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Il retrouve ses racines dans un village de l’Inde
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Il retrouve ses racines dans un village de l’Inde
“Garv se kaho ham bihari hei.” Je suis fier d’être de Bihar. Ces paroles en bhojpuri reflètent l’état d’esprit d’un homme qui a accompli un pèlerinage dans le village de Khas Bundu, en Inde, afin de voir où ont vécu ses aïeux. Un voyage qui l’a ému au plus haut point. Il compte maintenant contribuer au développement du village et aider ses habitants à vivre mieux leur quotidien peu enviable.
La plupart des Mauriciens d’origine indienne viennent de Bihar, actuellement connu comme Jarkhand. Certains, comme Guruduth Chuttoo, habitant de Rose-Belle, âgé de 51 ans, sont originaires de Bundu. Cet ex-policier devenu consultant dans le domaine de la sécurité a traversé l’Inde pour revoir le village de ses aïeux (la 3e génération) venus à Maurice à bord du navire Prince Albert, le 5 février 1855, pour y travailler la terre. Cela faisait plus de dix ans qu’il en rêvait.
<B>“Il faut que je fasse quelque chose”</B>
“Quand j’ai vu la misère dans laquelle ils vivaient, cela m’a profondément touché. Je me suis dit qu’il faut que je fasse quelque chose”, explique Guruduth Chuttoo. Il projette donc d’y construire une crèche, une école ainsi qu’un hôpital ambulant. Il souhaite aussi aider bénévolement les Mauriciens à retrouver leurs racines.
L’histoire de Guruduth Chuttoo a été reprise dans le Times of India. Certains producteurs indiens seraient même intéressés à faire un film sur son parcours. Mais pour lui, tout cela est secondaire. “J’ai fait ce que j’avais à faire. Je suis maintenant en paix avec moi-même”, déclare-t-il avec beaucoup d’humilité.
Il y a deux ans, le désir de revoir ses aïeux a conduit Guruduth Chuttoo à Calcutta. Il y fait le tour des bibliothèques municipales à la recherche du moindre indice. Au bout de quelques semaines et avec l’aide des autorités indiennes, il tombe sur un document inédit qui lui fournit des détails cruciaux : “Immigrant name : Choto, immigrant No. 148780. Name of Ship: Prince Albert. Port of Origin: Calcutta. Reached Depot (Mauritius) on 6 February 1855. Name of employer or Estate : Montocchio.”
“C’est mon arrière-grand-père. On l’appelait Choto. Peut-être parce qu’il était petit”, raconte-t-il avec beaucoup d’émotion. Son arrière-grand-mère, Luckhee Devi, est venue cinq ans plus tard à Maurice. Au fil de ses recherches, il tombera sur d’autres documents, notamment une lettre datée du 10 septembre 1834, écrite par le chief magistrate D.M. Farlan à G. F. Dick, Chief Secretary to the governement of Mauritius.
Entre autres choses, on y apprend qu’arriveront “36 coolies for a period of five years to work in sugar plantation in the colony of Mauritius… the pay of the natives shall be at the rate of five rupees per month for each man and four rupees per month for each woman. The siradar shall be paid 10 rupees per month”. Parmi eux, des noms de Mauriciens d’origine indienne assez connus.
Les coolies ont droit à deux livres de riz pour les hommes et 1,5 livre de riz pour les femmes. Ils reçoivent également une demi-livre de dholl et deux onces de sel par jour. Comme vêtements, ils obtiennent très exactement, par an, “four dhootees, one sheet, two blankets, one jacket, two caps”.
“J’ai découvert une pauvreté extrême”</B>
Une fois qu’il a tous les documents en main, Guruduth Chuttoo décide, le 5 mai 2006, de se rendre à Bundu. En y arrivant, il est tellement ému qu’il en embrasse le sol. Mais la réalité prend le dessus. “J’y ai découvert une pauvreté extrême. Cela fait très mal. Les gens n’ont pas d’électricité et d’eau courante. Moi j’ai eu de la chance que mon arrière-grand-mère soit venue à Maurice. Au cas contraire, je serais sûrement en train de pousser un Rickshaw aujourd’hui.” Il vit pendant cinq semaines au rythme quotidien des habitants de Bihar. “La vie y est très dure.”
Une des priorités de notre interlocuteur est maintenant d’aider les habitants de Bundu. Cela, même s’il n’y a pas rencontré des parents. “Certains habitants me disent qu’ils ont entendu le nom de Choto. Mais je me demande si c’est vrai.” C’est avec un pincement au cœur qu’il est rentré à Maurice.
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