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Ils l?ont fait
Nicolas Ritter, fondateur de Pils : Séropositif et sans complexes
« Quand j?ai lancé Pils pour lutter pour les droits des séropositifs, je touchais à un tabou. Il faut dire aussi qu?à l?époque, il n?y avait pas encore de traitement efficace et je croyais que mon temps était compté. Et je voulais vivre ce qui me restait avec un grand V. Au fil de mon combat, les médias me pressaient de questions, ça devenait oppressant de cacher ma séropositivité. Il a fallu que je surmonte des barrières intérieures que j?avais construites pour pouvoir en parler. Je me demandais ce que les gens allaient dire, si j?allais perdre mon travail, comment mes parents allaient gérer le regard des autres. J?ai osé progressivement, et c?est important de vivre selon ses convictions. »
Rama Valayden, ministre de la Justice : agent tous risques
« Les plus grands risques que j?ai jamais pris ? Je dirais, premièrement, le jour où j?ai nagé de l?île-aux-Bernaches jusqu?à la côte de Maurice pour sauver des amis, alors qu?on était en avertissement de cyclone de classe 4. Tout le monde croyait que j?étais mort. Il y a quelques années, j?ai mis à nouveau ma vie en péril en allant voir un de mes amis, Said Larifou, prisonnier aux Comores lors d?un coup d?État. C?était interdit d?entrer en contact avec lui, je n?avais aucun visa, mais j?ai insisté et suis allé lui parler. En politique, au niveau du MR, je pense que j?ai osé en militant en 1996 pour la distribution des préservatifs. J?estime que se battre pour la dépénalisation du gandia, c?est aussi oser. »
Sandra Mayotte, artiste : « Rauque?n?séga »
« Mon plus défi c?est d?avoir osé chanter. Avant je le faisais sous la douche, j?étais plutôt timide, complexée par ma voix rauque. Lorsque Gérard Louis m?a proposé de chanter, j?ai dit oui. Pourtant, j?étais très intimidée par le groupe Cassiya à l?époque? J?ai tenté le coup en me disant ?ça passe ou ça casse !?. J?ai fait un test sur Kot li finn ale, et les autres membres du groupe m?écoutaient derrière la porte. Me lancer dans la restauration est le dernier défi que je viens de relever. »
Anil Gayan, politicien : De la justice à la politique
« Au début de ma carrière politique ma femme devait se réveiller tôt pour faire cuire des faratas le matin car on ne pouvait acheter de pain. Tout ça parce que j?ai quitté le parquet pour devenir homme politique. C?était un saut dans l?inconnu pour moi. D?ailleurs, ma famille était contre, ma femme craignait qu?on n?arrive pas à joindre les deux bouts. Elle a fini par céder. J?aurais été sûrement juge à la Cour suprême si je n?avais pas fait ce choix, mais je le ferais à nouveau si je devais revenir en arrière. Je ne regrette rien, même si ma famille n?est pas d?accord. C?est une carrière plus difficile et plus mouvementée mais certainement plus riche aussi. »
Jean-Luc Ahnee, du collectif Arc-en-ciel : défenseur des homos
« J?ai toujours été comme ça, intransigeant sur mes valeurs. On peut dire qu?avec mes amis on a beaucoup osé à travers Radio pirates où l?on s?attaquait au communalisme, aux politiciens et où on dénonçait Maurice sous ses plus horribles visages. Créer le collectif Arc-en-ciel, pour défendre les droits des homosexuels, a été un autre défi. Les gens vous traitent de pervers, de dévergondé, ils font l?amalgame entre homos, drogue et sida? et ils essaient de saper votre couple. La liberté de pensée a un prix, de toute façon avoir une honorabilité sociale, ça ne m?a jamais intéressé. »
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