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Il y a le ciel, le soleil?et la taxe
Les hôteliers sont rarement d?accord entre eux. Mais s?il est une chose qui les agace en ce moment, c?est bien le Tourist Arrival Fee. Cette taxe de 20 euros sera perçue sur chaque touriste adulte, et réduite à 10 euros pour les enfants. Au total, le gouvernement espère voir Rs 350 millions arriver dans ses caisses tous les ans. Pour les propriétaires des petits et moyens hôtels, cette mesure va tuer la poule aux ?ufs d?or. Les décideurs auraient-ils pris la mauvaise pente ?
Les statistiques de la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA) parlent d?elles-mêmes. Maurice a accueilli 184 278 touristes pour le premier trimestre, soit 1,5 % de plus que l?année dernière, à la même période. « C?est une hausse qui est nettement en dessous des prévisions. Maurice est en perte de vitesse et il ne faut pas prendre des mesures pour entraver la croissance », affirme Arnaud Martin, président de l?Association des hôteliers et restaurateurs de l?île Maurice. Ces chiffres révèlent surtout un essoufflement de notre marché traditionnel, l?Europe.
Pour lui, il aurait fallu tout mettre en ?uvre pour que Maurice retrouve des avantages compétitifs. « De plus, cette taxe est sectorielle. Dans le contexte actuel, c?est un frein à la vente des chambres », ajoute-t-il.
Le prix des chambres d?hôtel va en effet augmenter de 30 % d?ici la fin de 2006.
« Si nous n?arrivons pas à redynamiser le secteur, nous allons vers un déséquilibre entre l?offre et la demande. » Une lettre a été adressée aux ministères des Finances et du Tourisme à cet effet. La Small & Medium Hotel Association demande, quant à elle, qu?une partie de la nouvelle taxe et 50 % de la taxe sur l?environnement soit reversés au budget de promotion de la MTPA.
L?impact sera plus fortement ressenti par les petits et les moyens hôtels, très prisés par une clientèle moins fortunée. « Cette clientèle sera plus réticente à payer ces 20 euros. N?oublions pas que les touristes voyagent en famille. Petit à petit nous sommes en train de tuer la poule aux ?ufs d?or », souligne Jeenarain Soobagrah, directeur de Bonny Air International Tours Limited.
Une réticence psychologique
Il est contre cette taxe pour plusieurs raisons. Il explique en effet que la réticence à payer plus est aussi psychologique, et donne comme exemple les Seychelles qui avaient tenté d?introduire ce type de taxe il y a quelques années. Résultat : certaines lignes aériennes ont cessé de desservir l?archipel. « Ce cas devrait nous interpeller? »
Le Tourist Arrival Fee vient gonfler le prix du billet, déjà lesté de plusieurs types de taxes. L?augmentation du prix du pétrole a en effet, donné naissance à une fuel surcharge. Le touriste doit s?acquitter d?une taxe d?hôtel et d?une Air Service Charge. Ajoutez à cela la taxe de départ et celle d?arrivée. En fin de compte la surcharge totale sur un billet d?avion tournerait autour de 20 %, estime Jeenarain Soobagrah. « C?est un phénomène mondial. Partout les gens se plaignent. Cela joue contre les compagnies aériennes », explique-t-il.
David Chui Wan Cheong, directeur de l?hôtel Klondike, ne comprend pas la stratégie du gouvernement. « Pourquoi augmenter le budget pour la promotion touristique et imposer une taxe ? C?est totalement contradictoire. » Il est d?avis que le gouvernement doit faire marche arrière. « Seuls les touristes aisés pourront payer. Nous sommes tous unanimes à dire non à cette taxe. Mais ce sont surtout les petits hôtels qui sont menacés, parce que leur clientèle a souvent un budget limité. » Samad Khodabaccus, l?ancien directeur d?un petit hôtel est du même avis. « Les touristes réunionnais ne veulent pas dépenser beaucoup d?argent. Ce sera dur pour ceux qui viennent de l?océan Indien? »
Seule voix discordante au tableau, celle de Prakash Domun, directeur d?Ash Voyages. Il pense que ces 20 euros supplémentaires n?affecteront pas notre tourisme. « Cela apportera un plus au pays. S?ils peuvent dépenser 3 000 euros pour leurs vacances, 20 euros c?est rien. » Pour Anil Gayan, le ministre du Tourisme, il s?agit de relativiser le problème. « Un touriste qui peut payer Rs 300, soit 10 euros, peut bien payer 20 euros comme taxe. Le problème est manageable. »
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