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Infarctus : un plan pour protéger les proches parents des victimes

13 juin 2006, 00:00

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Les proches parents biologiques de ceux qui ont connu une mort subite, ou un infarctus, vers 45 ans doivent être dépistés et placés sous haute protection médicale, a préconisé hier le professeur Baligadoo. Dépistage, protection et suivi sont nécessaires pour éviter des accidents cardio et cérébro-vasculaires.

?Une étude menée par mon équipe, il y a quinze ans déjà, indiquait que le facteur génétique jouait un rôle prépondérant dans les infarctus du myocarde, car 87 % des jeunes victimes, âgées de moins de 45 ans, avaient un antécédent familial. Il faut un plan d?action pour protéger les frères et s?urs des jeunes adultes qui ont connu un infarctus ou une mort subite?, a notamment affirmé ce professeur en cardiologie de l?université de Paris.

Parlant du facteur génétique, le professeur (qui a aussi mené une partie de cette étude à Rodrigues) indique qu?il y a prépondérance au diabète, aux maladies et accidents cardiovasculaires chez les Mauriciens d?origine asiatique. Chez ceux d?origine africaine, l?hypertension et les accidents cérébro vasculaires prédominent. ?En 1990 déjà, j?ai observé que la mortalité par infarctus du myocarde était 2 à 3 fois plus importante à Maurice qu?aux Etats-Unis pour les hommes de 40 à 44 ans et pour les femmes de 55 à 60 ans. Nous avons en fait un taux de diabète très élevé, plus qu?en Amérique. Le diabète est aussi une maladie génétique, comme toutes les maladies qui apparaissent à un âge très jeune chez nombre de membres d?une même société?, dit-il.

Le professeur est d?avis qu?on ne peut plus attendre l?apparition de la maladie pour agir. Le facteur génétique étant confirmé, il préconise un plan d?action en amont : dépistage des parents biologiques de ceux qui ont un infarctus à moins de 60 ans ou qui ont connu une mort subite. ?Les parents, les frères et s?urs, doivent être dépistés pour déterminer leur taux de cholestérol, de diabète et d?hypertension. Si le cholestérol est élevé, il leur faut un soutien financier pour payer les coûts des statines (médicament pour baisser le cholestérol) alors qu?ils sont encore jeunes?, préconise le professeur. C?est le moyen dont on dispose actuellement pour prévenir les accidents cardio ou cérébro-vasculaires chez ces personnes. L?étude menée par le professeur Baligadoo, alors qu?il dirigeait le SSR Centre for Medical Research, portait sur les infarctus du sujet jeune (moins de 45 ans), les frères et s?urs des personnes décédées avant cet âge et les octogénaires sains. Elle avait révélé la prédominance du facteur génétique, avant même que les Etats-Unis et l?Europe n?arrivent à la même conclusion. Elle avait d?ailleurs valu au professeur un prix international.

Toutefois, les résultats de cette étude n?ont jamais été rendus publics à Maurice. La raison en est qu?un procès en diffamation était en cours, rendant son contenu sub judice (faisant partie d?une procédure devant le tribunal). Mais le jugement en faveur du professeur Baligadoo a été rendu récemment. Aussi, celui-ci compte maintenant reprendre l?étude, estimant que Maurice a perdu du temps, alors qu?elle avait de l?avance, avec une banque de données et d?ADN. Il y a eu aussi perte de l?argent investi par des organisations dans ce type de recherches .

Celles-ci ont déjà révélé trois gènes qui seraient responsables tant du fort taux de ?mauvais? cholestérol que de celui, moindre, de ?bon? cholestérol.

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