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Ingrid Blackburn Notre dame de Port-Louis

1 juillet 2006, 00:00

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« C?est comique » de parler à Ingrid Blackburn. Elle a un sourire dans la voix et dans les yeux. Normal puisque tout semble lui sourire. Le cinéma avec La Cathédrale, la danse moderne avec REM ...

C?est juste pour vous dire que la jeune demoiselle est talentueuse et semble à l?aise dans toutes les disciplines artistiques, sur une scène ou derrière une caméra, devant un public ou devant les élèves de son école de danse. Non seulement Ingrid Blackburn est une artiste accomplie mais elle a été en plus une reine de beauté. Pas la Miss Mauritius en question, mais la Miss préférée et plébiscitée par le public, en 1998.

Ingrid Blackburn, sous ses airs de jeune fille douce et sage, se révèle un feu sacré d?une grande sensibilité. Une force aux allures fragiles. Quand on l?écoute, tout semble presque naturel. Il lui suffit d?être attentive, travailleuse, dévouée. Beaucoup de qualités que peu de gens arrivent, non seulement à avoir mais aussi à associer.

Le rôle de Lina, dans le film La Cathédrale, semble avoir été écrit pour elle. « Elle est une petite folle, tête en l?air, elle est un mélange de tout et de rien. Ananda Devi avait dit que je ressemblais à la fille qu?elle avait vue et qui lui avait inspiré sa nouvelle. Mais je ne suis pas Lina.» L?histoire de Lina aurait pu être la sienne. « J?ai fait quelques défilés et j?ai travaillé avec des photographes étrangers, qui me proposaient de partir. Mais moi aussi je suis restée ».

Impressions de tournage

Ingrid est restée aussi sur des impressions du tournage. Pour sa première expérience au cinéma, tout s?est déroulé à merveille. Elle s?est présentée au casting sans grande conviction, poussée par Fareed Jangeer Khan.

« Le plus dur pour moi a été la scène de dispute avec la mère. C?est une scène forte et je n?avais pas cette force de caractère. On a refait la scène plusieurs fois et à la fin, j?ai presque craqué. La comédienne qui jouait ma mère a fini par pleurer en me disant que j?avais enfin trouvé le ton .» C?était il y a deux ans déjà, pour seulement deux semaines de travail durant lesquelles elle s?abandonnait au rôle de Lina. Deux semaines à «manger du glaçon râpé ».

Mais Ingrid Blackburn avait pourtant peur de voir le film. « Je m?attendais à être une catastrophe à l?écran. A la première image, j?avais honte. Et puis, j?ai été très étonnée. J?ai trouvé ce film une beauté. J?ai aimé ses couleurs, ses images ». L?actrice reçoit les félicitations du public avec modestie.

« Cela me fait très plaisir mais je ne réalise pas trop. Je ne prends pas les compliments pour moi mais pour toute l?équipe ».

Prochainement, la jeune femme dansera sur les planches pour le spectacle REM d?Antony Joseph. En ce moment, elle enchaîne des journées de dingue ou passionnée. Répétitions tous les matins, et cours de danse l?après-midi, dans son école, à Flic en Flac.

Au moins, ça la maintient en forme. Mais elle pense lever le pied. Quand on lui demande ce à quoi elle rêve aujourd?hui, elle répond : « Mon rêve ce serait de me consacrer un peu plus à ma vie privée, le temps passe. J?ai déjà 29 ans », dit-elle horrifiée et sarcastique.

Elle veut prendre une pose pour un autre genre de chef-d??uvre, fonder un foyer, devenir maman.

La Cathédrale oeuvre d?art

« Une ?uvre d?art est une perspective », a dit Christophe Vallée, professeur de philosophie, dans son introduction du film de Harrikrishna Anenden, La Cathédrale. Une perspective, un point de vue. Or, il dit aussi que la cathédrale est un point de vue. Si l?on suit, dans ce syllogisme, la logique du philosophe, La Cathédrale est une ?uvre d?art. Une ?uvre d?art projetée cette semaine dans les Jardins d?hiver du Centre Charles Baudelaire, devant un public de glaçons par ailleurs cinéphiles.

Heureusement que l??uvre, touchante, envoûtante, réchauffe le c?ur et l?esprit. Du grand art d?une grande tendresse. Reste à espérer que le glas ne sonne pas pour cette Cathédrale et que le film vive encore, pour d?autres regards.

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