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Industrie hôtelière : s’ouvrir tout en restant compétitif
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Industrie hôtelière : s’ouvrir tout en restant compétitif
L’industrie hôtelière est un domaine hautement compétitif. Pourtant, le gouvernement s’est embarqué dans un vaste programme de “démocratisation” de ce secteur. Ce slogan se traduit par la volonté de créer des villages touristiques, la création d’emplois ou encore d’encourager l’émergence d’entrepreneurs à travers l’Empowerment programme.
Karl Lamarque est un petit entrepreneur. Avec ses deux bateaux à fond de verre, et sa pirogue, il emmène les touristes en excursion dans le lagon du Morne et sur l’île aux Bénitiers. Il a conclu un contrat de confiance avec les hôtels Le Paradis et le Sofitel. Mais lorsqu’on lui parle d’ouvrir davantage les métiers annexes de l’hôtellerie à de futurs entrepreneurs, il émet des doutes sur les chances d’aboutissement d’un tel projet. “Il faut être compétitif, se bâtir une réputation solide. Sinon les gros requins mangeront les petits poissons”, lâche-t-il.
La qualité exigée</B>
Pour le gouvernement, l’industrie touristique, en pleine croissance, est l’un des terrains les plus fertiles pour appliquer le programme. L’idée d’ouvrir les services liés à l’hôtellerie fait rapidement son chemin. Certains organismes comme Enterprise Mauritius voient dans la sous-traitance des services une opportunité exceptionnelle de création d’emplois.
Jean-Michel Pitot, président de l’Association des hôteliers et restaurateurs de l’île Maurice n’est pas contre. Mais il s’empresse de définir les paramètres. “Pourquoi pas ? Mais aura-t-on la qualité exigée ? Il y a des services pointus au centre de l’opération hôtelière qui doivent être de grande qualité.”
Et il remet les choses dans leur juste perspective. “Lorsque nous nous penchons sur la part de sous-traitance dans l’hôtellerie, force est de constater qu’elle est déjà très importante. Approvisionnement de légumes, sociétés d’entretien de jardins, boat-houses : chaque hôtelier essaie dans sa région, de sous-traiter. Mais s’il doit le faire avec une centaine de petits opérateurs différents, cela devient compliqué”, ajoute-t-il.
La sous-traitance a été assimilée par les hôteliers depuis un moment déjà. Elle permet d’économiser sur des services spécialisés. Ce sont les services liés aux activités nautiques qui ont bénéficié de la plus grande ouverture. Plus d’une quarantaine de centres de plongée sont affiliés aux hôtels et accrédités auprès de la Confédération mondiale des activités subaquatiques.
Aujourd’hui, d’autres activités comme le kite-surf, créent de nouvelles opportunités. “Cette année, nous avons déjà attiré trois fois plus de monde que les années précédentes”, indique Felix Nollmann, le directeur du Club Mistral, le club de kite-surf et de wind surf d’Indian Resort, au Morne. Et il emploie déjà une dizaine de jeunes.
Après avoir démarré, il y a trente ans, avec des moyens modestes, Jean-Pierre Henry gère aujourd’hui tous les centres nautiques des hôtels Naïade Resorts. Sa société emploie 130 personnes. “Pour nous, il est impératif de garder les normes de qualité qui font la réputation des hôtels auxquels nous sommes rattachés”, insiste-t-il.
D’autres activités comme l’ameublement, la décoration, le jardinage, sont aussi assurées par des spécialistes hors-hôtellerie. L’animation l’est depuis un moment. “Nous avons investi dans des équipements. Nous avons monté des équipes solides et nous avons développé une réputation. C’est normal que nous ayons les contrats”, explique le responsable d’une société d’animation qui décroche les plus gros contrats. Les marchands de plage, eux, évoluent comme des électrons libres.
Mais le principe de sous-traitance n’est pas appliqué de façon uniforme. Certains établissements emploient leur propre fleuriste. Raison invoquée : le label de qualité, indissociable de leur image de marque.
Pour Jean-Pierre Henry, l’ouverture ne peut pas non plus se faire à n’importe quel prix. “Ceux qui cassent les prix ne rendent pas service à la qualité des prestations et cela peut se retourner contre les opérateurs”, fait-il ressortir. Pour lui, l’ouverture doit aller de pair avec la qualité. “Démocratisation, libéralisation ? Mon seul souci est de maintenir la qualité et de permettre à mes 130 employés de travailler dans les meilleures conditions”, ajoute-t-il.
Pour Karl Lamarque, l’entreprise paraît donc difficile à réaliser. Il faudrait cependant que l’Etat intervienne plus vigoureusement, selon lui. Il craint que l’ouverture ne soi qu’un slogan difficilement applicable à une industrie où la compétition est aussi féroce.
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