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Iles au trésor
Zom dan zil, de quoi parlent-ils ? De quoi rêvent-ils ? Entourés par la mer, parviennent-ils à se projeter au-delà de l?océan ? Réponse en faisant le tour des salles d?exposition de l?école des Beaux-Arts du Mahatma Gandhi Institute à Moka. InsulARt y expose ses créations nées de deux semaines d?atelier résidentiel à Flic-en-Flac jusqu?au 7 juillet..
Mettre des îliens ensemble, pour qu?ils nous parlent d?eux. Résultat : la répétition, l?obsession par des motifs ?îliens?. Entendez par-là : la mer, la terre, le sel, les racines.
Nirmal Hurry, lui, choisit de quadriller le sol avec des monticules de sucre. Comme tombé d?un sablier. En guise de sablier, un casier de pêcheur dans lequel une danseuse de séga est coincée. « Au moment de faire les choses, nous pensons d?abord à ce qui va plaire aux touristes. Nous suivons les tendances au lieu de faire quelque chose d?original. Mentalité de colonisés, presque 40 ans après l?Indépendance. Comment s?en sortir ?
Authenticité, inventivité ? Est-ce entre les frondaisons du cocotier d?Allen Ernesta des Seychelles. Embarqué dans la pirogue défoncée que Krishna Luchoomun a hissée de la plage à la salle d?exposition. Voguant au gré des vagues sur son lakok pistas et le clin d??il au Gaby de Bam Cuttayen.
Partout l?insulaire revient à ce qui l?entoure. À ce qui est lui. On retrouve le casier dans l?une des photos de Steeve Dubois. Le bateau à voile avec Neermala Luckeenarain. La canne à sucre recouvert d?un imposant bicorne, rappel de la colonisation par le Sri lankais Thisath Thoradeniya.
Ali M?roivili, déjà venu à Maurice lors de la première résidence pARTage en 2004 était déjà attiré par les racines. Au point de prendre un sac de voyage, de le percer et d?y faire passer des racines ramassées au gré de ses quêtes. Cette fois, il a roulé ces racines en boule. Enchevêtrement inextricable. Boule de nerfs ? Regard tourné vers le nombril. Incapacité de sortir du cocon que se construit l?insulaire, là où l?isolement, les peuples venus d?ailleurs, les souffrances de l?esclavage, de l?engagisme, de la colonisation sont liés à jamais. Là où l?on se plaît à perpétuer des clichés d?île paradisiaque, de gens jamais pressés vivant au soleil.
Mettre en contact des plasticiens
Il était du devoir de l?art insulaire de ne pas céder aux facilités de la carte postale. De ne pas se contenter de reproduire des images de nature luxuriante ou les silhouettes fantasmées de jolies îliennes. S?il n?a pas entièrement réussi, l?atelier aura au moins eu le mérite de mettre en contact des gens. De jeter des ponts au-dessus des mers naturelles dont sont entourés ces plasticiens.
Où est l?insolence de l?insulaire ? Dans le sucre des fruits mûrs du Banana Project de Jean François Boclé ? Ile-centre d?appel, où des ?bananes? suivent le foot, pas leur championnat qui ne suscite plus autant d?intérêt mais celui où évoluent Didier Drogba, Samuel Eto?o ou Ashley Cole. C?est ce goût que nous voulons garder dans la bouche.
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