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Inédits de Jacques Brel arnaque ou vérité
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Inédits de Jacques Brel arnaque ou vérité
Drôle de vingt-cinquième anniversaire. Les commémorations de la mort de Jacques Brel ont pris une tournure inhabituelle avec la sortie de cinq titres inédits du dernier album du chanteur mort le 9 octobre 1978.
Des chansons recherchées par les amateurs mais dont Brel avait explicitement demandé à sa famille, à ses compositeurs, arrangeur et producteur de ne jamais les publier.
«Brel aurait été furieux de ce genre d?exhumation,» a affirmé Eddie Barclay, ancien patron de la maison de disques qui édite ces cinq inédits.
Composées, selon Libération, pour son dernier disque, intitulé Brel mais rebaptisé par l?usage les Marquises, les chansons Mai 40, Avec élégance, Sans exigences, L?amour est mort et la Cathédrale, «n?avaient pas été jugées dignes de figurer sur un projet conçu à l?origine comme un double album. Publié à la mi-novembre 1977, ce disque dont Brel n?aimait pas la pochette, fut malgré tout un des plus gros succès réalisés par l?industrie du disque en France.»
JUTEUX MYSTÈRE
Le quotidien rapporte que chez Barclay, les chiffres de vente rendus public étaient extraordinaires, soit un million d?exemplaires enquelques semaines.
«Que le chiffre fût exagéré ou non, il a dû être atteint depuis par ce qui constitue un juteux mystère à double entrée. Sorti sans aucune promotion (pas d?interview, pas d?envoi radio avant la mise en vente), l?album suscite une curiosité alimentée par le retour d?un artiste qui s?était retiré dix ans plus tôt de la scène, en pleine gloire et par la rumeur qui court : Jacques Brel a un cancer.»
De son côté, Le Monde rapporte que la publication des chansons écartées a été autorisée par l?épouse de Brel, Miche et leur fille France,
co-responsables de la Fondation internationale Jacques-Brel, héritières et gestionnaires du patrimoine Brel. Elles ont insisté sur le fait qu?aucune «interdiction» de publication de ces cinq chansons n?existe. «Plus nuancés, les complices de Brel qui l?accompagnent sur cet album, le pianiste Gérard Jouannest et l?arrangeur François Rauber ont simplement demandé à la maison de disques de préciser que ces bandes étaient inachevées.»
Libération pose la question fondamentale : pourquoi dans ce cas, ont-ils donné leur autorisation après avoir résisté un quart de siècle ? Pascal Nègre, P-DG de Universal Music France détient peut-être la réponse. «Ces chansons étaient régulièrement diffusées à la Fondation Brel à Bruxelles. Dorénavant, ils sont mis à la disposition du plus grand nombre. Je ne vois rien de choquant à cela. Ils sont tels qu?ils étaient il y a plus de vingt-cinq ans. Rien n?a été changé.»
Quid de l?intérêt commercial d?Universal dans cette opération qui coïncide avec la sortie du double CD de succès Brel infiniment, de l?intégrale en 16 CD et du coffret de 3 DVD Comme on était beau ?
Pascal Nègre répond que les albums du chanteur s?écoulent avec régularité même vingt-cinq ans après sa mort. «La fondation Brel ainsi que certaines radios belges diffusaient déjà ces inédits, alors comment stopper leur diffusion ?»
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Brel, le droit de rêver
A Bruxelles, c?est l?année Brel. Depuis le 22 mars 2003, la Fondation Brel présente un exposition interactive dont le but est d? «offrir au visiteur l?impression qu?il devient, l?espace d?un moment, l?interlocuteur privilégié de Jacques Brel.» Ouverte jusqu?au 17 janvier 2004 au siège de la fondation Brel dans la capitale belge, cette exposition a pour titre Brel, le droit de rêver. Elle a pour philosophie, «Brel n?appartient à personne sauf peut-être à son public.»
