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Invité à Jérusalem, Bachar Al-Assad décline l?offre
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Invité à Jérusalem, Bachar Al-Assad décline l?offre
?J?invite le président syrien à venir à Jérusalem pour rencontrer les responsables (israéliens) et lancer des négociations sérieuses?, a déclaré Moshe Katsav, le président israélien, sur les ondes de Radio Israël.
A quoi Damas a répondu, par la voix de son ministre des Expatrités, Boussaïna Chaaban, cité par CNN : ?Nous avons besoin d?une réponse sérieuse, ce qui n?est pas le cas. Une réponse sérieuse c?est dire oui, nous sommes intéressés par la paix, nous voulons négocier(...)?.
Des négociations entre les deux pays, toujours théoriquement en état de guerre, ont échoué en 2000. La Syrie a, à la fin de l?année dernière, exhorté les Etats-Unis à relancer le dialogue entre Damas et les Israéliens.
Le ministre palestinien Saeb Erekat, commentant l?ouverture de Katsav sur la Syrie, a dit espérer qu?un dialogue éventuel entre Israël et Damas ne se fasse pas aux dépens des Palestiniens.
?Nous ne permettrons pas qu?une voie (vers la paix) soit obstruée par une autre?, a dit Erekat à la presse.
Katsav occupe une fonction essentiellement honorifique, mais sa démarche constitue le signe le plus fort d?une volonté existant en Israël de discuter avec les Syriens, depuis qu?Assad a lui-même évoqué en décembre une relance des négociations.
Katsav a lancé son invitation alors que le Premier ministre israélien, Ariel Sharon, s?est déclaré dimanche prêt à des négociations de paix avec la Syrie, à condition que Damas cesse tout soutien à des ?agents terroristes?. Les services d?Ariel Sharon n?ont pour l?heure pas réagi à l?invitation lancée par Katsav. On ignore pour l?instant si Katsav a adressé son invitation en bonne et due forme au président Assad.
On estime de source militaire israélienne que la Syrie ou ses alliés du Hezbollah ont partie liée avec pratiquement toutes les attaques menées par des activistes palestiniens contre des Israéliens et que la Syrie est déterminée à faire capoter toute initiative pour résoudre pacifiquement le conflit israélo-palestinien.
<B>Raid israélien près de Damas début octobre</B>
Selon Moshe Katsav, ?les intentions, le degré de sérieux et les motivations? à l?origine de l?appel du président syrien à renouer le dialogue avec Israël seront testés par des ?canaux secrets? avant toute rencontre à Jérusalem.
?Nous sommes très hésitants et avons de nombreux doutes quant aux intentions du président syrien(...). Ses motivations ne sont pas pures?, a dit Katsav à la radio. ?Mais je pense que nous devons examiner avec sérieux sa proposition?, a-t-il ajouté, en faisant allusion à l?offre de dialogue faite par Assad en décembre dans une interview au New York Times.
Katsav a réitéré les accusations lancées par des sources proches des services de sécurité israéliens, la semaine dernière, sur un projet d?envoi d?une aide syrienne aux sinistrés du séisme de Bam en Iran qui aurait pour contrepartie une livraison d?armes iraniennes au Hezbollah.
Début octobre, l?aviation israélienne a bombardé un objectif à proximité de Damas, en représailles à l?attentat suicide d?une Palestinienne qui a fait 19 morts à Haïfa dans le nord d?Israël. La Syrie avait alors dénoncé une ?grave escalade? et demandé une réunion d?urgence du Conseil de sécurité de l?Onu. Selon l?état-major israélien, les avions de combat ont frappé ?une base d?entraînement utilisée par des groupes terroristes, dont le Djihad islamique? qui avait revendiqué l?attentat contre le restaurant Maxim à Haïfa.
Les négociations bilatérales ont capoté en 2000 sur la question du retrait israélien du plateau du Golan, conquis en 1967 par l?armée israélienne et annexé en 1981. La Syrie veut récupérer la totalité du plateau, mais Israël juge ce territoire stratégiquement important pour le contrôle du lac de Tibériade, son plus grand réservoir d?eau douce.
Le quotidien israélien Maariv rapporte qu?Assad aurait proposé de renoncer au rivage du lac de Tibériade, assouplissant ainsi les conditions posées par la Syrie pour discuter de paix avec Israël, mais Israël, toujours selon ce journal, aurait rejeté la proposition.
Jeudi, le premier ministre palestinien, Ahmed Qoreï, avait brandi la solution d?un Etat binational englobant Israéliens et Palestiniens, où ces derniers seraient à terme majoritaires vu leur croissance démographique. Mais il réaffirmé dimanche que son option fondamentale demeurait la création de deux Etats, la Palestine et Israël, coexistant en paix. ?Si Israël veut construire la paix, il trouvera un partenaire palestinien pour une telle paix sur la base de deux Etats, l?un pour les Palestiniens, l?autre pour les Israéliens? a déclaré M. Qoreï à Kalkiliya, en Cisjordanie.
<B>Extrême-droite
Les colons juifs manifestent à Tel-Aviv</B>
La droite dure et les colons israéliens se sont découvert un nouvel adversaire : Ariel Sharon. Des dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblés dimanche soir à Tel-Aviv sur la place Yitzhak Rabin autour du slogan : «Israël ne reculera pas.» Objectif : faire pression sur le premier ministre pour empêcher un retrait unilatéral israélien en Cisjordanie et le démantèlement de quelques colonies isolées, évoqué récemment par Ariel Sharon. Pour étayer leurs attaques contre celui qui a longtemps été perçu comme le champion de la colonisation, les organisateurs devaient projeter sur grand écran des extraits de discours de Sharon dénonçant dans le passé ce genre de concessions. ?Il nous a encouragés pendant trente ans à nous installer sur les collines (de Cisjordanie) et maintenant le bulldozer (Sharon) veut nous évacuer de force?, s?indigne Yoshua Mor Yossef, un porte-parole des colons.
Gwen Ackerman
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