d’esprit que veut imprimer l’IMMR.
Le candidat Herizo Razafimahaleo choisit également Antananarivo pour clore sa campagne. Mais cette fois-ci, c’est dans la banlieue d’Antananarivo qu’il entend faire son “fara-doboka”. Son équipe mise aussi sur l’ambiance festive pour terminer sa tournée de sensibilisation. Nathalie Rabe, directrice adjointe de campagne du candidat, parle d’un carnaval suivi d’un meeting à Sabotsy Namehana.
Avant cela, le fondateur du parti Leader Fanilo fera un crochet dans sa ville natale, à Ambositra. L’opérateur économique souhaite ainsi, montrer, une fois de plus, la qualité de l’organisation de sa propagande pour convaincre l’opinion de son sérieux.
Drainer la foule</B>
Pour sa part, Norbert Lala Ratsirahonana mise sur une fin de campagne “studieuse”, selon le député Laurent Ramaroson, secrétaire général du parti Asa vita ifampitsarana (Avi). Aucune manifestation d’envergure n’est prévue pour la dernière journée.
“Nous appelons à une mobilisation générale pour sensibiliser l’opinion publique afin prévenir tout acte de fraude”, confie le président du groupe parlementaire Avi à l’Assemblée nationale.
Les autres candidats, à l’image de Roland Ratsiraka, hésitent encore sur la formule à retenir pour terminer la campagne sur une bonne note. Après trois semaines de campagne plutôt réussie, le cœur du maire de Toamasina balance encore entre sa ville, et Antananarivo.
“Nous nous pencherons sur la question. Jusqu’ici, aucune décision n’est encore prise”, a fait savoir Benjamina Ramarcel Ramanantsoa, directeur de campagne du candidat, lundi matin. En tout cas, le neveu de l’Amiral Ratsiraka, ancien président, a toujours réussi à drainer la foule dans ces deux localités.
Pour ce qui est des autres candidats, c’est encore le flou, entretenu ou non. “Jean Lahiniriko a déjà ficelé son programme”, assure Benja Urbain Andriantsizehana, directeur de communication adjoint du candidat.
AMBIANCE
<B>Ravalomanana vainqueur au premier tour ?</B>
■ Ce n’est pas qu’un slogan. Les partisans de Marc Ravalomanana croient réellement que leur candidat va gagner dès le premier tour. “Il est désormais une réalité que la victoire de Marc Ravalomanana sera acquise dès le premier tour”, souligne Moxe Ramandimbilahatra, président national du Teza et conseiller politique du président de la République, avec assurance, au cours d’un point de presse sur le bilan de la campagne organisée par l’Isika miara-miasa amin-dRavalomanana (IMMR), la plate-forme de soutien du candidat-président. À défaut de sondage fiable, les membres de la plate-forme basent leur conviction sur l’affluence des gens assistant au meeting du candidat et sur le nombre de localités qu’il a visitées pendant deux semaines de campagne. “Partout où notre candidat passe, il y a une affluence monstre”, précise Rajemison Rakotomaharo, président du Sénat. “Les images sont là pour le prouver”, poursuit Moxe Ramandimbilahatra, prenant à témoin les reportages diffusés sur la chaîne présidentielle MBS.
À les entendre, si les gens assistent au meeting, ce n’est pas pour voir de près Bodo ou Jerry Marcoss, les deux artistes qui sont de tous les déplacements de Marc Ravalomanana. Encore moins en raison des menaces ou des pressions, qu’ils pourraient subir des autorités et notables locaux inféodés au pouvoir, comme le pensent certains candidats.
“C’est vraiment par conviction”, estime Rajemison Rakotomaharo. “Sinon, ils n’auraient pas bravé le soleil à Toliara, la pluie dans le Vakinankaratra, les menaces à Toamasina ou à Fianarantsoa”, poursuit-il. Il voit même dans “cet engouement et cette confiance de la population”, ressentis par Moxe Ramandimbilahatra, une “réédition de la ferveur populaire de 2001”.
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