Publicité
Irlande du Nord : accord entre protestants et catholiques
Par
Partager cet article
Irlande du Nord : accord entre protestants et catholiques
Dans six semaines, l?Irlande du Nord s?offrira un nouveau destin. Elle reprendra ses affaires en main, sous l?égide d?un gouvernement régional associant protestants et catholiques et dirigé par les ennemis jurés d?hier, le Parti unioniste démocrate (DUP) du révérend Ian Paisley et le Sinn Fein de Gerry Adams. Sauf improbable coup du sort, ce partage du pouvoir entre anciens extrémistes, naguère inconcevable, entrera en vigueur le mardi 8 mai.
Cette date s?inscrira aussitôt dans les livres d?histoire à Belfast dans la salle à manger du palais de Stormont, ainsi qu?une photo prise au siège du Parlement provincial. Sur ce cliché, figurent MM. Paisley et Adams, assis de chaque côté d?un coin de table. Ils viennent d?annoncer, dans deux brèves allocutions, l?accord scellé à l?issue d?une rencontre d?un peu moins d?une heure, où chacun était accompagné d?une délégation de onze personnes. Ils ne se serreront pas la main, geste symbolique encore prématuré aux yeux du vieux pasteur. Mais l?essentiel est fait : ils se sont parlé, pour la première fois, eux dont les regards toujours s?évitaient, et ils sont tombés d?accord pour gouverner ensemble.
Ce n?était pas tout à fait le scénario dont rêvait Tony Blair. Depuis les élections régionales du 7 mars, qui avaient vu le DUP et le Sinn Fein renforcer leur influence sur leurs communautés respectives en remportant 36 et 28 sièges ? sur un total de 108 ? à l?Assemblée de Belfast, le Premier ministre espérait que les deux principaux partis annonceraient dès lundi la formation d?un gouvernement partagé. Faute de cela, avait menacé Londres, l?Assemblée fraîchement élue serait aussitôt dissoute et la province à nouveau administrée par Londres, avec la coopération de Dublin, les salaires des députés étant suspendus sine die.
Ian Paisley ne l?a pas voulu ainsi. Après avoir dit non pendant des décennies à toute entente gouvernementale avec les catholiques, fussent-ils modérés, après avoir, depuis l?accord de Saint Andrews, en octobre 2006, émis un ?oui, peut-être? prometteur, le vieux pasteur calviniste a enfin dit oui. Mais ce oui sans conditions est assorti d?un ultime délai de six semaines. Londres a accepté sans trop barguigner ce nouveau retard en soulignant, à juste titre, la portée ?historique? de l?engagement pris par Ian Paisley. Après tout, depuis l?accord de paix de 1998, aucune grande échéance n?a été respectée. Pourtant, le processus n?a cessé de progresser en dépit de tous ces rendez-vous manqués.
<I>© Le Monde 2007
Distribué par
The New York Times Syndicate</I>
Publicité
Publicité
Les plus récents