Dans cet esprit, «pas un mot qui ne soit de lui. La voix de Brel accueille les visiteurs dès la première minute et reste la seule entendue pendant le parcours.» Le visiteur a l?occasion de découvrir des documents vidéo et audio ainsi que des bandes de travail peu connues. «Brel vous guide dans sa vie d?homme et d?artiste, sur le chemin de ses rêves en parcourant l?univers de ses chansons, dévoilant au passage, grâce à des documents inédits, fruit de 20 ans d?archivage, mille facettes de sa personnalité.»
L?exposition est réalisée sur la base de décors en trois dimensions. A la sortie du parcours, la Fondation Brel invite le visiteur à prolonger la balade dans différents locaux contigüs à l?exposition. Il pourra poser des questions directement à Jacques Brel grâce à un cyber espace.
A travers différentes interviews, le visiteur peut écouter Brel dans sa loge s?expliquer sur son souhait d?arrêter de chanter, de «chercher une autre forme de liberté.» Mieux, Brel le droit de rêver montre le chanteur répondant aux questions posées par le visiteur, de manière interactive.
Les dates importantes
Avril 1929 : naissance à Schaerbeek dans la banlieue de Bruxelles de Jacques Romain Georges Brel. Son père, Romain dirige une usine d?emballage.
Juin 1950 : Brel épouse Thérèse Michielsen dite Miche. Chantal leur première fille naît fin 1951.
Juillet 1953 : Sortie du premier 78 tours. Naissance de sa deuxième fille France. Brel part pour Paris.
Juillet 1955 : Brel s?installe à Paris avec femme et enfants. Il sort son premier 33 tours sous le label Philips.1957 : Sortie du deuxième 33 tours où figure Quand on a que l?amour, récompensée par le Grand Prix de l?Académie Charles Cros.
Août 1958 : Naissance de sa troisième fille Isabelle.
1959 : Sortie d?un quatrième disque, La valse à 1000 temps. Les tournées se succèdent à un rythme infernal.
Octobre 1961 : récital à l?Olympia où il est engagé pour remplacer Marlène Dietrich.
Mars 1962 : enregistrement de Le plat pays, hommage à son pays natal. En octobre, il crée sa maison d?édition, Arlequin qui deviendra les éditions Pouchenel.
1963 : Brel remonte sur la scène de l?Olympia avec Isabelle Aubret en première partie. Janvier 1964 : mort de son père, puis de sa mère en mars. Deux albums sortant dans l?année. Il crée Amsterdam à l?Olympia. Il obtient le Grand Prix national du disque en France.
1965 : Passage au Carnegie Hall à New York.
1966 : Le chanteur décide d?abandonner la chanson.
1967 : Brel chante pour la seconde fois au Carnegie Hall.
1967 : Il tourne dans le film d?André Cayatte, Les risques du métier.
1968 : Il crée L?Homme de la Manche à Bruxelles.
Eté 1969 : Tournage de Mon oncle Benjamin de Edouard Molinaro.
1971 : Tournage de Les assassins de l?ordre avec Marcel Carné. A la fin de l?année, il tourne L?aventure c?est l?aventure de Claude Lelouch. Sur le tournage aux Caraïbes, il rencontre la comédienne et danseuse Madly Bamy avec qui il partagera les dernières années de sa vie.
Juillet 72 : Brel tourne son deuxième film, Le Far West, à Bruxelles. Il sort pour le Festival de Cannes 1973. C?est l?échec total.
Début 1973 : Brel qui se sait malade rédige son testament et désigne Miche comme légataire universelle. En mai, il tourne L?emmerdeur d?Edouard Molinaro avec Lino Ventura.
Novembre 1974 : Brel est opéré du poumon à Bruxelles. Il souffre d?un cancer du poumon gauche très avancé.
1975 : Il s?installe aux Iles Marquises avec Madly.
Septembre 1977 : Brel enregistre son dernier disque qui sortira en novembre.
Octobre 1978 : Le chanteur meurt d?une embolie pulmonaire.
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