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Intérêts et fidélité
<B>Par Akilesh ROOPUN</B>
La Banque centrale a procédé, mercredi dernier, à une baisse du «repo rate» (le taux directeur du loyer de l?argent sur le marché) de 9,25 % à 9 %. Même si la décision était prise lors d?une réunion non programmée du «Monetary Policy Committee» (MPC), le marché était mûr pour un mouvement à la baisse des taux.
La Banque de Maurice (BoM) a d?abord voulu réduire le différentiel entre les taux à Maurice et ceux en vigueur dans les pays développés, notamment aux Etats-Unis et en Europe, où la tendance est à la baisse afin de contrer les effets d?un éventuel ralentissement économique.
Les autorités monétaires devraient aussi entretenir des requêtes de la part des exportateurs en faveur d?une roupie plus propice à leurs affaires.
Si cette baisse de 25 points de base n?aura pas un gros impact sur la valeur de la monnaie, par contre, elle allégera le coût de l?emprunt pour les industriels et les opérateurs en général.
La BoM ne peut pas baisser davantage ses taux, ayant aussi à combattre l?inflation. Les prix maintiennent leur cadence à la hausse même si le taux d?inflation montre des signes de léger recul. Le gouverneur de la BoM, Rundheersingh Bheenick, soutient toutefois qu?il ne faut pas compter uniquement sur la politique monétaire pour contenir la hausse des prix. Les fournisseurs et même les consommateurs sont parties prenantes de cette démarche.
Le gouverneur reproche aux importateurs, aux distributeurs et même aux consommateurs de ne pas jouer le jeu. Ils encourageraient même, d?une certaine manière, l?inflation importée à avoir des effets secondaires et tertiaires sur l?économie.
Beaucoup d?importateurs ne passent pas les gains exceptionnels sur le taux de change (en cas d?appréciation de la monnaie locale) aux revendeurs et aux consommateurs. De plus, en raison des failles au niveau de la concurrence, les fournisseurs ont encore trop de man?uvres pour déterminer les prix.
Plusieurs pays, dont la Chine, ont restauré, du moins temporairement, le contrôle des prix pour favoriser un allègement du coût de la vie. A Maurice, le gouvernement privilégie une concurrence saine. La loi sur la compétition a déjà été votée. Reste à la mettre en pratique et bâtir les institutions nécessaires, telle la «Competition Commission», pour veiller à l?application des règles.
Mais les opérateurs ne sont pas uniquement à blâmer. En effet, les consommateurs sont complices du dysfonctionnement du système. Les substituts aux produits chers sont disponibles, mais ne sont pas réellement utilisés par le consommateur mauricien moyen. L?attachement aux marques est tenace. Dans certains cas, il est justifié ; dans d?autres, tout à fait déplacé, compte tenu de la cherté de la vie.
Les opportunités de faire des économies existent.
La gamme de biens et de services et les sources d?approvisionnement se sont considérablement élargies au fil des années. Il suffit aux Mauriciens de faire un effort ? psychologique surtout ? pour réajuster leurs habitudes de consommation.
Le combat contre la vie chère est, avant tout, le combat du consommateur. La fidélité n?a de sens que lorsqu?elle apporte un confort à l?acheteur. Non pas lorsqu?elle contribue à sa déprime.
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