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?Il y a des commissaires indisciplinés?
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?Il y a des commissaires indisciplinés?
● Le budget 2006-2007 passe de Rs 1 234 millions à Rs 1 162 millions. Pourquoiune telle réduction ?
Ce budget a été l?un des plus difficiles à travailler par rapport aux trois précédents. La raison est simple. Rama Sithanen nous a demandé de réduire les dépenses en évitant d?aller de l?avant avec de nouveaux projets. Les ministères ont aussi eu des directives similaires. Ce faisant, nous voulons donner la preuve que nous sommes solidaires dans des actions qui sont dans l?intérêt national. La solidarité nationale est importante dans les moments difficiles. Il ne faut pas oublier que lorsque le gouvernement a pris la décision que les enfants bénéficieraient du transport gratuit et d?autres mesures, les Rodriguais en ont eux aussi bénéficié. Ce budget, quoique réduit, doit être l?occasion pour la population de Rodrigues de se ressaisir pour apprendre à entreprendre. D?où l?accent qui est mis sur la formation pour inciter les jeunes à développer une culture d?entreprise à travers la petite et moyenne entreprise. Il faut abandonner ainsi cette mentalité d?être toujours assisté qui est néfaste pour l?avenir du pays. Ce n?est pas tous les jours le bonhomme Noël.
● Quels sont les projets que vous souhaiteriez réaliser malgré les directives de réduction des dépenses?
Le projet de Pavé-Labonté où nous allons construire un barrage. C?est un site important avec une source en amont. Je pense pouvoir justifier certains projets avec le ministre.
● Dans le budget vous parlez beaucoup d??empower the population?. Expliquez-nous votre vision?
Nous misons beaucoup sur empower the population pour rendre plus productifs les hommes et les femmes. Cette initiative ne date pas d?hier mais est bel et bien inscrit dans notre programme pour les élections de 1982 où il est écrit que ?Rodrigues s?engage à transformer radicalement la mentalité productrice par le biais d?une décentralisation du pouvoir?. Il faut faire rêver les Rodriguais. Autrefois, l?Institut pour le développement et le progrès avait un slogan qui disait : Dan bocou ti landroi capav fer bocou ti kitsoz.Si nous sommes assistés aujourd?hui, il faudra remonter dans l?histoire et voir comment la mentalité a beaucoup changé au fil des années. La sécheresse des années 70 est venue tout bouleverser. Les Rodriguais se ruaient pour se faire embaucher dans le secteur gouvernemental et à la Development Works Corporation. Avec cela sont venus s?ajouter les pensions, l?allocation aux pêcheurs sans oublier le système d?éducation de l?île Maurice qui a mis l?accent sur l?instruction et qui a donné la connaissance au lieu d?une éducation qui forme des hommes et des femmes. C?est ainsi que notre économie culturale a disparu cédant ainsi la place à une économie de type industriel, à la manière mauricienne ou comme celle d?autres pays européens.
● Les Rodriguais ont-ils les moyens pour réaliser ce concept de l?IDP que vous avez cité pour la création d?emplois?
Je pose la question autrement. Quel type d?économie doit être développé ? Un type industriel donnant de l?emploi à des centaines de personnes ? Est-ce possible? Ou est-ce le type d?économie rurale que nous pouvons appeler une économie culturale ? Nos grands-parents et nos parents ont fait fructifier cette terre avec des moyens traditionnels et certains continuent dans la même voie encore aujourd?hui.
?J?ai de très bonnes relations avec Navin Ramgoolam. De même j?avais de bonnes relations avec Paul Bérenger et Sir Anerood Jugnauth lorsqu?ils étaient Premiers ministres du pays.?
● Est-ce une invitation pour un retour à la terre ?
Les jeunes quittant le collège et l?université pourront prendre la relève avec les techniques modernes et avec leur connaissance en gestion et en comptabilité. Félicitons les jeunes enseignants du secondaire et les jeunes quittant le collège qui se lancent dans des entreprises agricoles C?est la nouvelle génération d?entrepreneurs rodriguais. Ce sont des jeunes libérés. Ils ont compris que leur culture est leur force. Il en est de même pour ce jeune qui veut se lancer dans un élevage scientifique et ces femmes transformant les produits agricoles, ces pêcheurs n?hésitant pas à investir dans un plus gros bateau pour la pêche hors lagon. L?esprit business et le professionnalisme pénètrent de plus en plus dans la mentalité rodriguaise. Il y a aussi ceux qui refusent de s?engager dans cette mouvance vers une indépendance économique. Une dame détentrice d?un diplôme cherche des personnes pour son entreprise agricole, elle n?en trouve pas.
