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Islam, 9 ans, recalé d?un jeu télé pour enfants à cause de son prénom

17 avril 2008, 20:00

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Islam, 9 ans, recalé d?un jeu télé pour enfants à cause de son prénom

Islam Alaouchiche, 9 ans, rêvait de participer au jeu télévisé «In Ze boîte» suivi chaque soir par 200 000 téléspectateurs de la chaîne pour enfants Gulli. Mais quand, après avoir été présélectionné, il s?est présenté, le 16 février, accompagné de sa mère, aux studios d?Angel Productions, les responsables du casting lui ont signifié que son prénom poserait problème.

«S?appeler Islam, pour un garçon, c?est comme porter un voile pour une fille», justifie la casteuse auprès de la mère du petit garçon, qui rapporte ces propos. «Il faut que vous compreniez que le nom de votre enfant fait référence à une religion que les Français n?aiment pas beaucoup. Cela pourrait choquer», renchérit son collègue. L?équipe propose alors à Islam de troquer son prénom trop «connoté» pour un autre prénom musulman, comme «Mohammed» ou «Sofiane», rapporte un article de l?hebdomadaire La Vie. Devant le refus d?Islam et de sa mère, Farah, la production promet de les rappeler mais les Alaouchiche comprennent que le petit garçon est indésirable sur le plateau de l?émission.

Discrimination

Chez Lagardère Active, dont Gulli et Angel productions sont des filiales, l?affaire est gênante. Les deux entités se sont d?abord renvoyé la balle, la casteuse de la société de production ayant affirmé suivre les consignes du responsable des programmes de la chaîne, tandis que chez Gulli, on se défausse sur Angel productions, niant toute responsabilité de la chaîne. De son côté, la société de production continue à nier la discrimination, même si la casteuse a reconnu sa maladresse.

Finalement, Arnaud Lagardère a personnellement présenté avant-hier ses excuses aux parents du jeune garçon et a «proposé au jeune Islam de venir comme candidat à une prochaine émission du jeu ?In ze boîte?». En outre, indique un communiqué de presse, Arnaud Lagardère «a demandé, ainsi que Didier Quillot, président de Lagardère Active, lance une enquête interne pour faire la lumière sur ces événements qui vont à l?encontre des valeurs défendues par le groupe et Gulli».

Mais l?affaire ne s?arrête pas là. Après sa mésaventure, Farah Alaouchiche s?était tournée vers les associations, estimant que son fils avait été discriminé. D?après le témoignage de Farah rapporté par La Vie et repris par Rue 89, à la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l?égalité, au Mouvement contre le racisme et pour l?amitié entre les peuples, même réponse : sans preuve, pas de plainte qui tienne la route, ce sera la parole de Gulli et d?Angel productions contre celle de Mme Alaouchiche.

Reçue par SOS Racisme, Mme Alaouchiche n?a pas apprécié l?accueil qui lui a été fait. Selon des propos reproduits dans La Vie, il lui aurait été dit «qu?il faut reconnaître qu?en France, Islam est un prénom difficile à porter». «On m?a même conseillé de conduire mon fils chez un psy !» a-t-elle ajouté.

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