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Ils sont tous d?accord !

17 mars 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

par Nazim ESOOF

Gouvernement, secteur privé, médias, autorités religieuses... On pourrait aussi ajouter certains syndicalistes s?ils n?étaient pas soumis à la pression de la rue. Lorsque tout ce beau monde se met d?accord sur le modèle d?orientation économique, c?est qu?il faut commencer à se poser des questions. La voix de la raison se prononce. L?île Maurice n?a pas d?autre choix que le réformisme économique. L?aide sociale doit être ciblée. Les plus nantis doivent renoncer aux prestations de l?Etat. Quant au grand public, il est invité à faire sa révolution des mentalités. Sans le réformisme, il n?y a pas de salut. Dans ces colonnes, nous l?avons prêché à maintes reprises. Mais les vérités d?hier doivent aussi être lues à travers les prismes des difficultés d?aujourd?hui. A ce titre, des inquiétudes profondes surgissent. Lorsque décideurs et partenaires de la société réfléchissent dans la même direction, il y a danger d?une forme de pensée unique. Sans doute, nous n?échappons pas aux fatalités de la globalisation. Le réformisme est un état d?esprit. Il n?est pas l?expression d?une solution unique. Il traduit le mouvement. Soit la capacité d?une société à démontrer son aptitude à l?adaptabilité. Mais une société adulte ne se contente pas de s?adapter. Elle anticipe et devance. Ce n?est certes pas le cas de Maurice. Elle a toujours un retard de plusieurs générations. Elle a toujours été satisfaite qu?on dise d?elle qu?elle est harmonieuse, un modèle de vivre-ensemble et le bon élève qui applique rigoureusement les remèdes que préconisent la Banque mondiale et le Fonds monétaire internationale. Ça, c?est Maurice. Une île qui aime plaire. Mais ce plaisir devient de plus en plus acidulé pour les Mauriciens aujourd?hui. La promesse d?un futur meilleur est vécue comme un mensonge. L?accident rôde. Comment l?éviter ? D?abord en refusant notre impuissance. Ensuite en recherchant d?autres voies. Le libéralisme économique est une option. Mais elle n?est pas l?unique solution. Cela dit, il ne s?agit pas non plus d?opposer le marché de la droite au collectivisme de la gauche. Heureusement qu?à Maurice, ces classifications ne sont pas opératoires tant notre personnel politique est révérencieusement soumis aux commandements de la mondialisation ! Dans l?absolu, il est question d?imagination et de créativité. Ni suivre le courant. Ni adopter des modèles de développement autres que le libéralisme qui ont fonctionné ailleurs. Entre le psychodrame et la révolution, il s?agit de voir le réformisme comme une dynamique de mouvement. Ce mouvement, c?est à nous de l?orienter dans le sens où il consacre la société mauricienne comme une société imaginative.

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