● Pourquoi ?
Il y a tout un mythe, des préjugés qui ont été créés autour de l?emploi dans le gouvernement par la politique, des syndicats et un parti politique. Et ils osent parler d?indépendance économique.
● Et pour la création d?emplois ?
La Banque de Développement donne des facilités pour des projets. Il existe des jeunes ne souhaitant pas se lancer dans les petites ou moyennes entreprises. Ils attendent de trouver un emploi avec A .J Maurel ou dans le gouvernement. Il faut lancer sa propre affaire. Savez-vous que des Rodriguais dépensent des millions dans les boissons alcoolisées. Nous octroyons l?allocation de mauvais temps au pêcheurs. Cot li alle sa ? Dan taverne. Je crois que c?est aussi une question de formation qui doit commencer très tôt dans les écoles pour libérer nos jeunes.
● L?allocation aux pêcheurs a fait l?objet de vives critiques dans le rapport de l?Audit l?année dernière. N?est-ce pas perpétuer cette mentalité d?assisté ?
C?était Rs 50 millions l?année dernière à Rodrigues et cela a été réduit à Rs 45 millions cette année. Nous étudions plusieurs possibilités pour réduire cette allocation, comme par exemple une retraite volontaire ou recycler certains pêcheurs. Malheureusement tout est décidé en fonction de la politique. Il y a beaucoup de gens qui ne vont pas à la pêche et ils se font enregistrer. Il va y avoir une réunion pour décider de la marche à suivre de toute façon. Ces décisions relèvent du gouvernent central.
● Il paraît que beaucoup d?investisseurs étrangers se bousculent pour des projets dans l?île?
Effectivement. Nous recevons aussi beaucoup de projets farfelus. Certains font des demandes de dix à vingt arpents pour un projet de miel, d?autres avec deux feuilles volantes sur lesquelles ils ont présenté leurs projets d?hôtels pour une somme de Rs 550 m. Il y en a même qui évoquent une chemiserie, mais après je n?entends plus rien. Je crois qu?il faut du sérieux. De toute façon, les projets de Rs10 millions doivent être approuvés par le Board of Investment (BOI) et les stakeholders. Les gens nous prennent pour qui ? Il y a aussi des projets valables et sérieux qui auront toute notre attention. Il existe aussi des projets d?hôtels comme La Belle Rodriguaise dont les travaux n?ont pas commencé malgré la pose de la première pierre. Je suis en discussion avec l?Institut de la Francophonie pour l?entrepreneuriat pour inciter les jeunes à se lancer dans des projets. L?objectif est de trouver des investisseurs mauriciens pour aider à la mise en place des projets à Maurice avec des universitaires rodriguais. Et par la suite lancer ces mêmes affaires à Rodrigues avec la spécificité rodriguaise et cinq ou dix personnes. C?est notre défi. Notre indépendance économique.
● Concernant la promotion touristique à Rodrigues. Faut-il la faire séparément de Maurice ?
Je voudrais dire d?abord que ce licenciement dans les hôtels a été surexploité dans les medias. Il y des investisseurs qui sont partis lorsqu?ils ont pris connaissance de tout cela dans les journaux. Pour ce qui est de la promotion de Rodrigues, quelquefois il faut qu?elle se fasse en partenariat et séparément. A Paris, nous avons déjà commencé à faire de la promotion pour une chasse au trésor sous-marine. Nous constatons que les arrivées des touristes étrangers n?ont pas baissé, mais plutôt celles des Mauriciens. Le pouvoir d?achat a beaucoup baissé et le billet d?avion est plus cher. Rodrigues est une continuité territoriale de Maurice. C?est une erreur de dire qu?Air Mauritius a fait une perte de Rs 50 millions l?année dernière à Rodrigues comme une perte à part. Il faut considérer la perte de la compagnie d?aviation globalement, pas uniquement pour Rodrigues. Cette question a été déjà soulevée avec la direction d?Air Mauritius pour réduire le coût du billet. Nous voulons une Rodrigues Tourism Promotion Authority. J?ai demandé au Premier ministre de créer un poste de Tourism Marketing Manager, peu importe qu?il soit occupé par un Mauricien ou un Rodriguais sous contrat. Si on n?a pas ce poste, il est difficile d?opérer à l?extérieur.
● Qu?est-ce que Rodrigues a de plus à offrir que Maurice?
L?ile Rodrigues et Maurice n?ont pas les mêmes spécificités. Il faut faire très attention. Rodrigues a sa culture et ses traditions. C?est aussi l?île du repos et de la détente. Nous voulons préserver l?environnement.
● Le ministre des Terres, Asraf Dullul, a dit que la gestion des terres devrait revenir au gouvernement central?
