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Impératrices ou concubines japonaises ?
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Impératrices ou concubines japonaises ?
Un débat fait rage au Japon. Pour remédier à la pénurie de descendants masculins de l?empereur Akihito, dont les deux fils n?ont eu que des filles, certains proposent d?autoriser une femme à monter sur le trône. Mais un membre de la famille impériale avance une autre solution: permettre aux princes de prendre des concubines.
Alors qu?aucun héritier mâle n?a vu le jour dans la plus ancienne monarchie héréditaire au monde depuis près de 40 ans, le gouvernement nippon a brisé un tabou l?an dernier en ouvrant un débat sur l?opportunité de permettre aux femmes de monter sur le trône du chrysanthème. Une perspective qui pourrait notamment concerner la fille de la princesse Naruhito, la petite Aiko âgée trois ans.
Les deux fils mariés d?Akihito, dont le prince héritier Naruhito, ont eu trois filles à eux deux. En vertu d?une loi de 1947, qui a codifié les pratiques actuelles, seuls les descendants masculins des empereurs peuvent prétendre au trône, strictement réservé aux hommes depuis plus de deux siècles.
«La question est de savoir si la solution est de changer notre tradition unique et notre histoire aussi facilement», a écrit le prince Tomohito, cousin de l?empereur Akihito, dans un récent essai distribué à des responsables du palais. «Avoir recours aux concubines, comme nous le faisions autrefois, est une option. Je suis pour, mais ce pourrait être un peu difficile compte tenu du climat de la société dans le pays et à l?extérieur.»
Tomohito a écrit ce point de vue dans le but de contrer le soutien croissant en faveur de l?ouverture du trône aux femmes. Les sondages montrent que la majorité de l?opinion est favorable à cette solution, à laquelle le Premier ministre Junichiro Koizumi n?est pas hostile. Une commission gouvernementale a déjà rédigé un rapport soutenant cette idée. Après plus d?un an de débat passionné, des projets de loi pourraient être soumis au Parlement dès le printemps prochain.
Mais, affirme Tomohito, autoriser les femmes à régner ne devrait être considéré qu?en dernier recours. Le prince, cinquième dans la ligne de succession du trône, a également suggéré que les empereurs puissent adopter des fils.
Au Japon, les impératrices régnantes ont disparu bien avant les concubines. Le père et le grand-père du défunt empereur Hirohito, les empereurs Taisho et Meiji, étaient les fils de concubines. Akihito est le fils unique d?Hirohito. Huit impératrices ont régné au Japon. La dernière en date, Gosakuramachi, est montée sur le trône en 1763 et a abdiqué en 1771. L?essai de Tomohito, dont la presse japonaise s?est largement fait l?écho la semaine dernière, survient alors que l?inquiétude sur l?avenir de la famille impériale s?accroît et que le pays se prépare à son premier mariage royal depuis plus de dix ans.
Mardi prochain, la princesse Sayako va en effet épouser son fiancé, un roturier, mardi à l?Hôtel impérial de Tokyo au cours d?une cérémonie qui promet d?être fastueuse. Le gouvernement a même reçu l?autorisation de donner à la princesse 152,5 millions de yens (1,12 million d?euros) comme cadeau de mariage.
Mais parce qu?elle est une femme, cette union obligera la seule fille d?Akihito à renoncer à son titre royal et à sa résidence au palais. La situation est très différente pour ses frères, qui bien que mariés, détiennent des fonctions impériales, reçoivent des revenus de l?Etat et vivent dans leur propre palais.
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