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Incontournable marché

16 avril 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

Le ministre du Commerce vient d?engager un nouveau bras de fer. Cette fois, il affronte les importateurs de lait. Comme d?habitude ce sont les consommateurs qui font les frais de ses combats aux allures bravaches. Les marques populaires de lait en poudre sont absentes des rayons des supermarchés depuis une semaine. Il en manquera le temps que durera le numéro de Rajesh Jeetah.

Une hausse des prix étant intervenue à l?importation, les distributeurs de lait en poudre ont demandé au ministère du Commerce d?autoriser une augmentation de 10 % sur le marché local. Ce dernier tergiverse, embarrassé par les conséquences politiques qu?une telle décision ne manquera pas d?avoir. Pendant sa valse-hésitation, le public subit la pénurie.

Fatalement, les prix vont augmenter dans quelques temps, mais pas avant que le pays ne vive un nouveau psychodrame ? comme celui qui a mis K.-O. le fabricant mauricien des barres de fer, Desbro, au profit du Sud-Africain Murray & Roberts. La dernière fois que les importateurs de lait avaient réclamé une augmentation, le ministre du Commerce avait entraîné le pays dans la saga du lait Amul avant d?accéder à leur demande. Sera-t-il encore assez naïf pour croire qu?il a les moyens d?éviter une augmentation ? A moins qu?il ait l?intention de demander à la STC d?outrepasser ses attributions et d?importer du lait en poudre sans craindre de se fourvoyer une nouvelle fois ?

Rajesh Jeetah n?a pas tiré les leçons de ses trébuchements initiaux. Il s?obstine à vouloir contrôler les prix plutôt que de laisser jouer la concurrence. Certes l?Etat doit encadrer les mécanismes de marché pour corriger ses imperfections, mais cela fait longtemps que le monde reconnaît que l?on étouffe une économie à force de la réglementer et la planifier. La capacité d?action des politiques dans le champ économique est limitée.

Si le gouvernement souhaite contrôler les prix, malgré le bon sens économique, c?est aussi parce que la question des augmentations est devenue, au fil des régimes, un sujet électoralement sensible. Tous les partis politiques capitalisent sur les hausses de prix quand ils sont dans l?opposition. Une fois parvenus au pouvoir, il leur est difficile de faire comprendre à l?électorat qu?un dirigeant politique ne peut pas décréter la stabilité des prix.

Le consommateur n?aura pas tort de rendre le parti au pouvoir responsable des augmentations. Dans l?opposition, le PTr avait tout fait pour accréditer l?idée que les prix peuvent être administrés. Le 4 décembre 2003, à quelques jours de la partielle de Piton/Rivière-du-Rempart, le leader de l?opposition, Navin Ramgoolam déclarait qu?il fallait ?donner une correction au gouvernement pour que ce dernier arrête sa politique d?augmentation des prix.? Dans le compte rendu du meeting qui avait paru le lendemain dans ?l?express?, on lisait ceci : ?S?exprimant en ?bhojpuri?, le candidat à la partielle, Rajesh Jeetah a aussi mis l?accent sur la hausse du coût de la vie.? Aujourd?hui il est pris à son propre piège.

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