Oublions Dulull. Ce n?est pas du ressort du ministre Dulull. Nous avons envoyé des documents sur la gestion des terres dans notre île au gouvernement.
● Vous a-t-il reproché d?avoir donné des baux sur la base de la politique partisane ?
On m?a effectivement fait ces reproches. Je ne donne pas le bail sur la base de la politique partisane. C?est totalement faux. Quand nous donnons aux gens leur bail, nous leur expliquons ce qu?il y a dans le bail. Il y a toute une procédure pour octroyer un bail. Il y a le côté technique qui est séparé du cadastre. Je ne reçois pas les demandes. Il y un comité des terres composé d?officiers qui font des recommandations. Cela vient vers moi en tant que commissaire. Elle retourne au cadastre avec un planner qui, à son tour, doit vérifier dans quelle zone se trouve le terrain. Il y a ensuite la lettre d?intention. C?est aussi faux de dire que nous livrons plus de baux. Je vous donne un exemple. Nous avons accordé, de novembre 2005 à mars 2006, 495 lettres d?intention, 390 ont payé pour leur bail. Il y a eu 390 baux préparés et 290 personnes sont venues signer. Il y a aussi un bon nombre de personnes qui ont fait une demande de terrain. Leur document est prêt depuis longtemps, mais elles ne sont jamais venues signer. On a fait croire aux Rodriguais que tout est gratuit et qu?ils n?ont pas d?efforts à faire.
● Votre réaction après que le gouvernement central laisse la gestion des collèges REDCO à l?Assemblée régionale ?
Je suis très tracassé pour l?éducation des enfants ici. Les bâtiments de REDCO ont été construits par l?Assemblée régionale de Rodrigues et le ministère de Rodrigues d?alors. Un exemple : nous avons investi Rs157m pour la construction et les équipements du collège Mont-Lubin.
Il y aura une gestion de proximité avec cinq membres de Rodrigues et quatre à Maurice. Il faut aussi orienter. C?est pour cette raison que j?ai repris le porte-feuille de l?éducation pour ouvrir un débat avec le gouvernement central sur le type d?éducation à donner aux enfants rodriguais en ne perdant pas de vue les spécificités locales et le contexte national et international. Si les 4500 jeunes bénéficient d?une éducation purement instructive, pour qu?ils soient plus ouverts à l?entrepreneuriat et libérés de tout préjugé vis-à-vis des métiers, je prévois de gros problèmes à l?avenir.
Est-ce que les fonctionnaires qui contrôlent, avec le remote control, auraient le même souci pour les enfants rodriguais. Il existe cette perception qu?il y a confusion entre la gestion des écoles et la politique générale de l?éducation à Rodrigues.
● Avez-vous le sentiment qu?il existe un sentiment d?injustice dans le système d?éducation à Rodrigues ?
Il n?y a aucune différence entre les enseignants du Rodrigues College et ceux des autres collèges. Pourquoi le Rodrigues College n?applique pas le mixed abilities? Il aura ainsi les étudiants moins doués pour qu?ils les transforment en étudiants doués. On pourra avoir cette justice à travers la régionalisation. Il y cinq collèges. Il y a un collège oecuménique. Je ne crois pas que ce sont les collèges de REDCO qui doivent accueillir les moins doués et ceux au bas de l?échelle. Je ne comprends pas l?Eglise catholique et anglicane. Elles ne luttent pas pour la justice dans l?éducation. L?école oecuménique court-elle derrière la gloire et l?honneur ? N?est-ce pas son rôle de faire les moins doués et les plus doués évoluer ensemble ? L?Eglise passe son temps à se proclamer l?Eglise des pauvres. Cela veut dire quoi ? C?est vrai qu?il y a des enfants pauvres, il y a aussi des pauvres en intelligence. Savent-elles quel effort font les enseignants des REDCO pour soutenir ces élèves ?
● Les mauvaises langues prétendent que vos relations ne sont pas au mieux avec Navin Ramgoolam et que vous étiez plus proche de Paul Bérenger, alors Premier ministre.
J?ai de très bonnes relations avec Navin Ramgoolam. De même j?avais de bonnes relations avec Paul Bérenger et Sir Anerood Jugnauth lorsqu?ils étaient Premiers ministres du pays. Mes relations avec Navin Ramgoolam sont très cordiales. Je le tutoie et je fais même quelques suggestions. Je lui ai dit qu?il peut donner beaucoup d?espoir aux Rodriguais qui attendent beaucoup de lui. Comme Chef commissaire, je suis appelé à travailler avec tous ceux qui sont au pouvoir, quel que soit leur bord politique. En ce qui concerne mes relations avec les autres, je peux vous dire que je ne suis pas limité, sauf avec ceux qui m?insultent comme le leader de la Minorité qui me traite de tous les noms.
