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Intérêts convergents

21 octobre 2008, 00:00

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Par Raj MEETARBHAN

Le dossier de la réforme électorale sera abordé en priorité par le Premier ministre à son retour au pays, probablement jeudi. Des indications claires existent sur son intention de procéder, avant la reprise des travaux du Parlement, à la phase de consultation des partis politiques autour de la question.

Navin Ramgoolam ne veut pas perdre de temps. D?autant plus que le jugement du Conseil privé pourrait précipiter les échéances et provoquer des élections anticipées. Il semble que très vite après les consultations, il présentera un amendement constitutionnel. Devant sa diligence annoncée, on peut se demander quel est le but que le Premier ministre cherche à atteindre à travers un nouveau système électoral.

Rama Sithanen peut avancer des explications doctes et complexes sur les avantages d?un système électoral mixte. Il soutiendra que la proportionnelle garantit une représentativité équitable et que le scrutin majoritaire permet la formation d?un gouvernement stable. Mais, bien entendu, ces facteurs ne sont pas ceux qui motivent son leader.

Navin Ramgoolam, comme n?importe lequel des politiciens classiques, est avant tout soucieux de remporter les élections. Il n?aurait pas cherché à modifier le mode de scrutin s?il n?y trouvait pas un intérêt électoraliste.

Le système électoral mixte, tel qu?il est proposé par tous, favorise les alliances postélectorales. L?accord entre partenaires se conclut alors après les élections, pas avant. En vérité, une réforme qui injecte une dose de proportionnelle tout en maintenant les 60 sièges alloués selon le scrutin majoritaire, doit permettre au PTr d?affronter les prochaines législatives dans de bonnes conditions. Le nouveau système encouragera le MMM à se présenter seul et brisera la dynamique naissante d?une alliance MMM-MSM. Cela offre au PTr des perspectives de rester au pouvoir, quitte à devoir le partager après les élections.

Le MMM, également, y trouvera son compte. Sous le système actuel, il ne peut conclure une alliance avec le MSM sans se montrer très généreux. En l?absence d?une mesure objective de la force réelle de chaque parti, le MMM est contraint de céder aux demandes du MSM, même si elles sont élevées en termes d?investitures et de «Prime ministership». Avec une réforme qui favorise la formation d?alliances après les élections, chaque parti devra démontrer sa force avant de se mettre à la table de négociations.

Si le système mixte est adopté, il faut prévoir une lutte à trois. Les sièges de «First past the post» iront, dans ce cas, aux deux premières formations du pays. Le PTr raflera la mise dans les circonscriptions rurales tandis que le MMM dominera dans les villes. Le MSM bénéficiera, pour sa part, de sièges d?élus à la proportionnelle. Dans ce cas de figure, un rapprochement PTr-MMM serait envisageable.

Sur papier, rien ne s?oppose à une réforme du système électoral. Une situation gagnant-gagnant existe pour les deux partis qui ont les moyens constitutionnels de l?appliquer.

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