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Industrie : la fusion des agences de soutien

23 mars 2004, 20:00

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LE GOUVERNEMENT a décidé, vendredi dernier, d?aller de l?avant avec l?intégration des diverses institutions d?appoint au service de l?industrie, des petites et moyennes entreprises (PME) et de la zone franche.

Ainsi, l?Export Processing Zone Development Authority (EPZDA), la Mauritius Industrial Development Authority (MIDA), la Small and Medium Industries Development Organisation (SMIDO) et le Subex-M, seront refondus en une seule et unique organisation, la National Industrial Development Organisation (NIDO).

Un steering committee, présidé par Nikhil Treebhoohun, directeur du National Productivity and Competitiveness Council (NPCC), a été créé pour mener à bien ce projet.

La décision du gouvernement s?appuie sur un rapport du Commonwealth Secretariat rédigé par le consultant Lorne Dyke. Ce dernier est catégorique, le temps est venu pour des changements, que ce soit au niveau des agences mentionnées qu?au niveau du système lui-même.

?Il y a une pléthore d?agents étatiques actifs dans l?économie; quelques- uns sont en compétition avec le secteur privé, d?autres sont sous-financés ou sans une vision claire de leurs objectifs?, soutient Lorne Dyke.

Services-conseil

Dans son rapport, le consultant se livre à une analyse critique des différentes institutions existantes. La performance de certaines institutions telles que l?EPZDA est partiellement bonne. D?autres, comme la MIDA, doivent entièrement être repensées. En fait, toutes les institutions concernées comportent des faiblesses. Les ressources dont elles disposent sont souvent mal utilisées car il y a certaines tâches et fonctions qui se chevauchent.

Créée en 1991, l?EPZDA a pour vocation d?apporter un soutien technique, technologique et d?expertise à la zone franche et plus particulièrement à l?industrie du textile-habillement. Le rapport reconnaît que l?EPZDA a su développer des capacités et compétences, notamment dans l?assistance technique dans le domaine de la productivité et du développement du design.

En revanche, si l?initiative de lancer une plate-forme pour le commerce électronique est fort louable, elle ne tombe pas sous le mandat de l?institution, estime Lorne Dyke.

De même, le consultant a du mal à comprendre pourquoi l?EPZDA ne compte qu?une centaine de membres, ce qui lui semble être une ?petite clientèle?. Toutefois, l?EPZDA entreprend aussi des projets sur commande du ministère de tutelle ou selon l?évolution du marché, concède Lorne Dyke.

Certaines activités de l?EPZDA génèrent des revenus ? Rs 4 millions au cours du précédent exercice ? mais malgré les dons de l?étranger et l?enveloppe gouvernementale de Rs 20 millions, l?EPZDA a enregistré un déficit de près de Rs 12 millions en 2002-2003.

Le rapport du Commonwealth Secretariat trouve que les salaires engouffrent 65 % du budget de l?institution, mais cela peut s?expliquer par le fait qu?elle est engagée dans le service-conseil. Les dépenses sur les véhicules sont élevées tandis que les conférences, séminaires et services-conseil paraissent ?relativement modestes?, note le rapport.

Le rapport relève aussi les faiblesses de la MIDA. ?Depuis que cette institution a perdu son rôle dans la recherche de l?investissement, elle apparaît avoir perdu sa voie?, soutien le rapport. Ce n?est pas par manque d?effort mais plutôt par absence d?une réflexion nouvelle sur les besoins du secteur industriel.

Cela se reflète dans la manière dont la MIDA gère ses parcs industriels. ?Il apparaît qu?elle n?a jamais songé à accorder des baux plus flexibles, incluant des mesures incitatives pour que les locataires finissent finalement par acquérir les bâtiments?, poursuit le rapport.

Le fait que la MIDA loue elle-même des espaces de bureau de premier choix dans la capitale alors qu?elle possède des bâtiments qui auraient pu abriter son administration est fort éloquent, note Lorne Dyke. La location de ces espaces de bureau représente 17 % du budget courant de la MIDA.

Par ailleurs, en ce qui concerne la SMIDO, le rapport reconnaît le travail fait pour accompagner les petits entrepreneurs et les start-up. Néanmoins, la SMIDO se disperse trop. Cela implique des coûts en termes d?efficacité et en termes financiers. Les salaires absorbent 63 % du budget courant. L?auteur du rapport s?étonne aussi d?une récente mission où 30 entrepreneurs ont été en Malaisie alors qu?ils n?étaient nullement prêts à exporter vers ce pays.

Soutien du secteur privé

Ces quelques exemples illustrent la nécessité de mettre de l?ordre, de rationaliser et d?intégrer les institutions au service de l?industrie. La création d?un organisme unique s?impose. Il devrait être sponsorisé par le gouvernement mais aussi obtenir le soutien du secteur privé. Le rapport préconise que la NIDO s?installe à Ebène, à coté de la Cybercité, de l?université de Maurice et de l?IVTB.

Lorne Dyke déclare qu?il s?est laissé dire que la MEF et la Chambre de commerce et de l?industrie envisagent eux aussi de s?installer à Ebène. Pourquoi ne pas regrouper ces institutions du privé et la NIDO sous un même toit ? propose-t-il.

Outre la création d?un organisme unique pour chapeauter cette structure de soutient à l?industrie, le rapport Lorne Dyke préconise également une série d?actions.

La MIDA devrait céder ses parcs industriels à la Business Parks of Mauritius Ltd (BPML), L?EPZDA devrait transférer sa plate-forme de commerce électronique à la State Informatics Ltd et à un opérateur privé.

De son côté, la SMIDO devrait transférer son Centre de service technique et ses équipements à l?IVTB tandis que les services devraient être repris par le Clothing Technology Centre.

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