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Iles au trésor
Ce n?est pas juste qu?elle a le temps. C?est surtout qu?elle a des envies marquées. Marie Claude Thiers fonctionne au coup de? c?ur. Aux voyages à répétition. Installée en Italie, «où nous avions une entreprise familiale dans la construction», elle a pris sa retraite anticipée. Notamment pour voguer au gré de ses impulsions.
Jugez plutôt. Six fois à Madagascar. Cinq fois à Maurice. Des sauts à La Réunion et à Rodrigues. Son voyage au gré des îles, la photographe l?expose jusqu?à demain à la galerie municipale Malcolm de Chazal au complexe Lakepoint à Curepipe.
«Je trouve ces îles très attachantes, très différentes aussi. C?est dommage que je n?aie pas de jolies photos de Rodrigues, sinon je les aurais mises dans l?expo» son appareil argentique au cou, le déclic chez elle se déclenche au coup de c?ur.
«Marie Claude Thiers fouille les expressions, les sourires, les yeux inquisiteurs. Pour la première fois cette année, elle a vécu le ?Cavadee? en direct.»
Pour la végétation. A en juger par le nombre de fleurs qui parfument l?exposition. Zoom sur une gueule-de- loup. Pour nous laisser deviner les mystères de la création qui s?y cachent. Suivre les contours des nervures un peu sanguinolentes, apparentant la fleur à de la chair vivante.
Chez Marie Claude Thiers, les blancs sont éclatants, les jaunes pétaradants. Sa palette soignée peut être appréciée dans la gerbe d?eau salée montant entre des rochers ressemblant à des fruits coupés. Le contraste entre l?écume et la lave retient le regard de longs instants.
Pour la photographe, les épines sont sérieusement menaçantes et les baobabs impressionnants. Une vraie passion pour le naturel. Pour l?oiseau en équilibre sur la feuille de nénuphar ou perché sur un robinet. Signe de patience. Car l?immortaliser est parfois le fruit d?une longue attente.
Ce qui ne signifie aucunement qu?elle soit indifférente au visage humain. Marie Claude Thiers fouille les expressions, les sourires, les yeux inquisiteurs. Pour la première fois cette année, elle a vécu le Cavadee en direct, au lieu de juste le voir à la télé. Elle nous en a ramené un cliché à lire comme un livre ouvert. Tout est là. La souffrance du pénitent. Où est-elle ? Pas dans le traditionnel regard. Mais bien dans ce dos constellé d?aiguilles. C?est un dos qui parle. Qui raconte le sens de la fête, ses pénitences, ses attentes. C?est l?argentique de Marie Claude Thiers qui fait parler ce dos.
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