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Inflation, déflation, instabilité

1 juin 2004, 20:00

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L?extrême volatilité qui caractérise actuellement les marchés financiers rend le travail des gestionnaires de portefeuille délicat. Hormis l?immobilier international et les actions locales, presque toutes les classes d?actifs ont subi des revers importants depuis début avril.

Cette accélération de l?instabilité puise ses origines dans quatre directions, qui s?entrecroisent. Premièrement, la principale économie mondiale, les Etats-Unis, est une économie dont la croissance est tributaire de la consommation de sa population. La conséquence est double : les ménages américains sont de plus en plus endettés (près de 80 % du PIB aujourd?hui contre 50 % il y a 20 ans) et ils ont besoin, pour assouvir leur frénésie d?achats, de taux d?intérêt très bas, voire de cadeaux réguliers du gouvernement via des baisses d?impôts.

En deuxième lieu, la dette américaine est entre les mains de non-Américains, notamment Chinois et Japonais. Cette demande pour le papier américain a permis de maintenir ces dernières années des taux d?intérêt raisonnablement modérés, compte tenu des déficits aux Etats-Unis. Si les Asiatiques décidaient de changer leur fusil d?épaule, quels taux les Américains devraient leur offrir pour accepter de financer leur déficit?

Troisièmement, l?instabilité géopolitique n?a jamais été aussi forte depuis la guerre froide. Il faut y ajouter la capacité de l?administration Bush à générer de l?antipathie, symbolisée par la Palme d?Or de Michael Moore à Cannes. Economiquement, nous constatons que les libertés se réduisent, comme en témoignent les négociations des organisations de libre-échange ou de l?OPEP qui finissent de plus en plus dans des impasses. Politiquement, les gouvernements sont ouvertement de plus en plus nationaux dans leurs discours et dans leurs actes, l?Europe des 25 étant une toute petite lueur d?espoir. Partout, on ne cherche plus à accroître la taille des gâteaux mais plutôt à les couper en tranches de plus en plus fines.

Enfin, nous l?avons déjà évoqué dans cette colonne, l?impact d?un éventuel ralentissement économique brutal en Chine et plus largement en Asie aurait des répercussions mondiales.

Les décisions d?investissement tournent donc aujourd?hui autour d?une ligne très fragile ayant d?un côté l?inflation et de l?autre la déflation :

? La Banque fédérale américaine, au contraire de son homologue britannique, attend l?ultime minute pour serrer la vis de l?inflation, en montant les taux d?intérêt : cette vis pourrait finir par lui échapper des mains; cela veut dire que les investissements en obligations à taux fixe sont à écarter mais, aussi, en cas de forte inflation, les actions ;

? Les risques de hausse de taux d?intérêt que nous venons de mentionner pourraient conduire les ménages américains à consommer beaucoup moins et précipiter ainsi l?économie mondiale vers la déflation, mauvaise pour les actions mais aussi pour les obligations.

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