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Inquiétudes sucrières
La coupe 1979 sera belle. Elle est aussi pleine ! Bien qu?échaudés, les milieux sucriers manifestent une anxiété inhabituelle. Le secteur privé se sent acculé. Il ne peut plus reculer devant les dangers qui le menacent. Il lui faut faire face et défendre sa survie. L?épine dorsale de l?économie est encore la mieux armée pour contrer les nouvelles offensives contre la libre entreprise. Hervé Koenig, Antoine Harel et Serge Staub, respectivement président, vice-président et directeur de la MSPA, répondent aux questions de l?express.
Elle craint, par-dessus tout, les grèves pendant la récolte sucrière. Sa situation financière est précaire. Ce ne sont pas les épées de Damoclès (demandes syndicales devant le NRB, semaine de 40 heures) qui manquent. Le secteur public inquiète le secteur privé. Il peut l?entraîner à une faillite monumentale. L?indice des prix augmente par deux fois et demie de 1970 à 1979. Les dépenses gouvernementales augmentent par huit fois dans le même temps. Les revenus de l?Etat quintuplent. Tout comme le P.N.B. Ce dernier est, toutefois, gonflé par les salaires. Le gouvernement, la plus grosse affaire du pays, est dirigé en dépit du bon sens. Le secteur privé cherche la valorisation en toute chose. Le secteur public se contente volontiers de la désuétude. Dispendieux et inefficient, il comble ses déficits en pompant les finances du privé. L?Etat menace la sécurité de l?emploi.
Le sucre entame sa troisième année déficitaire consécutive, après les pertes de Rs 43,8 millions en 1977, de Rs 47 millions en 1978 et de Rs 93,8 millions en 1979. L?Etat s?empare de 13% (Rs 140 millions) des revenus sucriers avant même qu?ils ne parviennent aux producteurs. La taxe sur l?usinage lui rapporte Rs 15 millions. La MSPA perd Rs 74 millions en devant vendre la livre de sucre sur le marché local, entre 16 et 23 sous alors qu?elle lui en coûte Re 1.09. Le ratio 74/26 en faveur du planteur ne couvre pas les frais d?usinage et d?amortissement.
Quand le sucre est malade, les cannes descendent de la montagne. Autrement dit : ce n?est pas la peine de s?esquinter à planter la canne à flanc de montagne quand celle de la plaine enrichit l?Etat mais pas l?usinier.
A cela s?ajoutent les menaces socio-syndicales devant le NRB et sur la place publique. Sachant la coupe bonne et le travail abondant, les porte-parole de la main d??uvre font de la surenchère.
Le sucre voulait le vrac et le considère comme son enfant. L?Etat s?en approprie, contrôle son fonctionnement et son centre de décision. Le gouvernement travailliste le nationalise et ce, dans un contexte d?inefficience portuaire patent. Plus le secteur public est inefficace et davantage veut-il contrôler le privé dans ce qu?il a de plus efficace.
En dehors des inquiétudes sucrières, l?express, d?il y a 25 ans, note que Walter et Jagatsingh ratent le coche devant 8 000 personnes à Quatre-Bornes. Supportant mal les réparties hostiles de la foule, ils plient bagages au bout d?une heure de meeting, après avoir, à plusieurs reprises, qualifié leurs détracteurs d??assassins de la démocratie?. Faut dire, que la foule scande volontiers : ?Nous lé commission d?enquête !?
On note enfin une baisse appréciable, (entre 60 et 65%) du coût du fret aérien groupé au départ de Londres et de Paris. Il s?agit d?une initiative de Hill and Delamain (Mauritius) Ltd.
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