Publicité
Ils n?ont pas honte de verser des larmes
Par
Partager cet article
Ils n?ont pas honte de verser des larmes
■ Siddick Caunhye, directeur des bijouteries Caunhye, fidèle à ses manières avenantes, s?est laissé entraîné dans la foulée de questions : « On peut pleurer pour exprimer une satisfaction, une appréciation. » Les larmes de joie, c?est donc ce qui lui vient à la tête en premier. « Je me souviens avoir versé quelques larmes quand nous avons décroché un award dans un salon de la bijouterie à l?étranger », avoue-t-il, en ajoutant, qu?on peut aussi pleurer parce que son enfant a obtenu de bons résultats aux examens. Et pour les larmes de tristesse : « D?habitude, mo essaye pren tout en badinaz. Mais tout dépend en réalité des situations, on peut pleurer parce qu?on est impuissant devant la maladie », explique-t-il. Et à quand donc remontent ses dernières larmes ? Il y a huit ans, lorsque son père est décédé.
■ Seddley Assonne, qui est attaché de presse au ministère de la Sécurité sociale et poète, n?a pas peur des mots : « J?ai pleuré quand il y a eu des bouleversements amoureux dans ma vie. J?ai pleuré quand ma mère est morte. J?ai pleuré au cinéma Rex pendant que je regardais E.T. J?ai pleuré devant de pauvres gens qui souffraient de la famine à Madagascar. Je n?ai vraiment pas honte de le dire. »
Seddley Assonne avoue être très sensible : « C?est vrai qu?on a tendance à dire qu?un homme, ça ne pleure pas. Mais en fait, c?est quoi la définition d?un homme ? Avoir de gros bras ? Je pense que pleurer, ça aide à évacuer. » La dernière fois qu?il a sorti son mouchoir, ce serait il y a deux ans, après des déboires amoureux.
Mais en insistant un peu, il confie vaguement que c?était peut-être la semaine dernière : « Quand je suis mélancolique je pleure. Parfois les yeux se mouillent comme ça. »
■ Sam Ammigan a, quant à lui, choisi la posture mi-franche, mi-mystérieuse. « Kan mo lor lasenn parfoi mo trouve dimounn essuye zot larm.
Si pas ena ene salte ine rentre dans zot lizie? mo pas kone. » Pour ne pas déroger à son humour habituel, le comique fait un détour avant d?entrer dans le vif du sujet : « Mo mem Sam Ammigan. Mone plore boukou foi dan mo lavi. Ena bann moman difisil kot ou pa kapav tini. Se kouma dir enn tempo. Ariv enn moman kot li soufle parski li pe déborde ar lavaper. Ou ne pli kapav lerla. »
S?il ne veut pas revenir sur ces moments douloureux, il considère qu?un homme qui n?arrive pas à pleurer, c?est un homme qui a un vrai handicap émotionnel. Il avoue qu?il n?y a pas très longtemps, il a éclaté en larmes devant « enn gran dimoune ki mo ti alle gete avek lakoler. Enn foi monn arrive diva li, monn plore olie mo krie. »
Publicité
Publicité
Les plus récents