● Avez-vous invité le Premier ministre à visiter Rodrigues ?
Bien-sûr, je crois comprendre qu?il viendra après la présentation du budget 2007-2008. Je suis sûr que Rama Valayden, ministre de la Justice, qui est très sensible à la cause rodriguaise, et qui était dans l?île, lui fera un rapport favorable sur les relations entre les deux îles.
● Serez-vous encore une fois candidat pour les élections régionales en 2007 ?
Oui je l?ai annoncé au début de l?année. On verra après qui prendra le relais pour prendre le fauteuil de leader de l?Organisation du Peuple rodriguais.
● Avez?vous quelqu?un ou quelqu?une déjà en tête pour vous remplacer ?
Non. Au parti, la question du leadership est discutée d?une manière démocratique. Ce n?est pas moi qui décide.
● Si des membres de l?OPR quittent le parti pour aller rejoindre le Mouvement Rodriguais (MR), quelle sera votre réaction ?
Qu?ils s?en aillent une bonne fois. On saura au moins qui était fidèle et loyal au parti. Si certains pensent prendre une telle décision, je dirais qu?ils ne sont pas des gens honnêtes. Ils étaient là pour jouir et profiter. Zot veille kot balans tombe.Ce ne sont pas des militants. Ces personnes ne méritent pas leur place sur la scène politique.
?Je ne donne pas le bail en fonction de la politique partisane. C?est totalement faux. Il y a toute une procédure pour octroyer un bail?
● Suivez-vous de près l?évolution de l?enquête sur le barrage d?Anse-Raffin?
Ce projet d?Anse-Raffin, nous l?avons hérité lorsque Joe Lesjongard occupait le portefeuille du ministre de Rodrigues.
Le consultant Gibbs avait sorti un communiqué pour bien expliquer pourquoi ce projet a été modifié. Je trouve drôle comment, subitement, on a commencé à s?intéresser à ce projet, approuvé par le Tender Board et vérifié par des experts du ministère concerné.
● La corruption existe-t-elle à Rodrigues ?
J?entends souvent l?opposition parler de corruption. Je leur demande d?écrire à l?Independent Commission against Corruption (Icac) si elle détient des preuves ou des soupçons. Je dis que la corruption existe bel et bien à Rodrigues. Je ne veux pas accuser tel ou tel département. Concernant Le law enforcement à Rodrigues, il faudra peut-être que j?aborde la question avec le PM. Nous voulons plus de sécurité. J?ai reçu des lettres anonymes dans lesquelles les gens dénoncent certains policiers pour des cas de corruption.
● Vous n?êtes pas sans savoir que les Rodriguais qui se sont installés dans certains endroits à Maurice, sont considérés comme des personnes qui pourraient aggraver la situation sociale à Maurice. Quelle est votre réaction ?
C?est pour cette raison que nous avons commencé une étude sur l?aménagement du territoire à Rodrigues. Elle donne aussi une indication sur le nombre de maisons vides qui ont été abandonnées par des Rodriguais qui ont fui la sécheresse.
● L?exode n?est-il pas lié au problème du chômage ?
Comme je vous l?ai dit, la mentalité des Rodriguais a beaucoup changé au fil des années. Ils vont chercher du travail à Maurice parce qu?ils ne veulent s?engager ou investir pour créer leur propre emploi. D?où le travail effectué en cemoment par des consultants avec toutes les parties concernées pour trouver des solutions durables pour le développement de Rodrigues.
● Les Rodriguais au bas de l?échelle trouvent que certains commissaires mènent un train de vie démesurée. Que répondez-vous ?
C?est vrai. Il y a parmi les commissaires ceux qui ne faisaient pas partie des structures du parti, constituées alors de gens simples et qui ont été rejoints par la suite par des enseignants. Qu?est-ce qui s?est passé? Ces personnes n?ont pas suivi la discipline du parti. Elles ont commencé à mener un train de vie qui ne reflète pas la ligne du parti. Certaines ont construit une grande maison à étage tout comme celle qui a commencé à faire des excès après une beuverie. C?est pour cette raison aussi que j?ai pris le portefeuille de l?Éducation.
● N?est-ce pas de l?arrogance de la part de certains commissaires ?
Je dirais plutôt une culture qui a été développée. Il faut engager un débat sur ce sujet.
● Allez-vous compter sur ces gens aux prochaines élections ?
Ce sera le comité régional qui tranchera.
Propos recueillis par Jocelyn ROSE et Patrick ST PIERRE
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