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?Investir dans les énergies renouvelables?
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?Investir dans les énergies renouvelables?
En tant que consultant en énergies renouvelables, pouvez-vous expliquer brièvement votre parcours en tant que spécialiste des questions d?énergie ?
Après mes études en Russie, j?ai pris emploi comme conférencier à l?Ecole de technologie industrielle à l?université de Maurice. J?ai aussi commencé à entreprendre des recherches appliquées dans le domaine des énergies renouvelables, comme sur les chauffe-eau solaire. En 1982, on m?a offert un poste au Secrétariat des Nations unies (NU) à New York, plus précisément au Département pour la coopération technique pour le développement. En 1989, j?ai été muté au Programme des Nations unies pour le développement.
J?ai fait installer, vers 1985, un aérogénérateur à Grand-Bassin d?environ 100 kilowatts, lequel était branché sur le réseau du Central Electricity Board (CEB). Cela faisait partie d?une mission des NU en vue d?étudier le potentiel de l?énergie éolienne à Maurice.
Je suis par ailleurs heureux de voir que les chauffes-eau solaires sont très prisés par les ménages mauriciens.
La source d?énergie renouvelable la plus utilisée ici est la bagasse, qui n?est pas un ?public goods? car il y a un coût à payer au producteur?
Il est tout à fait normal que les producteurs exigent un prix. L?industrie sucrière produit de la bagasse durant la période de coupe. Elle en utilise pour produire de la vapeur dont elle besoin pour fabriquer le sucre, mais en utilise aussi pour produire de l?électricité pour sa propre consommation et le réseau du CEB.
La bagasse est une ressource qui appartient aux propriétaires des usines. Aussi longtemps qu?il n?y a pas d?utilisation d?un matériel quelconque, on la jette. Cependant, dès qu?on commence à l?utiliser, il a un prix. Je ne pense pas que les sucreries accepteront de donner leur bagasse gratuitement. S?il y a de la bonne volonté, on peut toujours arriver à un arrangement au sujet du prix.
Dans le cas de la bagasse, il y a un accord entre l?Etat et l?industrie sucrière. Voyez-vous le secteur privé investir dans les recherches pour promouvoir d?autres formes d?énergies vertes ?
Il y a une dizaine d?années, j?avais fait venir des investisseurs européens à Maurice afin de voir dans quelle mesure ils pourraient monter un parc éolien. Ils pourraient ainsi négocier un Private Producer Agreement (PPA) avec le CEB.
Les autorités concernées ont argué que les éoliennes gâcheraient le paysage et le projet n?a pas connu de suite. Il y avait un projet pilote à Grand-Bassin. Pourquoi monter un projet pilote quand il n?y a aucune volonté de le réaliser sur une grande échelle. J?avais d?ailleurs fait comprendre aux responsables que c?était dommage qu?on ait gaspillé US$ 150 000 dans le projet de Grand-Bassin. L?expérience nous a coûté cher.
Pour attirer les investisseurs, il faut avoir des données fiables sur le potentiel éolien. A ce niveau, le service météorologique a un grand rôle à jouer. A partir de là, on peut commencer à intéresser les promoteurs. On peut imaginer un partenariat entre investisseurs locaux et étrangers.
Le gouvernement doit veiller à ce que les conditions soient réunies. Il faudrait encourager le secteur privé à investir dans les énergies renouvelables. Les autorités n?ont pas suffisamment de ressources pour investir dans ce type de projet. Le partenariat avec le privé se fait d?ailleurs à Maurice avec le concept de l?Independent Power Producers (IPP). La centrale de Belle-Vue en est un exemple concret. L?IPP produit de l?énergie et le vend au CEB, qui a l?exclusivité de la distribution de l?électricité dans le pays.
Quelle est la fiabilité de la technologie éolienne ?
C?est une source très fiable. En Europe, des pays tels l?Allemagne, l?Espagne, la Hollande et le Danemark, l?ont adoptée. C?est le cas aussi des Etats-Unis. Il y a dans ces pays des centaines de gigawatts éoliens installés.
Certains avancent l?argument selon lequel les éoliennes ne résisteraient pas aux vents cycloniques. Mais on peut toujours installer des mâts qui se basculent à l?approche des cyclones. De toute manière, je ne pense pas qu?on installera des milliers d?aérogénérateurs à Maurice.
La production de certaines technologies propres et ?energy-saving? implique elle-même des opérations à forte intensité d?énergie et qui sont nuisibles à l?environnement?
C?est un argument qui était va-lable auparavant parce qu?on ne possédait pas toutes les données. Aujourd?hui, lorsque nous faisons la balance énergétique, nous voyons que ce n?est pas vrai. Il y a quelques années, on évoquait le cas des solar cells, dont la production utilisait beaucoup plus d?énergie qu?ils étaient censés faire économiser.
Quelles sont les pers-pectives des énergies renouvelables à l?échelle pla-nétaire ?
Il n?y a rien à ce jour qui puisse remplacer le pétrole. Celui-ci est une source d?énergie facile à utiliser, par exemple dans le transport routier, aérien et maritime. Il est en outre très pratique à stocker. Il n?y a qu?à le mettre dans un réservoir. Essayez de stocker de l?énergie éolienne dans des batteries. Cela vous revient très cher et ce ne serait pas pratique.
Pour l?avenir, je vois déjà l?hydrogène comme une source d?énergie très importante. Certains petits avions volent déjà grâce à cette technique. On ne fabrique pas de l?hydrogène uniquement à partir de l?eau. Avec le méthane, on peut séparer l?hydrogène du carbone.
L?hydrogène est l?énergie de l?avenir, même si on continue à trouver de nouveaux gisements de pétrole. Mais ça prendra encore beaucoup de temps.
Propos recueillis par Akilesh ROOPUN
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