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Il y a 175 ans? tracé de la future Citadelle
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Il y a 175 ans? tracé de la future Citadelle
Notre Fort Adélaïde, plus connu comme La Citadelle, fait présentement la une de l?actualité. Notre nouveau ministre du Tourisme, Xavier-Luc Duval a visité ce site historique et panoramique et ne cache pas ses ambitions d?en faire un haut lieu du tourisme portlouisien, sinon mauricien. La présence de la muséologue française Claude Fauque et de l?historien Norbert Benoît renforce le sérieux et la crédibilité de ce projet ministériel. Cela n?est pas superflu quand on sait que notre Fort Adélaïde a fait jadis l?objet de plusieurs projets, hélas éphémères, de rénovation et même de résurrection.
Plus d?un Prince Charmant se sont empressés au chevet de cette Citadelle endormie au sommet de la Petite Montagne. Nul d?entre eux n?a pu réveiller durablement cette Belle au Bois Dormant ni la faire émerger de son sommeil de plomb sous le soleil portlousien du même métal. Il ne nous reste plus qu?à espérer que Xavier-Luc Duval réussira là où ont, bien malgré eux, failli les François Adam et Danielle Wong (expo-vente de la CEFEL en novembre 1979), les Guy Lagesse et Gérard Sullivan, avec ou sans Roger Merven et Jean Pierre d?Argent (Un homme parmi les autres, Chantons la Liberté, Il était une fois? mille et une fées, Starmania, etc.). Ils ne sont pas des hommes du pouvoir et l?Hôtel du Gouvernement n?a jamais pris au sérieux leurs souhaits comme leurs travaux.
Le charmant, à défaut d?être prince, Xavier-Luc Duval a un avantage appréciable sur ses prédécesseurs dans l?espoir de donner à notre Citadelle une nouvelle vocation et une nouvelle vie. Il est indiscutablement revêtu de la promesse que le gouvernement du jour pourrait s?intéresser à son projet et lui donner les moyens de le réaliser. Navin Ramgoolam se présente volontiers comme un homme de parole mais sa présente incapacité de désigner des remplaçants plus crédibles aux ?sorcières?chassées de plusieurs postes de direction, sans oublier les sorcières chassées mais rappelées à bon escient ou vainement sollicitées après coup, n?élimine pas tout à fait les doutes compréhensibles que ce gouvernement puisse relever un tel défi.
Mais le fils de Gaëtan Duval nous fait quand même espérer qu?il n?est pas homme à s?engager à la légère, même dans la voie la plus aventureuse qui soit. Xavier-Luc Duval a planté un drapeau bleu au sommet de la Petite Montagne. Il y a donné le départ à un cheval symbole particulièrement fougueux.
On le voit mal à l?avenir ramener les couleurs ou baisser autre chose de vestimentaire ou encore reconduire à l?écurie son mustang déconfit. Ce serait déchoir à l?échelle duvalienne et renforcer la nostalgie que nous conservons du Festival de la Mer de 1987 ou encore de la brèche taillée par le Club Med de la Pointe-aux-Canonniers dans une forteresse hôtelière, touristique et monopoliste qui paraissait alors inexpugnable.
Le souvenir de Gaëtan Duval, prédécesseur de son fils au ministère du Tourisme (alors simple annexe, il est vrai, des Affaires étrangères) nous incite aussi à rappeler qu?il ne faudrait pas oublier les autres Belles au Bois Dormant touristiques de ce Port-Louis qui nous est si cher.
À l?époque, certains visionnaires ont vainement essayé d?intéresser le ministère du Tourisme de Gaëtan Duval au potentiel attractif, muséologue, réceptif et restaurateur que représentent les anciennes prisons centrales, à l?arrière de la Cour suprême, les pompes municipales également en plein c?ur de la capitale, ou encore les anciennes forges et écuries de la rue de la Poudrière qu?un Lord Maire plus intelligent que ses prédécesseurs et successeurs (Jérôme Boulle) voulut transformer en parcours culturel, avec l?aide éclairée de ces ?fous du patrimoine mauricien? que sont Marie Noëlle et Tristan Bréville.
Vieilles prisons, pompes municipales, rue du Vieux Conseil, rue de la Poudrière et ses vestiges séculaires ont l?immense avantage sur l?inaccessible (ou presque) Citadelle d?être de plain-pied avec la population piétonnière portlouisienne, la laborieuse et diurne comme la résidentielle et vespérale, sinon nocturne. Il suffirait d?un peu d?imagination et de vision?
L?Histoire apprend aux prétendus visionnaires et historiens de savoir se contenter de ce que le hasard leur offre à l?improviste. Xavier-Luc Duval semble préférer davantage au Fort Adélaïde, le repaire de Pic Pac, Leroi, Lefou, qu?à la prison centrale où ces meurtriers pédophiles furent pendus haut et court.
Ce n?est pas l?heure de se désoler mais de se réjouir qu?arrive au pouvoir un politicien seulement capable de s?intéresser au patrimoine historique et architectural mauricien au point d?appeler à la rescousse une sommité de la muséologie du calibre de Claude Fauque, dont on connaît la fructueuse participation à la réalisation de ces deux réussites extraordinaires que sont le Blue Penny Museum et le musée de L?Aventure du Sucre à Beau Plan, Pamplemousses.
Souhaitons seulement à Xavier Duval qu?il ne nous réserve pas la même déception que l?ancien gouvernement MSM-MMM, à savoir prendre cinq ans pour concocter une piscine à la Plaine-Verte et une nouvelle foire à la Cité Gabriel-Martial et devoir ?lev pake ale? sans laisser à leurs maigres réalisations ni personnel ni budget courant afin que la cérémonie ?coupe ruban? devant les caméras de la NBC soit suivie d?une entrée en opération digne de ce nom. Assez de poudre aux yeux même si l?histoire prend parfois l?allure d?un conte de Prince Charmant et de Belle au Bois Dormant.
Cette chronique veut seulement rappeler que le 4 novembre 1830, il y a donc 175 ans, le génie royal militaire anglais effectue sur la Petite Montagne le tracé d?une batterie, devant devenir le Fort Adélaïde et notre Citadelle. Les travaux de fondation devaient débuter le lendemain. Espérons que ceux qu?entreprendront (demain ?) les hommes de Xavier Duval ne resteront pas sans lendemain car le 25 février 1833, soit 27 mois (déjà un demi-mandat ou presque) on doit faire de nouveau flotter l?Union Jack sur le sommet de la Petite Montagne pour faire comprendre à ces damned Frenchmen de Mauriciens que le gouvernement colonial anglais means business et entend relever le défi de faire d?une colline surplombant le Port-louis une Citadelle capable de protéger les intérêts anglais dans l?Étoile et la Clé de la Mer des Indes. Courage ! Xavier. Il ne te reste plus qu?à faire du Fort Adelaïde un haut lieu de ce tourisme mauricien qui t?es désormais confié. Si seulement pouvais-tu faire mieux que tes prédécesseurs? les historiens, demain, t?en sauront gré.
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